Littérature : « Le fruit du singe » présenté au public

Mercredi 15 Avril 2026 - 15:55

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L’ancien directeur départemental du Commerce intérieur de Brazzaville, désormais dans la peau d’écrivain, Brice Fernand Moutima, a présenté le 11 avril à Brazzaville, en présence des amoureux des lettres et du chant, son premier roman sorti en 2025 intitulé « Le fruit du singe », publié aux Editions Hémar, accompagné de l’album « L’héritier misérable ».

Préfacé par le Pr Dieudonné Moukouamou, « Le fruit du singe » est un récit qui jette un regard nouveau sur les rapports Noirs-Blancs à l’époque de la pénétration coloniale des Européens en Afrique. Pour lui, en sa qualité de critique littéraire, l’auteur mérite d’être lu et relu pour qu’on apprécie la véracité et l’humour de ses descriptions. « La lecture de ce roman nous montre que l’écrivain a choisi une posture qui consiste à raconter son histoire à la troisième personne du singulier. Il opte pour une focalisation zéro avec un narrateur qui se met au-dessus des personnages », a-t-il expliqué.

Le roman relève quelques traces qui peuvent être considérées comme des repères renvoyant à des faits réels. L’écrivain joue parfois avec certains noms qu’il déforme, avec un peu de verlan ou un peu de troncation dans la construction du nom pour essayer de brouiller les pistes. « Il nous situe dans un espace qui nous fait penser au département du Pool et à Brazzaville, puisque nous retrouvons les noms Mfoa et De Brazza », a-t-il constaté.

A travers le roman structuré en douze chapitres, Brice Fernand Moutima essaie de convoquer un pan de l’histoire,  comme la rencontre entre la population locale et l’homme blanc, notamment De Brazza qui s’installe à Brazzaville, mais aussi, l’installation des missions chrétiennes, évangélistes, catholiques, l’impact du travail mené par ces missionnaires sur la population autochtone. En dehors de cela, il y a un certain nombre de valeurs morales qui sont en fait des héritages des ancêtres qu’il espère transmettre de génération en générations. Il y a la solidarité, l’amour, l’obéissance et la tolérance.

Le préfacier du livre, dans sa critique, a relevé le fait que l’auteur appelle les lecteurs à se poser plusieurs questions, à savoir comment partager l’héritage ? Comment s’appuyer sur la tradition ou sur la justice ? Que faut-il faire pour régler les problèmes liés, par exemple, au mariage ? Comment s’appuyer sur  le droit quotidien ou le droit positif ? « Pour ne pas tout dire du livre, je dirais que l’écrivain a mis sur la table un chef-d’œuvre qui peut être amélioré, mais qui nous permet de dire aussi qu’un romancier est né », a apprécié le Pr Dieudonné Moukouamou.

Un titre reflétant la réalité

Pour l’écrivain Brice Fernand Moutima, le choix du titre « Le fruit du singe » n’est pas anodin. L’auteur compare le patrimoine qu’il lègue à ses lecteurs au fruit du singe. C’est une richesse que le singe conserve même quand il est menacé. Pendant qu’on le chasse, le singe s’évade dans la nature avec son fruit qu’il n’abandonne pas. Même mort, on le trouve avec son fruit dans les mains. « Donc pour moi, ce patrimoine est égal à ce que j’ai appris de mon grand-père », a-t-il dit.

Le président de l’Union nationale des écrivains et artistes congolais, Henri Djombo, a félicité pour sa part l’auteur qui vient élargir le cercle littérairedu pays avec son œuvre. « "Le fruit du singe" nous plonge droit dans la ruralité, dans des expériences qu’en ville on semble méconnaître et douter et pourtant, ce sont des réalités vécues. Alors, ce livre vient renforcer cette vision de perpétuer les traditions. Cette vision de mieux connaître les traditions pour les transformer positivement », a-t-il indiqué.

De l’écriture au chant

Avec une seconde casquette d’artiste chanteur, Brice Fernand Moutima a profité de l’événement pour dévoiler son album, « L’héritier misérable ».  Dans ce répertoire de six titres, l’artiste dénonce les dérives sociales, parlant des enfants de la rue, des orphelins et des veuves délaissées après le décès de leurs conjoints. Par ses chants, il interpelle les pouvoirs publics à prendre toutes leurs responsabilités pour protéger ces personnes vulnérables.

Jean Pascal Mongo-Slyhm

Légendes et crédits photo : 

1- Brice Fernand Moutima, au milieu /Adiac 2- Des exemplaires du roman " Le fruit du singe" et de l'album " L'héritier misérable"/Adiac

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