Maixent Raoul Ominga : « Là où il y a le confort, le diabète n’est jamais loin »Jeudi 4 Juin 2026 - 18:14 Dans une interview qu’il a réalisée dans le cadre des préparatifs de la 6e édition de la Traversée du Mayombe dont le coup d’envoi sera donné le 20 juin à Malelé, Maixent Raoul Ominga, directeur général de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), a expliqué les raisons pour lesquelles la Fondation SNPC appuie l’initiative de l’association Marcher courir pour la cause. Il s’agit de soutenir ce pari sportif et venir en aide à la population qui souffre du diabète.
Maixent Raoul Ominga (M.R.O) : Je pense que les raisons sont évidentes. D’abord le contenu de ce projet. On peut l’appeler ainsi. Et nous sommes certains que cela va évoluer. Les raisons sont simples à mon humble avis. Première raison : la SNPC dans ses missions, nous sommes sponsor dans le sport parce qu’il y a d’abord le volet sport dans ce projet et nous avons trouvé que c’est un vrai défi que de traverser le Mayombe. Moi-même j’ai essayé de faire quelques kilomètres et je suis certain que ceux qui sont dans cette aventure sont des gens qui ont compris que la santé est très liée au sport. La Fondation SNPC soutient le sport au Congo que ça soit le football, le handball, le basket, l’athlétisme… Et nous avons pensé que cette initiative de traverser le Mayombe à pied reste un défi. Donc nous sommes là pour soutenir tous les défis. Deuxièmement, cette initiative est de soutenir ceux qui souffrent du diabète qui reste quand même une maladie sournoise. Comme l’association est là pour encourager les gens à faire des tests pour se rendre compte s’ils sont malades ou pas, la SNPC soutient aussi les projets qui sont liés à la santé. Donc il y a un double objectif : soutenir ce pari sportif et venir en aide à nos populations qui souffrent du diabète. L.D.B. : Face à cet enjeu de santé publique, selon vous quel rôle les entreprises peuvent-elles jouer dans la prévention des maladies non transmissibles ? M. R.O. Dans ce volet sportif, nous avons réussi à emmener nos partenaires les plus importants dans le domaine du pétrole que ça soit Total, ENI, Perenco dont à la tête il y a de grands sportifs. Je voudrais saluer au passage le DG d’ENI qui est un grand sportif. Il a même participé au Semi -marathon international de Brazzaville. Par le sport aussi, on peut intéresser les partenaires et on aimerait aussi que les promoteurs de ce projet invitent ces partenaires pétroliers à venir à nous sous d’autres volets que celui de la santé. En venant dans cette aventure, nous avons aussi d’autres partenaires. Il y a plus d’assureurs qui s’intéressent aujourd’hui à cette activité. On les voit bien à la soirée de gala que nous organisons souvent à la fin de cette marche. Cela signifie qu’il y a un intérêt pour ces partenaires. Ces sociétés sont là pour aider aussi la population congolaise. Nous pensons qu’on peut même encore mieux faire. Nous pensons que si nous nous entendons avec ces sociétés, qu’elles soient pétrolières ou pas, on peut atteindre les objectifs les plus louables, c’est-à-dire aider les hôpitaux qui ont ces malades en ramenant plus de supports pour qu'ils puissent être soulagés. Il faut vivre cette maladie à travers nos parents ou nous-mêmes pour comprendre. Le diabète est quelque chose de subtil émotionnellement. L.D.B. : Pensez-vous que ce type d’initiatives contribue à modifier l’évolution des comportements en matière de santé ? M.R.O. Le sport est essentiel pour la santé. Les deux sont liés. Si vous allez sur le Pont 15 Août ou à Talangaï, vous allez voir beaucoup d’agents de la SNPC qui pratiquent le sport. Je pense qu’au niveau de la direction nous n’avons pas assez de temps. C’est dommage. On doit avoir du temps pour pratiquer le sport. C’est bien pour la santé. L.D.B. : La SNPC encourage également l’implication de ses collaborateurs dans cette caravane sanitaire. Quelle importance accorderiez-vous à l’engagement collectif et à l’exemplarité des dirigeants dans la promotion de ce mode de vie ? M.R.O. La SNPC a une équipe des marcheurs. Les dirigeants doivent être en avant- garde par le soutien que nous apportons mais surtout sur le terrain aussi. Raison pour laquelle pour cette édition, nous serons au départ de la course et j’ose espérer qu’on aura le temps pour aller réellement dans les profondeurs du Mayombe. J’invite déjà nos collègues de Pointe-Noire et les partenaires qui sont dans le domaine des hydrocarbures ou les juristes à venir s’associer à nous pour participer à cette marche. C’est à nous de montrer l’exemple. Je suis certain que les partenaires vont participer et aller jusqu’au bout de l’effort. L.D.B. : Est-ce que vous serez présent à la première étape pour faire les premiers pas ou voire plus ? M.R.O. : Je disais que nous allons lancer la marche pour aller en profondeur dans le Mayombe. On peut découvrir le pays aussi par ce genre d’aventure. Nous avons un pays magnifique. Là nous sortons des activités qui sont liées à la protection de la biodiversité. C’est l’occasion d’aller encore découvrir cette biodiversité à travers cette marche. L.D.B. : Quel message pouvez-vous adresser à la population de Brazzaville et à celle du Bassin du Congo sur l’importance de faire du sport ? M.R.O. : S’il y avait un seul message, je leur dirai de ne pas rater l’occasion de faire la marche. Pour les cadres, je pense que le danger aujourd’hui c’est le véhicule. On est dans ce confort avec les climatiseurs mais ce sont des sources de maladies. Au contraire, nous ne devons pas marcher seul, mais avec les collaborateurs qui sont autour de nous, les amis dans les villages... Personnellement, quand je vais au village, rarement je suis dans ma voiture. J’en profite pour marcher. L.D.B. : Le slogan de l’association est "Dormir sans courir c’est tricher". Qu’en pensez-vous ? M.R.O. : Là où il y a le confort, le diabète n’est jamais loin parce qu’on se punit, on reste dans les voitures, on ne marche pas, on ne court pas et on n’organise pas les activités sportives. C’est un danger. Même nos enfants peuvent faire la marche pour aller à l’école mais ils sont dans les voitures. C’est aussi un danger pour eux. Le sujet ici parle d’abord de l’éducation de nos enfants par rapport à la maladie (diabète). L’école entre–temps imposait l’Education physique et sportive mais il ne faut pas que ça soit comme une activité secondaire. C’est une activité aussi importante pour nos enfants. Et dans le cadre de cette marche, je voulais appeler les collègues et même nos amis militaires à venir participer à cette marche. Nos amis de la santé également doivent s’impliquer réellement pour faire le dépistage, pour que chacun de nous connaisse son statut par rapport au diabète. Si vous le découvrez en retard, ce sera fatal. C’est une évidence. Donc pour moi, dormir sans courir comme vous l’avez dit, c’est déjà commettre une faute. On doit faire en sorte que par jour on exerce au moins une activité sportive, surtout la marche est très importante. L.D.B : Et pour conclure ?
M.R.O. : J’invite aussi quelques autorités politiques à participer à cette marche en parcourant au moins 10 km dans le Mayombe. Je suis certain qu’on se rendra compte de notre état. Je voulais féliciter les organisateurs de l’événement et ceux qui vont faire la marche. Je souhaite que mes amis pétroliers et le plus grand nombre de collaborateurs prennent le départ de cette course. Il y aura une voiture de balayage pour les essoufflés. Je suis certain qu'à la fin de la marche, nous appelerons encore à la bienfaisance de nos amis pétroliers pour faire en sorte que la soirée qui sera organisée pour la remise des dons soit aussi la meilleure au même titre que la marche.
James Golden Eloué Légendes et crédits photo : Maixent Raoul Ominga félicitant Rodrigue Dinga Mbomi/DR Notification:Non |


Les Dépêches de Brazzaville (L.D.B) M. le DG, la SNPC accompagne la Traversée du Mayombe depuis plusieurs éditions. Quelles sont les raisons qui motivent l’engagement du groupe en faveur de cette initiative sanitaire et solidaire ?








