Forum des PME : préparer les entreprises à conquérir le marché continental

Mardi 14 Juillet 2026 - 9:57

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Le premier forum départemental des Petites et moyennes entreprises (PME) et de la compétitivité s'est tenu le 11 juillet à Brazzaville, sur le thème « Renforcer la compétitivité des Petites et moyennes entreprises de Brazzaville dans le contexte de la Zone de libre-échange continentale africaine ». Le moment a permis de dresser un état des lieux des enjeux, défis et perspectives liés à l'intégration des PME congolaises dans le marché continental.

Le forum a été ouvert par le représentant du directeur général des PME, Sorell Vlade Gambou, qui a indiqué qu'elles contribuent à plus de 80% au tissu entrepreneurial national et constituent des vecteurs essentielles de création d'emplois et de cohésion sociale. Il a présenté l'écosystème d'accompagnement mis en place par le gouvernement, notamment l'Agence des PME pour le renforcement des capacités, l'Agence pour la création des entreprises qui a enregistré 5 827 créations d'entreprises en 2025 avec un délai record de 72 heures, ainsi que le Fonds d'impulsion, de garantie et d'accompagnement dédié à l'accès au financement.

Le Directeur départemental des PME de Brazzaville, Didane Ngafoula Ganao, a salué la présence des participants venus de nombreuses localités, témoignant l'intérêt porté au développement des PME qu'il a qualifiées de « véritables moteurs de création et d'innovation ». Il a rappelé que l'entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlécaf) offre aux entreprises un marché potentiel de plus d'un milliard de consommateurs, mais constitue également un défi majeur de mise à niveau et de compétitivité.

Le conseiller à la Zlécaf du ministre du Commerce, des Approvisionnements, de la Consommation, chargé de la Zlécaf, Dominique Mberi, a placé, par ailleurs, l'intégration économique dans une vision large, au-delà du simple commerce de marchandises. Il a évoqué les perspectives considérables de ce marché continental, estimant qu'elles pourraient générer près de 450 milliards de dollars de revenus supplémentaires d'ici à 2035 et sortir 30 millions d'Africains de l'extrême pauvreté. Il a insisté sur l'importance des protocoles sur les femmes et les jeunes, qualifiant cette avancée d'innovation majeure dans un accord commercial continental. « La véritable question n'est pas de savoir comment protéger les entreprises, mais quelles entreprises congolaises ont besoin de se mettre à niveau pour conquérir ce marché », a-t-il indiqué.

Pour lui, la Zlécaf est l'un des projets d'intégration les plus ambitieux du monde, avec 47 pays ayant déjà ratifié l'accord. Cette ambition est une priorité stratégique du Congo sous l'autorité du gouvernement. L'objectif est de faire du pays non pas un simple État participant, mais un acteur responsable, capable de tirer pleinement profit de cette intégration régionale.

Au-delà des structures d'accompagnement, un panel a suscité l’attention des participants sur la qualité et la certification. Pour vendre sur le marché continental, un produit doit répondre à des normes harmonisées. L'Agence congolaise de normalisation et de la qualité (Aconoq) a rappelé que la Zlécaf est caractérisée par un principe simple : un produit, une norme, un certificat.

La norme, développée par l'Organisme africain de normalisation (Asso), est la clé d'entrée. La certification est le processus qui atteste qu'un produit est conforme aux exigences. Ainsi, le certificat Asso devient un sésame, valable dans les 53 pays membres, simplifiant le commerce et rassurant les consommateurs et les partenaires commerciaux. « Il faut s'engager dans cette démarche qualité pour que la propriété intellectuelle et le savoir-faire local soient reconnus à leur juste valeur. Le marché qui était une opportunité devient une menace quand on ne s'y prépare pas », a rappelé l’Aconoq.

Le second panéliste sur le financement a abordé la question cruciale de l'accès aux fonds. Il a distingué les PME formelles des informelles, soulignant les difficultés des banques traditionnelles à financer les jeunes porteurs de projets, souvent sans garanties matérielles. Il a proposé des alternatives comme les tontines, les prêts d'honneur et les réseaux d'accompagnement.

Les participants ont ainsi convenu que la clé du succès réside dans la synergie entre la volonté politique, les dispositifs d'accompagnement institutionnels, et la détermination des entrepreneurs à s'engager résolument dans la voie de la qualité, de l'innovation et de la mise à niveau.

Jean Pascal Mongo-Slyhm

Légendes et crédits photo : 

1- Les officiels /Adiac 2- Les participants au forum/Adiac

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