Prise en charge : la jeunesse brazzavilloise dans sa débrouillardise quotidienne

Lundi 6 Avril 2026 - 16:45

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Issue en grande partie de l’exode rurale, la jeunesse, diplômée ou non, se trouve dans la capitale congolaise, soit pour les études universitaires, soit pour simplement vouloir s’en sortir. Pour la plupart de jeunes, leur vie au quotidien ne relève, le plus souvent, que de la débrouillardise.

Séquence de vie de jeunes au quotidien à BrazzavilleL’observation des activités de la jeunesse brazzavilloise, menée de fin février à début avril de cette année, démontre que, en grande partie, elle s’adonne, faute d’autre chose, aux activités susceptibles de lui rapporter un minimum de cash de survie au quotidien. Dans l’intervalle de cette période retenue, il y a eu les vacances scolaires, et surtout l’élection présidentielle de mars avec la réélection du président-candidat, Denis Sassou N’Guesso, dès le premier tour.

En dehors de l’activité de taxi-moto, nous avons recueilli le récit d’un jeune, nommé Delvis Walembokanda, pour les raisons du reportage : " J’ai obtenu mon baccalauréat en juin 2021 à Mouyondzi », confie-t-il à sa cabine téléphonique de Brazzaville, tout en se préoccupant en même temps d’envoyer le crédit d’appel à un client, le plus prompt de tous ceux qui, sans faire la queue , attendent, soit de recevoir de l’argent, soit d’en envoyer, ou simplement d’acheter deux ou trois tiges de cigarettes au détail.

« Je n’ai pas pu continuer mes études universitaires faute de soutien financier car, venu de Mouyondzi, vivre dans Brazzaville sans argent relevait de la mission impossible »,  explique-t-il. Et de rajouter : « A l’université, pour suivre un cours, il fallait au préalable se procurer une polycopie de 500F CFA ! ».

« J’ai opté pour l’exercice de la fonction d’agent commercial de mobile money, où les conditions requises exigent un apport de fonds de près de 300 000 F CFA et la commission qui nous est rétribuée nous permet de survivre au quotidien », se justifie-t-il.

Une journée idéale pour lui suppose qu’il la commence dès 7 h 30, pour la terminer aux alentours de 20 h. Chaque jour, il redoute le passage des policiers qui lui affligent des amendes relevant du domaine foncier. « D’un côté, c’est l’État qui nous demande de nous débrouiller, mais c’est le même État qui, à longueur de journée, nous impose de payer des taxes dont le rôle n’est aucunement explicite », déplore-t-il.

Fier d’avoir effectué son devoir électoral le 15 mars dernier, il attend de vivre le mandat 2026-2031, "L’accélération vers le développement", dans un contexte où le nouveau gouvernement intégrera les jeunes dans leurs ambitions de vie, plutôt que de survie, recrutant d’office celles et ceux qui sont admis aux concours, comme cela se fait pour les recrutements dans l’armée où, dès l’enrôlement, la jeune recrue bénéficie de tous les avantages. Il espère aussi que tous les moyens seront mis en œuvre pour que soit définitivement mise en état de fonctionnement permanent l’électrification du pays, évitant ainsi la gêne perpétuelle et le temps perdu générés par les incessants délestages. C’est essentiel et, de son point de vue, il suffirait juste d’avoir la volonté d’entreprendre ces travaux immédiatement.

Ainsi renaîtra l’espoir auprès des parents qui vont jusqu’à vendre leur bétail, leur parcelles de terrain, consacrent l’intégralité de gains de la tontine en vue de financer les études de leurs enfants, et pourtant, les enfants diplômés ou ayant réussi aux concours restent sans emploi au domicile familial.

 

 

 

Marie Alfred Ngoma

Légendes et crédits photo : 

Séquence de vie de jeunes au quotidien à Brazzaville / Marie Alfred Ngoma

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