Économies créatives de l’Afrique francophone et anglophone: le Congo et le Ghana envisagent un partenariat cinématographiqueSamedi 4 Avril 2026 - 10:44 Du 21 au 27 mars dernier, la réalisatrice et productrice de cinéma de la République du Congo, Claudia Yoka, a séjourné à Accra, au Ghana, avec dans sa délégation l’actrice congolaise et finaliste d"Africa monologue challenge, Monie Lek, ainsi que la cinéaste francophone originaire de la Guinée Conakry, Dymo Sow. Un séjour au cours duquel Claudia Yoka a émis le souhait de lancer une collaboration cinématographique avec le Ghana.
Durant son séjour, la réalisatrice et cinéaste congolaise a tenu des réunions de haut niveau avec la directrice générale de l’Autorité nationale du film du Ghana, Kafui Danku, ainsi qu’avec d’autres acteurs clés du secteur créatif, dont le cinéaste chevronné et patron de médias, Roger Quartey, ainsi que la réalisatrice primée et doyenne du cinéma ghanéen, Juliet Asante. Ces réunions ont apporté un cadre institutionnel à cette démarche justifiée par la casquette de conseiller technique à la présidence de la République du Congo de Claudia Yoka et par la volonté affirmée de la ministre de l’Industrie culturelle du Congo, Lydie Pongault, de faire éclore tout le potentiel des cinéastes congolais. Les discussions au cours de ces rencontres ont porté sur la manière d’intégrer les économies créatives de l’Afrique francophone et anglophone afin de raconter des histoires africaines unifiées qui transcendent les frontières linguistiques. La réalisatrice et cinéaste congolaise a expliqué pourquoi le Congo s’est tourné vers le Ghana, citant le rôle historique de ce pays dans le développement de l’industrie cinématographique nigériane comme un facteur déterminant. En effet, créatifs, techniciens et institutions du Ghana ont joué un rôle essentiel dans l’essor initial de Nollywood, et le Congo cherche aujourd’hui à reproduire cet impact transformateur. « Le Ghana a prouvé sa capacité à développer une industrie cinématographique. Nous avons vu ce qu’il a accompli avec le Nigeria. Nous souhaitons maintenant qu’il fasse de même avec la République du Congo », a fait savoir Claudia Yoka.
Le cinéaste Roger Quartey, également président du secteur Médias et Culture de l'ACCP, a quant à lui exprimé l’engagement total de la chambre à mobiliser tous ses réseaux et ressources pour assurer le succès de cette collaboration. Il a relaté son expérience personnelle au sein de l’équipe pionnière des collaborations ghanéennes-nigérianes qui ont contribué à faire de Nollywood ce qu’il est aujourd’hui. Il a également rappelé comment les créatifs ghanéens ont collaboré avec le Liberia pour y développer un secteur cinématographique après la guerre civile. « Nous avons l’expérience. Nous avons l’expertise. Et nous sommes prêts à organiser des formations et des ateliers pour les créatifs de la République du Congo », s’est-il engagé. Les industries créatives du Ghana et du Congo ont beaucoup à apprendre De son côté, Juliet Asante, qui a rencontré la délégation congolaise, a exprimé son enthousiasme pour cette collaboration et s’est engagée à être disponible chaque fois que nécessaire pour garantir le succès de ce partenariat. Elle a aussi souligné que les industries créatives des deux pays avaient beaucoup à apprendre l’une de l’autre et que les femmes, en particulier, bénéficieraient d’un mentorat et d’opportunités de production transfrontalières. La réalisatrice et cinéaste congolaise qui dirige également le festival de cinéma Tazama dans sa région, a exprimé le souhait de connecter le Black star international film festival de Juliet Asante à son festival et d’autres de la région Afrique centrale. Pionnière des femmes cinéastes de fiction de son pays, Claudia Yoka vient, d’ores et déjà, de rallier des femmes directrices de festivals de cinéma du Gabon, du Cameroun, de la Centrafrique et de la République démocratique du Congo dans cette nouvelle initiative. Les deux réalisatrices ont découvert de nombreuses expériences et difficultés communes. Elles ont convenu que le jumelage de leurs festivals permettrait d’élargir le public, de partager les ressources et de rehausser le profil du cinéma africain des deux côtés du continent.
Il est à noter que Claudia Yoka est la première cinéaste du Congo à avoir signé avec une grande société de distribution de films française travaillant pour Amazon prime, Apple TV et Google TV. C’est une avancée qui, elle espère, va ouvrir les portes à tous ses collègues cinéastes qu’elle accompagne et co-produit majoritairement depuis août 2002. Cette initiative sera, dans sa globalité, placée sous l’autorité du ministère de l’Industrie culturelle, touristique, artistique et des Loisirs. Bruno Zéphirin Okokana Légendes et crédits photo :1-Mawuko Kuadzi, Claudia Yoka, Juliet Ashante, Monie Lek et Nana Dwomoh/ DR
2- Kafui Danku, CEO du National film Authority posant avec Claudia Yoka/ DR
3-Mawuko Kuadzi, Claudia Yoka, Roger Quartey, David Adofob(VP-Research and development of ACCP) et Nana Dwomoh/ DR Notification:Non |


Le séjour de travail de la réalisatrice et productrice de cinéma du Congo à Accra a été facilité et soutenu par la Chambre africaine des producteurs de contenu (ACCP), qui joue un rôle de premier plan dans l’intégration créative continentale grâce à des initiatives telles que l’Africa monologue challenge et le Programme des ambassadeurs de l’image africaine. A cet effet, dans une initiative historique visant à rapprocher les économies créatives de l’Afrique francophone et anglophone, Claudia Yoka a émis le souhait de lancer une collaboration cinématographique avec le Ghana. Un partenariat qui a pour objectif de promouvoir l’intégration panafricaine par le biais du cinéma, de la culture et du partage de récits.
Pour sa part, la directrice générale de l’Autorité nationale du film (NFA), Kafui Danku, a affirmé que la NFA et le gouvernement ghanéen étaient prêts à mettre en place tout cadre politique nécessaire au succès de cette collaboration. Tout en indiquant que le Ghana s’engage à devenir un pôle de partenariats créatifs continentaux et le gouvernement lèverait les obstacles bureaucratiques afin de faciliter les coproductions entre le Ghana et le Congo. « Je me réjouis de cette future collaboration et je m’engage, avec la NFA, à soutenir pleinement la réussite de ce partenariat », a indiqué la réalisatrice congolaise.
Mawuko Kuadzi, double lauréat du prix Artios et ambassadeur de l’image africaine le mieux classé (Boursier en contenu sectoriel) au sein du programme pilote de l’ACCP, a été choisi pour gérer le casting d’un projet de film Congo-Ghana, dont le tournage est prévu début 2027 afin de lancer la collaboration. Et l’ambassadeur Kuadzi, qui est entré dans l’histoire comme le premier Africain à recevoir la plus haute distinction de la profession de directeur de casting en quarante ans d’existence, s’est dit prêt à œuvrer au Ghana et Au Congo. «Je m’engage à utiliser des initiatives comme l’Africa monologue challenge pour fédérer les créatifs africains autour d’une seule voix et raconter des histoires africaines à l’africaine », a-t-il déclaré. Avant de souligner que l’AMC avait déjà prouvé sa capacité à découvrir des talents sur tout le continent et que ce même modèle pourrait être appliqué pour identifier et former des professionnels du casting au Congo.







