Insertion professionnelle des étudiants : le gouvernement veut mettre en œuvre les engagements pris pendant les assises sur l'employabilité

Mercredi 8 Juillet 2026 - 22:35

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La ministre de l’Enseignement supérieur, Delphine Edith Emmanuel, a présidé, le 7 juillet à Brazzaville, la deuxième réunion des parties prenantes à la charte des engagements issus des assises sur l’employabilité et l’entrepreneuriat des étudiants en République du Congo. L’objectif était de lancer officiellement la mise en œuvre du cadre et d’établir les mécanismes institutionnels permettant d’en assurer une réalisation cohérente et durable.

 

Dans son discours d’ouverture, la ministre Delphine Edith Emmanuel a souligné la nécessité d’une révolution pédagogique face à l’inadéquation entre la formation universitaire et les besoins du marché de l’emploi. « Nous allons faire en sorte que dans certains de nos établissements, l’on puisse revoir les programmes de formation. Nous devons avoir le courage de dire qu’il faut revoir les programmes de formation, mais en tenant compte des besoins de la société », a-t-elle déclaré.

La cérémonie a réuni un parterre d’acteurs de l’écosystème éducatif, notamment le représentant de l’Agence universitaire francophone, des associations de parents, des établissements privés, des partenaires techniques et financiers comme l’Union européenne, l’Unesco ainsi que des délégations de la société civile. Le président de l’Université Marien-Ngouabi, le Pr Gontran Ondzotto, a salué cette initiative qui « traduit la volonté des pouvoirs publics de faire de la jeunesse un véritable moteur de développement national ». Pour lui, les défis liés à l’emploi des jeunes exigent des réponses collectives. « C’est ensemble que nous construirons un écosystème favorable à l’émergence d’une jeunesse compétente, créative et autonome », a-t-il dit.

La problématique centrale, maintes fois évoquée durant les assises, est celle de l’inadéquation entre les formations dispensées et les besoins socio-économiques. « Pendant longtemps, nous avons formé dans nos universités des administrateurs destinés automatiquement à la fonction publique. Cet âge d’or est révolu », a rappelé la ministre. Désormais, les universités congolaises doivent former des jeunes outillés, capables de créer leur propre emploi, en phase avec les exigences du développement durable et des nouvelles technologies.

L’événement a aussi été marqué par le coup d’envoi de la première phase de la stratégie nationale visant à faire de l’université un levier de développement économique qui permettra de former près de 400 étudiants entrepreneurs, jeunes diplômés et porteurs de projets. L’Agence nationale de valorisation des résultats de la recherche et de l’innovation, en collaboration avec le Centre unique d’information, d’orientation et d’appui à l’insertion professionnelle des étudiants, est chargée de la mise en œuvre technique du programme. Le coordonnateur du projet a détaillé les contours de la formation destinée à la première cohorte de 100 apprenants, dont les enseignements débuteront le 15 juillet prochain.

La formation alliera exposés théoriques, études de cas, ateliers pratiques et séances de coaching. Une plateforme numérique dédiée a été mise en place pour assurer le suivi pédagogique et la communication entre apprenants et formateurs. À l’issue du cursus, les participants devront être capables de construire un modèle économique, élaborer un business plan complet et mobiliser des financements pour créer leur entreprise. L’activité a également dans ce cadre permis de présenter aux bénéficiaires les mécanismes d’accompagnement du programme Fonds d’impulsion, de garantie et d'accompagnement ainsi que la plateforme de création des entreprises en ligne.

La transformation du système universitaire passe également par une prise en compte des nouvelles technologies. Dans son allocution, la ministre Emmanuel a annoncé l’organisation prochaine à Brazzaville d’une conférence internationale sur l’usage de l’intelligence artificielle dans l’enseignement supérieur, réunissant les États de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale. « L’intelligence artificielle vient totalement bousculer nos modes de vie, nos modes d’enseignement. Nous aurons à revenir sur son impact dans la gestion de nos établissements, la présentation de nos enseignements et leurs évaluations », a-t-elle indiqué.

Renforcer le partenariat avec l’Unesco

A l’issue de la cérémonie, la ministre de l’Enseignement supérieur a échangé avec la représentante de l’Unesco, Fatoumata Barry Marega. Les deux personnalités ont évoqué les récentes assises sur l’employabilité et l’entrepreneuriat, une initiative que l’Unesco soutient activement.

La représentante a salué, par ailleurs, la tenue de ces assisses, en rappelant l’importance d’une adéquation entre la formation et l’emploi. Elle a appelé à une réflexion concrète sur les filières et les bassins d’emploi pour permettre aux jeunes de participer pleinement au développement du pays.

 

Jean Pascal Mongo-Slyhm

Légendes et crédits photo : 

1- Les officiels lors des assises sur l'employabilité et l'entrepreneuriat /Adiac 2- La ministre de l'Enseignement supérieur avec la représentante de l'Unesco /Adiac

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