Impact du numérique: des échanges fructueux sur la construction des identités des femmesLundi 11 Mai 2026 - 12:19 Initiée par les associations Solidarité féminine (SF) et Ebène femme et développement (EFD) autour du thème « L’impact du numérique dans la construction identitaire féminine », la conférence-débat tenue le 9 mai, à Brazzaville, a été un véritable lieu d’échanges entre les participants.
Universitaire, sociologue et défenseur des droits de l’homme, le Pr Brice Arsène Mankou est parti des constats généraux sur les femmes avant d’atterrir sur leur identité numérique. Selon lui, les femmes sont omniprésentes dans le numérique et en font même un certain usage ayant contribué à transformer leur identité. Auteur de l’ouvrage « La cybermigration maritale des femmes camerounaises », le Franco-Congolais estime qu’utiliser le numérique est une chose, mais en faire bon usage en est une autre. En effet, dans une étude menée en qualité d’enseignant-chercheur en 2023-2024, Brice Arsène Mankou a analysé les usages, les pratiques des femmes dans le numérique. « Je vous invite ce matin à un changement de paradigme pour que le numérique soit productif. Nous devons toucher deux domaines : la transmission et l’entrepreneuriat. La génération qui nous a précédés a beaucoup de choses à nous apprendre et cela peut même être l'occasion de créer des espaces de dialogue intergénérationnel. Tous ceux qui entreprennent peuvent transmettre aussi des astuces pour pouvoir entreprendre sans trop de difficultés. Si nous le faisons, nous allons participer demain à ce qu'on appelle le changement sociétal que le Congo et les autres pays en Afrique sont en droit d'attendre », a-t-il conclu. Juge au Tribunal de grande instance de Brazzaville, Viclaire Fred Murphy Semo Miekountima s’est appesanti, quant à lui, sur l’arsenal juridique dont dispose le Congo. Parlant de l'identité numérique, il a rappelé qu’il s’agit en réalité de l'ensemble des traces que l’on laisse sur internet sans pour autant s'en rendre compte. D’après lui, le numérique est venu transformer dans une profondeur inouïe la manière dont les femmes construisent leur identité. « D'un côté, ce cyberespace offre un espace inédit où l'on peut s'exprimer, où la femme elle-même prend possession de ses acquis et de ses atouts pour pouvoir créer son propre récit. Mais malheureusement, cette identité là-même s'expose aussi à des menaces bien réelles que nous connaissons », a déploré l’auteur du livre « Le juge et la cybercriminalité au Congo ». Il a précisé que vaut mieux prévenir que guérir d’autant plus que guérir demande beaucoup d'efforts. Les filles inviter à ne pas hypothéquer leur vie Afin de protéger les citoyens contre ces dérives, le Congo s’est doté d’un arsenal juridique robuste permettant aujourd'hui au magistrat de pouvoir facilement réprimer ce genre d'infraction. A titre d’exemple, Viclaire Fred Murphy Semo Miekountima a cité la loi sur la protection des données à caractère personnel, la loi portant lutte contre la cybercriminalité, la loi relative à la cyber sécurité au Congo, et la loi sur les transactions électroniques. « Juridiquement, l'identité numérique égale la donnée à caractère personnel. C'est toute information qui permet d'identifier une personne directement ou indirectement, en référence de son identité physique, physiologique, culturelle, économique », a expliqué le président de l'Association des professionnels de la sécurité de l'information du Congo. Membre du Réseau national des magistrats congolais en intelligence artificielle, Viclaire Fred Murphy Semo Miekountima a précisé que la loi sur la cybercriminalité est celle qui incrimine toutes les infractions recensées dans la loi portant protection des données à caractère personnel et celle relative à la cyber sécurité. A cela, s’ajoute la loi Mouebara destinée à prévenir, réprimer et sanctionner toutes les formes de violences faites aux femmes et aux filles. Vice-présidente des associations SF et EFD, Annick Philomène Okoko Ibata a demandé aux femmes de se prendre en charge et d'être constantes. D’après elle, la femme qui est à marier est celle qui est vertueuse. « Vous savez, ce que nos enfants mettent dans la toile, elles pensent que cela influence en positif leur vie. Mais je leur dis que ce n'est pas vrai, elles sont en train d'hypothéquer leur vie, j'aimerais que cela cesse. Je n'ai pas le monopole de l'éducation, mais j'aimerais contribuer justement à cette éducation-là pour que nos enfants comprennent que la priorité dans la vie, c'est d'avoir fait des études », a conseillé la bloggeuse, sans écarter la possibilité de poursuivre cette sensibilisation dans les établissements scolaires. Parfait Wilfried Douniama Légendes et crédits photo :1- Les conférenciers face aux participantes / Adiac
2- Le Pr Brice Arsène Mankou sensibilisant les femmes /Adiac Notification:Non |


Pour capter l’auditoire, les deux associations qui œuvrent pour la cause de la femme depuis 26 ans ont fait venir de France le Pr Brice Arsène Mankou, appuyé par le magistrat Viclaire Fred Murphy Semo Miekountima. Parmi les participantes, l'on a noté des diplomates et surtout le Dr Hajiri Mouna, docteur en intelligence économique et consultant en gouvernance institutionnelle et management des organisations. Il a partagé l’expérience de son pays, la Tunisie.









