Finances publiques : poursuivre les progrès enregistrés pour faire face à la dette

Vendredi 14 Août 2026 - 17:45

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Le gouvernement est désormais appelé à mettre les bouchées doubles pour réduire la dette publique et préserver la stabilité macroéconomique, qui constitue une priorité pour atteindre une croissance du produit intérieur brut (PIB) estimé à 5% cette année.

 

Bien que le pays ait démontré sa capacité de résilience face à des chocs multiples : fluctuations des cours des matières premières, tensions géopolitiques internationales, perturbations des chaînes d’approvisionnement et contraintes budgétaires, le gouvernement devrait œuvrer à maintenir les grands équilibres tout au long de ce nouveau quinquennat.

Il s’agit de préserver la stabilité macroéconomique ; d’accélérer la diversification économique ; de renforcer les finances publiques ; de soutenir la dette publique ; de mettre en œuvre des réformes structurelles et de moderniser l'État, mais aussi la nécessité de protéger la population la plus vulnérable face aux risques inflationnistes et aux menaces pesant sur la sécurité alimentaire.

« La transparence que je vous dois m’oblige à reconnaître que ce bilan comporte également des ombres », reconnaissait le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, lors de la présentation de la politique générale du gouvernement, le 22 juin dernier, devant l’Assemblée nationale. Le chef du gouvernement évoquait, à cette occasion, « une sous-exécution des dépenses sociales et des investissements publics ; une dette publique à diminuer, notamment la dette intérieure ; une mobilisation des recettes hors hydrocarbures en deçà du potentiel et des réformes structurelles inachevées ». Relever ces défis passe ainsi par l’amélioration des politiques économiques, la meilleure maîtrise de l'inflation et des efforts d'assainissement budgétaire.

Des progrès significatifs enregistrés

Si les recommandations du Fonds monétaire international, dans le Rapport sur les perspectives économiques régionales de l’Afrique subsaharienne, rejoignent l'ambition portée par le gouvernement, il n’en demeure pas moins vrai que des efforts restent à fournir concernant la diversification de l’économie qui permet de réduire considérablement la dépendance du pays vis-à-vis du pétrole, quoique la part du secteur pétrolier dans le PIB fût passée, d’après le ministère des Finances, du Budget et du Portefeuille public, d’environ 47% en 2022 à près de 40% en 2025.

Dans la quête de sortir du tout pétrole, outre l’agriculture, d’autres secteurs tels que les télécommunications, les transports, les services financiers et la logistique considérés comme des moteurs de croissance sont appelés eux aussi à se mettre en exergue afin d’accompagner la dynamique enclenchée par le secteur gazier et minier, à travers les projets de potasse et de phosphate qui contribuent à diversifier les exportations longtemps réservées à l’or noir et le bois.

 « Malgré ces difficultés, les institutions ont tenu et les grands équilibres de l’État ont été maintenus. Contrairement au contexte d’il y a cinq ans, les indicateurs économiques, en ce début de mandat, sont relativement favorables (…). La dette publique du Congo a diminué entre 2020 et 2025 en partant de 111,1 % du PIB en 2020, 116,14% en 2021, 93,74% en 2022 97,37 % en 2023, 92,31% en 2024, et 92,46 % en 2025 », soulignait encore le Premier ministre. Une amélioration, ajoutait-il, qui témoigne d’une gestion prudente de la dette, d'une meilleure gouvernance financière et des efforts continus d'assainissement budgétaire.

Par ailleurs, s’agissant des finances publiques, selon le ministre des Finances, Christian Yoka, des progrès significatifs sont enregistrés grâce aux réformes mises en œuvre dans les administrations fiscales et douanières. Conséquences : les recettes publiques sont passées de 1301 milliards FCFA en 2020 à plus de 2 550 milliards FCFA en 2025.

Consolider la tendance baissière de la dette

Des projections indiquent une tendance à la baisse de l’endettement autour de 80% du PIB à l’horizon 2027. La dette des traders étant en voie d’apurement, le Congo est ainsi passé d’une situation de vulnérabilité extrême, marquée par la présence de la dette toxique des traders, à une dette extérieure maîtrisée et soutenable.

Toutefois, la consolidation de la tendance baissière de la dette, en tant que pays pétrolier, invite à une gestion prudente des ressources propres dans un contexte international d’incertitude et de vulnérabilité élevée. C’est dans cette optique que le Fonds monétaire international encourage d’éviter le surendettement afin de garantir la viabilité de la dette extérieure. Pour y parvenir, il est nécessaire d’accroître la clarté sur la gestion de la dette, renforcer la gestion des finances publiques, utiliser rationnellement ses surplus pétroliers pour rembourser ses créanciers et appliquer une stricte discipline budgétaire.

Guy-Gervais Kitina

Légendes et crédits photo : 

Le siège du ministère des Finances / Adiac

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