Construction d’un ordre international juste et équitable: le rôle de la coopération sino-africaine

Samedi 20 Juin 2026 - 14:00

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Dans le cadre de ses publications en tant que membre associé de l’Académie des sciences d’outre-mer, Anatole Collinet Makosso, Premier ministre, chef du gouvernement de la République du Congo, publie une tribune sur le site Intelligence géostratégique de Driss Senda. Il soutient que la coopération entre la Chine et l’Afrique constitue un modèle de partenariat fondé sur le développement mutuel, la solidarité, et le principe du "gagnant-gagnant", une coopération qui contribue à l’émergence d’un ordre international plus juste et plus équilibré.

Anatole Collinet Makosso« La relation sino-africaine montre qu’une solidarité de fait nous lie tous les uns aux autres et elle permet de reconnaître des effets positifs de ces interdépendances pour l’humanité tout entière », écrit Anatole Collinet Makosso.

Dès le début de sa publication, il situe l’ordre international juste équitable dans le contexte d’un nouvel ordre économique international né à partir des années 1960, concept formulé par les pays du tiers monde. Il a relevé que ces pays réclamaient un meilleur accès aux technologies, des règles commerciales plus favorables à leur développement, et des financements à long terme et à faible coût.

En somme, ces revendications visaient à compléter l’indépendance politique par une véritable indépendance économique, mais elles n’ont pas obtenu les résultats espérés.

L’académicien s’est appuyé notamment sur les déclarations du président Xi Jinping qui présente la relation sino-africaine comme fondée sur la sincérité ; le respect mutuel ; la justice ; le bénéfice partagé.

Il distingue aux relations internationales deux fonctions : une fonction de coexistence pacifique fondée sur la souveraineté et la non-ingérence et une fonction de développement et de coopération. Il estime que la Chine privilégie particulièrement cette seconde dimension dans ses relations avec l’Afrique.

De ce fait, il met en avant le Forum sur la coopération sino-africaine, créé en 2000.

Pour Anatole Collinet Makosso, ce forum a institutionnalisé les relations sino-africaines. Il a permis la création de partenariats stratégiques de plus en plus approfondis et vise à construire une "communauté de destin partagé" entre la Chine et l’Afrique.

Dans son analyse, il insiste sur les infrastructures financées ou construites dans le cadre de la coopération sino-africaine : voies ferrées ; routes ; ports ; centrales électriques ; ponts et ouvrages d’art.

Il cite particulièrement le cas de la République du Congo où plusieurs grands projets auraient contribué au désenclavement du territoire et à l’intégration régionale.

L’académicien souligne l’augmentation des échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ; la croissance des investissements chinois ; la contribution de ces investissements au développement économique africain. Il présente la Chine comme un partenaire majeur du continent et comme un moteur du développement des relations Sud-Sud. Il poursuit en écrivant que la coopération sino-africaine constitue la preuve qu’une relation internationale peut être fondée sur la bienveillance, le respect mutuel et le développement partagé plutôt que sur l’hégémonie.

Anatole Collinet Makosso adopte une position très favorable à la coopération sino-africaine. Il met principalement en avant ses bénéfices et n’aborde que très peu les critiques fréquemment formulées concernant l’endettement de certains pays africains ; la dépendance économique vis-à-vis de la Chine ; les déséquilibres commerciaux persistants ; les enjeux de gouvernance et de transparence de certains projets. Il s’agit donc davantage d’un texte de plaidoyer politique et diplomatique que d’une analyse académique équilibrée dans le cadre des relations sino-africaines.

Extrait en guise de conclusion 

« En conclusion, les relations sino-africaines sont la preuve que les relations internationales peuvent être saisies sous l’angle de la bienveillance. C’est l’originalité des relations entre la Chine et l’Afrique qui ne se cantonnent ni dans la neutralité, ni dans l’hégémonie. La relation entre l’Afrique et la Chine se retrouve dans plusieurs sphères diplomatiques, souvent à travers les commémorations. Dans sa pratique, elle promeut la non nuisance, la tempérance ou l’attention à l’égard des États les plus vulnérables. La relation sino-africaine montre qu’une solidarité de fait nous lie tous les uns aux autres et elle permet de reconnaître les effets positifs de ces interdépendances pour l’humanité tout entière. Ce qui reste à faire, comme cela se profile autour de la zone de libre-échange continentale africaine (Zlécaf), c’est de faire en sorte que, grâce à cet instrument, l’Afrique réussisse à relever son économie, à développer des échanges équitables qui vont lui permettre de discuter d’égal à égal avec l’ensemble des partenaires du monde. Oui, l’Afrique n’est pas simplement le réceptacle ou le receveur de la coopération Chine-Afrique, mais elle progresse vers la maîtrise de son développement à travers sa politique de développement inscrite au fronton de la Zlécaf, un instrument de commerce en droits préférentiels, de développement économique et d’ouverture de l’Afrique vers le reste du monde ».

Marie Alfred Ngoma

Légendes et crédits photo : 

Anatole Collinet Makosso / DR

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