Zone Cémac : le Ciespac veut endiguer le fléau des « notes sexuellement transmissibles en Afrique centrale»

Mardi 21 Avril 2026 - 17:16

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Le Centre inter-Etat d'enseignement supérieur en santé publique d'Afrique centrale (Ciespac) a presenté, le 17 avril à Brazzaville, à la faveur d’une table ronde, un projet d’ouvrage scientifique intitulé « Notes sexuellement transmissibles en Afrique centrale : au-delà des mots ».

La table ronde a été présidée par le directeur général du Ciespac, le Pr Pierre Marie Tebeu, et modérée par le Dr Ray Mankélé, président de la Fondation congolaise pour l’accès aux médicaments. L’initiative visait à exposer et dénoncer les notes sexuellement transmissibles, le Ciespac voulant endiguer ce fléau et donner la voix aux victimes.

En réalité, le phénomène existe depuis plusieurs années, pas seulement au Ciespac mais dans beaucoup d’institutions d’enseignement. Ce fléau fragilise le système éducatif, freine l'essor du capital humain mais se développe dans un environnement marqué par le silence.

Condamnant ce fléau, le directeur général du Ciespac a affirmé qu'il affecte l'éthique académique et occasionne une dégradation des valeurs morales et institutionnelles. Les notes sexuellement transmissibles et les actes de violence sexuelle perpétrés dans les écoles ne sont généralement pas signalés pour des raisons culturelles, ou parce que les élèves ont honte ou ne savent pas vers qui se tourner pour se confier. Par ailleurs, les enseignants hésitent à signaler les abus commis par leurs collègues.

Le représentant de l'Organisation mondiale de la santé au Congo, le Dr Vincent Dossou Sodjinou, a alerté : « Ces étudiantes d'aujourd'hui que nous formons ne seront pas efficaces demain, parce que pas bien formés. Elles n'auront pas les compétences de bien soigner ». Il a proposé une stratégie de correction automatique et instantanée des copies codifiées des évaluations. La situation est aussi préoccupante pour les enseignants, sollicités par les élèves, que pour les étudiantes harcelées par les professeurs.

Face à cette réalité, l’ambassadeur du Cameroun au Congo, Louis Marie Magloire Nkoum-Me Tseny, convié à cette table ronde, a suggeré à l’auteur du projet d’ouvrage d’élargir la réflexion en impliquant les sociologues, les philosophes, les psychologues, les juristes, les magistrats et autres acteurs de la société afin de tenter de résoudre ce fléau. Au terme de la table ronde, les participants ont opté pour la sensibilisation, la dénonciation et la capitalisation des expériences d’ailleurs pour atténuer ou bien endiguer ce phénomène.

Fortuné Ibara

Légendes et crédits photo : 

Un panel des exposants lors de la table ronde /Adiac

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