Bois tropicaux : le Congo résiste au ralentissement du marché régional

Mercredi 19 Août 2026 - 16:46

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Malgré une demande mondiale encore prudente, la filière bois au Congo maintient son activité et profite du dynamisme des marchés asiatiques. La bonne tenue des infrastructures portuaires de Pointe-Noire contribue également à soutenir les exportations.

Le marché du bois tropical d’Afrique centrale montre progressivement des signes d’amélioration après plusieurs mois de ralentissement. Selon les dernières analyses de l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT), la production régionale retrouve une partie (70 %) de son niveau habituel, tandis que la demande se redresse progressivement sur certains marchés asiatiques. Dans ce contexte, la République du Congo affiche une relative résistance, portée notamment par ses débouchés chinois et vietnamiens et maintient sa production et ses exportations.

Au Congo, la filière fait preuve de résistance. La production reste stable, alors même que la demande mondiale demeure encore modérée. Le secteur peut, en effet, compter sur l’intérêt des marchés chinois et vietnamiens pour soutenir ses exportations. À cela s’ajoute la bonne performance des infrastructures portuaires de Pointe-Noire qui continuent de jouer un rôle important dans l’acheminement des produits forestiers et le maintien des échanges commerciaux régionaux.

À l’échelle régionale, plusieurs signes témoignent un regain progressif d’intérêt pour les bois tropicaux d’Afrique centrale. Au Gabon, l’arrivée de la saison sèche permet aux activités forestières de reprendre progressivement, tout en facilitant l’acheminement du bois vers le port d’Owendo. Cette amélioration des conditions d’exploitation s’accompagne d’un retour graduel des acheteurs chinois, dont la demande porte sur l’Okoumé, l’Ovangkol, l’Okan et le Sapelli. Le marché vietnamien reste, quant à lui, intéressé par le Tali, le Padouk et le Niové. L’Inde montre également un intérêt renouvelé pour certaines essences africaines. Dans le même temps, les autorités gabonaises renforcent les contrôles administratifs et fiscaux au niveau des concessions forestières.

Au Cameroun, la situation est quelque peu différente. Les importantes précipitations perturbent les opérations de récolte, sans toutefois freiner les exportations. Celles-ci continuent de bénéficier du bon fonctionnement des infrastructures portuaires de Douala et de Kribi. Sur les marchés asiatiques, le Vietnam reste un débouché majeur pour le Tali et le Padouk. En Europe, les acheteurs se montrent davantage exigeants, en particulier pour les essences concernées par les dispositions de la CITES. L’OIBT relève, par ailleurs, un durcissement des contrôles de conformité en Europe, en particulier sur les obligations de diligence raisonnée, faisant de la traçabilité un enjeu de plus en plus déterminant pour le commerce international du bois.

Il faut noter que la reprise du marché s’accompagne toutefois d’exigences croissantes en matière de conformité. L’OIBT relève, surtout, le renforcement des contrôles menés en Europe sur les obligations de diligence raisonnée. Une évolution qui confirme l’importance de la traçabilité dans les échanges internationaux de bois tropicaux. Selon l’Association technique internationale des bois tropicaux, la situation actuelle témoigne particulièrement la capacité de la filière bois d’Afrique centrale à s’adapter aux fluctuations du marché. Les opérateurs doivent néanmoins composer avec des exigences de plus en plus fortes des acheteurs internationaux, notamment en matière de provenance des bois, de traçabilité et de pratiques forestières responsables. Aussi, le regain d’activité observé sur certains marchés asiatiques, associé à une amélioration des conditions d’acheminement, laisse entrevoir des perspectives plus favorables pour la suite de l’année. Pour consolider cette dynamique, la filière devra également maintenir une concertation étroite entre les entreprises, les pouvoirs publics et les différents acteurs des marchés internationaux.

Pour le Congo comme pour l’ensemble de la région, le retour progressif de la demande en Asie et la stabilité retrouvée de plusieurs chaînes logistiques constituent des signaux encourageants. Dans un environnement réglementaire en pleine évolution, le dialogue entre producteurs, autorités et marchés demeure essentiel pour renforcer la compétitivité et la reconnaissance internationale des bois tropicaux issus d’une gestion forestière responsable.

Gloria Imelda Lossele

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