Gfac : la vitrine d’un élevage congolais en pleine expansionVendredi 14 Août 2026 - 16:30 À la deuxième édition de la Grande foire agricole du Congo (Gfac), qui se tient du 5 au 20 août à Bambou-Mingali, dans le district d’Ignié, département du Djoué-Léfini, l’élevage occupe une place de choix : bovins, petits ruminants, porcs et volailles témoignent le dynamisme d’une filière qui attire de plus en plus d’entrepreneurs congolais.
Parmi les exposants, on compte Ghislain Pongault, directeur général de la Coopérative agropastorale d’Irebou (Capi), dans le district de Loukoléla, département du Congo-Oubangui. Issu de la diaspora, il s’est lancé dans l’élevage bovin à son retour au Congo en 2017. Son parcours illustre la possibilité pour les Congolais d’investir dans une activité longtemps perçue comme l’apanage de certaines communautés pastorales. « Cette année, je me présente en tant qu’éleveur. Je fais partie d’une coopérative familiale qui s’appelle Capi. Quand je suis rentré en 2017, j’ai entrepris l’élevage bovin », explique-t-il. L’aventure de l’éleveur commence modestement avec une dizaine de bêtes. Au fil des années, il développe son cheptel et entreprend des croisements entre différentes races afin d’améliorer notamment la taille et la masse musculaire des animaux. « Avec dix bêtes au départ, j’en ai aujourd’hui une centaine », se réjouit-il. L’équipe de Capi bénéficie de l’expérience de pasteurs venus des pays voisins. Mahamat Cissé, éleveur de bovins et moutons basé à Ngo, accorde une attention régulière à ses bêtes. Selon lui, cette proximité favorise une relation de confiance avec les animaux et permet surtout de mieux surveiller leur état de santé. L’observation de leur comportement, de leur peau et de leur apparence générale l’aide ainsi à détecter rapidement d’éventuels signes de maladie. Produire davantage pour faire baisser les prix La question du prix de la viande constitue un autre défi pour le développement de la filière bovine au Congo. Sur le marché, les bêtes sont notamment commercialisées sur la base de leur poids, avec une fixation du prix au kilogramme. Les éleveurs sont régulièrement interpellés par les visiteurs sur les prix des bovins jugés exorbitants. « Les bêtes sont vendues en fonction du poids. Nous les vendons au boucher à 3 500 ou 3 250 francs le kilogramme, et ensuite le boucher les revend au marché à 4 000 francs », explique un vendeur. L’augmentation du nombre de producteurs congolais, soutient l’éleveur, pourrait contribuer à accroître l’offre et, à terme, à exercer une pression à la baisse sur les prix. L’enjeu est donc double : augmenter la production nationale tout en permettant aux consommateurs d’accéder à une viande produite localement à des prix plus abordables. Chaibou Amadou, un autre éleveur basé à Oyo (Cuvette), estime que l’essor de l’élevage passe avant tout par une plus grande implication des Congolais dans cette activité. L’éleveur d’Oyo insiste sur la nécessité de disposer d’espaces adaptés à l’élevage et d’une alimentation suffisante pour les animaux. Selon lui, plusieurs races de petits ruminants sont élevées dans la sous-région et peuvent présenter des caractéristiques différentes en matière de taille, de rusticité ou de production de viande. Pour cet éleveur, le développement de l’activité nécessite aussi un accompagnement financier. « J’aime beaucoup ce travail », confie-t-il. Un secteur à fort potentiel À travers les témoignages de ces éleveurs, la Gfac donne à voir une filière bovine qui cherche progressivement à se structurer. L’augmentation des cheptels, l’amélioration des races, les pratiques d’élevage, la vaccination et la commercialisation sont autant de leviers susceptibles de renforcer la production nationale. Mais les défis restent nombreux, notamment en matière d’accès aux médicaments vétérinaires, de disponibilité des aliments de bétail, de sécurisation des espaces pastoraux, de prévention des conflits entre agriculteurs et éleveurs, de financement des exploitations et amélioration des circuits de commercialisation.
Fiacre Kombo Légendes et crédits photo :1- L'éleveur prenant soin de son cheptel/Adiac
2- Des bêtes dans un pavillon/Adiac Notification:Non |


À la Gfac, l’élevage s’affirme comme l’un des piliers d’une agriculture appelée à contribuer davantage à l’autosuffisance alimentaire du Congo. À travers les cheptels exposés, les démonstrations et les échanges d’expériences, la foire honore le monde pastoral, tout en présentant les défis à relever pour accroître durablement la production nationale de viande et réduire la dépendance aux importations.








