Disparition : une messe de requiem à Paris en hommage à Jean-Paul Pigasse

Samedi 18 Juillet 2026 - 9:15

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Avant la mise en terre de Jean-Paul Pigasse pour son repos éternel au cimetière de Roquecourbe-Minervois, dans le département de l’Aude, son épouse, ses enfants, petits-enfants, neveux, nièces et autres membres de la famille, ses amis, les journalistes, écrivains, artistes, hommes politiques ont pu se recueillir dans l’église Saint-François-Xavier, en assistant à la messe de requiem, le 17 juillet à Paris.

Vue partielle de l'assistance à la messe de requiem de Jean-Paul Pigasse à Paris, Saint François Xavier, vendredi 17 juillet 2026Aux premiers rangs, un carré plus particulièrement consacré aux membres de la famille. Juste à côté, un second où l’on pouvait noter la présence de l’ambassadrice Édith Itoua; du ministre conseiller Armand Rémy Balloud-Tabawé représentant l’ambassadeur Rodolphe Adada; du député 1er vice-maire de Pointe-Noire, Louis-Gabriel Missatou; de la directrice du mémorial Pierre-Savorgnan-de-Brazza, Belinda Ayessa; des élus franco-congolais Roseline Morelli, Gaston Samba Nitou; et la directrice générale par intérim des Dépêches de Brazzaville, Raïssa Angombo.

De l’homélie du Père Modeste C. Dohou à la séquence de témoignages, ces moments de réconfort pour sa famille, ses proches, ses collaborateurs et tous ceux qui ont partagé son engagement ont permis l’évocation de Jean-Paul Pigasse. Né le 26 juillet 1939, il est décédé à l’âge de 87 ans, le 11 juillet à Paris. Journaliste, il a été éditeur et bâtisseur de médias, dont la vie s'est déployée entre la France, sa terre natale, et la République du Congo, sa terre de cœur. 

Durant de nombreuses décennies, il a fait du journalisme une mission au service de l'information, du dialogue et de la coopération entre le Congo et la France en appui du devoir de mémoire, et celui de l’art en veillant au rayonnement de l’École de peinture de Poto-Poto, à Brazzaville. À travers son engagement, il a contribué à faire irradier la presse en Afrique centrale et à renforcer les liens historiques, culturels et humains entre la France et le Congo.

Homme de conviction, de culture et de transmission, Jean-Paul Pigasse a su autoriser celles et ceux qui souhaitaient raconter leur pays, leur histoire et leurs aspirations d’y aller de leur voix. Son œuvre demeurera un héritage précieux pour les générations de journalistes qui lui succéderont.

Un amoureux de l’Afrique qui s'est éteint

En relief, ce qui est revenu singulièrement à travers tous ces témoignages, c’est surtout le fait que Jean-Paul Pigasse est tombé amoureux de l’Afrique, et, en particulier, de la République du Congo. Ce qui a contribué pour lui, d’après un proche, de pouvoir se concevoir partie prenante dans deux vies : celle de patron de presse et celle de l’amoureux de l’Afrique. Béchir Ben Yamed lui fait découvrir le pays et l’un de ses dirigeants, Denis Sassou N’Guesso, dont il devient le compagnon de route. Par sa fibre entrepreneuriale, il crée sa propre entreprise de presse : l’Agence d’information d’Afrique centrale (Adiac), puis il lance Les Dépêches de Brazzaville, un quotidien généraliste, l’œuvre de sa vie, qui demeure une référence absolue dans le pays.

En tant que compagnon de route du président Denis Sassou N’Guesso, Jean-Paul Pigasse a accompagné, entre autres, de manière journalistique, la vision présidentielle en faveur de la sauvegarde de l’écosystème du bassin du Congo. De ce fait, il a assuré la couverture de toutes les COP, à commencer par la COP 15 de Paris, et s’est impliqué lors de la mise en place du Fonds bleu pour le bassin du Congo à Oyo, en 2017.

Il a également été évoqué le fait qu’il y a à peine deux ans, Jean-Paul Pigasse participait encore, sur place, à Brazzaville, à la conférence de rédaction. Il lui avait durant fort longtemps tenu à cœur de passer deux semaines par mois dans sa patrie d’adoption, où l’annonce soudaine de sa disparition a fait, d’ailleurs, immédiatement les titres du journal télévisé. Journalistes, personnalités politiques et civiles, allant des ministres au président du Sénat, Pierre Ngolo, se sont rendus de manière spontanée au siège des Dépêches de Brazzaville pour lui rendre hommage … Et c’est l’écho de ces témoignages qui a retenti à nouveau lors de l'office religieux à Paris, où le Père Modeste C. Dohou a renouvelé l’expression de ses condoléances et l’assurance de ses prières pour Jean-Paul Pigasse qui laisse le vide froid mais immense d'un pilier, d'un rassembleur, un véritable pont intergénérationnel et continental. Vient de s’endormir à jamais celui qui, sous sa plume, savait faire danser admirablement les mots en parfaite corrélation avec sa pensée.

Un cœur pur qui se souciait de l'autre

Le Père a rappelé que l’illustre disparu avait un cœur pur et le souci de l'autre. Sa grandeur ne résidait pas seulement dans les titres de presse qu’il dirigeait ou dans les livres qu’il écrivait. Elle résidait, pour ceux qui l'ont tant aimé, dans sa capacité unique à prêter attention à chacun. Malgré un emploi du temps de bâtisseur de presse, Jean-Paul savait marquer une pause. Il avait ce don d'accorder du temps, une écoute sincère et un intérêt véritable aux projets, à la vie et aux aspirations de chacun de ses proches.

L’Homme croyait en la singularité de chaque être humain. Ce souci de l'autre, cette volonté constante de soutenir, de partager et d'accompagner, n'étaient pas de simples postures sociales. C’était le reflet direct de sa foi. Une foi vécue au quotidien, non pas dans les grands discours, mais dans des actes concrets de générosité, de présence et de partage.

L’office religieux s’achevant, l’assistance est sortie de ce recueillement en contribuant à la prière du Père Modeste C. Dohou en ces termes : « Seigneur, nous te confions Jean-Paul. Reçois ce serviteur qui a cherché, tout au long de ses 87 années, à bâtir des ponts entre les hommes et à témoigner de ta présence…Qu’il trouve auprès de toi la paix profonde qu’il a cherchée…Que la musique céleste, celle des anges, l’accueille dans ta lumière…Et que pour sa famille, ses amis et tous ceux qu’il laisse dans la peine, sa vie demeure un exemple de droiture, d’écoute et d’amour partagé ».

 

Marie Alfred Ngoma

Légendes et crédits photo : 

Une vue de l'assistance à la messe de requiem de Jean-Paul Pigasse à Paris, Saint François Xavier, le 17 juillet 2026 / Vanessa Nguema

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