Justice : des cliniques juridiques installées au plus près des communautésJeudi 16 Juillet 2026 - 11:45 Le projet pilote d'accès à la justice pour les femmes et les personnes vulnérables a été officiellement lancé, le 14 juillet à Brazzaville, par le ministre de la Justice, des Droits humains et de la Promotion des peuples autochtones, Aimé Ange Wilfrid Bininga.
Prenant la parole, le ministre de la Justice, Aimé Ange Wilfrid Bininga, a souligné l’importance de l'accès à la justice qui constitue l'un des piliers essentiels de l'État de droit. « Il ne saurait donc être un privilège réservé à quelques-uns, mais un droit effectif dont chaque citoyen doit pouvoir bénéficier, sans distinction de sexe, de condition sociale, de lieu de résidence ou d'appartenance communautaire », a-t-il déclaré. Le ministre a également salué, dans son discours, les avancées législatives du Congo, citant la loi Mouebara portant lutte contre les violences faites aux femmes, la loi portant protection et promotion des droits des personnes vivant avec handicap, la loi relative aux droits des peuples autochtones, ainsi que la loi portant protection de l'enfant. Ces textes, a-t-il rappelé, témoignent le renforcement progressif du cadre juridique national en matière de protection des droits des couches vulnérables et de promotion de l'égalité ainsi que de l'inclusion. « Ces avancées traduisent l'engagement de l'État à assurer à chacun l'accès à une justice impartiale et à promouvoir une société fondée sur l'égalité, la dignité et le respect des droits humains », a-t-il poursuivi. La représentante résidente du Pnud au Congo, Adama Diane Barry, a dressé un constat préoccupant de l'accès des femmes à la justice à l'échelle mondiale. « Seulement 35 % des femmes estiment avoir accès à la justice, contre 44 % chez les hommes. Moins de 40 % des femmes victimes de violences signalent aujourd'hui les faits et moins de 10 % d'entre elles portent plainte auprès de la police », a-t-elle indiqué. Ces chiffres, a-t-elle completé, rappellent une réalité incontestable pour des millions de femmes dans le monde. Le premier obstacle n'est pas l'absence de droits, mais l'impossibilité de les faire valoir. Elle a également énuméré les multiples freins qui entravent l'accès à la justice, notamment la précarité économique, l'éloignement géographique des tribunaux, le manque d'informations et de connaissances sur les mécanismes juridiques, ainsi que les facteurs socioculturels tels que les normes discriminatoires, les stéréotypes, la dépendance économique, la crainte de la stigmatisation ou des représailles. « Une justice qui n'est pas accessible aux femmes ne peut être pleinement juste, car les femmes représentent plus de 52 % de la population mondiale », a-t-elle martelé. Elle a souligné la nécessité d'un accompagnement psychologique et social pour permettre aux victimes de comprendre les mécanismes mis à leur disposition par l'État et de consentir à les activer avec le soutien et la protection requis. La présidente de l'AFJC, Jocelyne Milandou, pour sa part, a rendu un hommage appuyé au ministre de la Justice pour son accompagnement institutionnel, gage de reconnaissance du travail de son organisation depuis 35 ans. Elle a rappelé que son association s'est employée aux formations sur les droits des femmes, aux contentieux électoraux, aux plaidoyers et à l'accompagnement juridique et judiciaire. L'association a contribué, de manière efficiente, à la réforme du Code de la famille, et a été la première organisation du Congo à alerter sur les violences faites aux femmes et sur les violences sexuelles. Elle a également participé à l'élaboration de la loi Mouebara. « L'accès à la justice n'est pas un privilège qui devrait être réservé à certains citoyens. C'est un droit fondamental garanti par notre Constitution », a-t-elle affirmé, citant les articles 15 et 17 qui consacrent l'égalité devant la loi et l'égalité des droits entre les femmes et les hommes. Jean Pascal Mongo-Slyhm Légendes et crédits photo :1- Les officiels / Adiac
2 Les participants /Adiac Notification:Non |


Porté par l’Association des femmes juristes du Congo (AFJC), en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), le projet vise à rapprocher les services de justice de la population, en particulier des femmes victimes de violences et des personnes vulnérables. L’initiative prévoit, dans un premier temps, l'implantation de cliniques juridiques communautaires dans les arrondissements de Brazzaville, avant une extension progressive dans les autres villes du pays, notamment Pointe-Noire, Dolisie, Nkayi et Ouesso. Ces espaces d'écoute, d'information, d'orientation et d'assistance juridique permettront aux justiciables de bénéficier d'un accompagnement de qualité et de la confiance nécessaire pour faire valoir leurs droits. Au-delà de l'assistance, ces cliniques constitueront également des lieux d'éducation juridique et de sensibilisation, contribuant ainsi à prévenir les conflits, à renforcer la cohésion sociale et à promouvoir une véritable culture des droits humains.









