Soutenance de thèse : les limites de l’Approche par compétences dans l’enseignement secondaire révéléesLundi 31 Août 2026 - 18:04 L’Approche par compétences (APC), pourtant inscrite dans les orientations curriculaires de la République centrafricaine et d’autres pays francophones, peine à transformer les pratiques d’enseignement de l’économie dans les lycées publics de Bangui. C’est l’un des principaux enseignements de la thèse soutenue le 24 août, à Brazzaville, par Dimanche Jocelyn Yangoubingui, à l’Université Marien-Ngouabi. L’impétrant a obtenu la mention « Très honorable », avec les félicitations du jury.
« Approche par compétences à l’épreuve des pratiques enseignantes en économie dans les lycées publics de Bangui », c’est le thème de la thèse du doctorat unique de Dimanche Jocelyn Yangoubingui, en Sciences de l’éducation au parcours chaire Unesco, option Didactique des disciplines et évaluation, spécialité Didactique des sciences économiques et sociales. Cette étude met en évidence un profond décalage entre les prescriptions officielles de l’APC et les pratiques observées dans les salles de classe, au point de conduire le chercheur à proposer le concept d’« Approche par compétences larvée ». Dans les systèmes éducatifs francophones d’Afrique, l’APC s’est progressivement imposée comme une réforme majeure des curricula. Elle entend rompre avec une conception de l’enseignement essentiellement fondée sur la transmission et la mémorisation des connaissances, pour placer l’apprenant au centre du processus éducatif. Dans cette perspective, l’élève n’est plus seulement appelé à accumuler des savoirs. Il doit être capable de les mobiliser dans des situations concrètes, de résoudre des problèmes et de développer des compétences utiles à sa vie scolaire, professionnelle et sociale. Des contraintes qui freinent la réforme La thèse relève notamment la persistance de taux élevés de redoublement, les insuffisances en matière d’employabilité des jeunes ainsi que l’inadéquation entre les compétences des diplômés et les besoins exprimés par les entreprises. Dans les salles de classe, le modèle transmissif demeure largement dominant. L’enseignant conserve une position centrale et les cours reposent principalement sur l’exposé magistral, la prise de notes et la mémorisation. L’élève, quant à lui, apparaît relativement peu sollicité dans des activités de recherche, de résolution de problèmes ou de mobilisation de connaissances dans des situations complexes. La même tendance est observée dans le domaine de l’évaluation. Les contrôles privilégient encore largement la restitution de définitions, de notions et de théories économiques, plutôt que la capacité des élèves à mobiliser leurs connaissances pour résoudre des situations concrètes. Outre les pratiques individuelles, la thèse met en évidence des contraintes structurelles qui limitent l’application de l’APC. Le manque de ressources didactiques, l’insuffisance de manuels actualisés, les effectifs pléthoriques et les conditions matérielles difficiles constituent autant d’obstacles à l’organisation d’activités pédagogiques centrées sur l’apprenant. À cela s’ajoute un déficit de formation continue et d’accompagnement pédagogique de proximité. Pour le chercheur, il est difficile d’exiger des enseignants une transformation profonde de leurs pratiques sans leur fournir les outils, les compétences et l’accompagnement nécessaires.
Fiacre Kombo Légendes et crédits photo :L'impétrant avec les membres du jury /DR Notification:Non |


Le jury de la soutenance de la thèse de Dimanche Jocelyn Yangoubingui était présidé par Aubin Nestor Loumouamou, professeur titulaire à l’Université Marien-Ngouabi. Paul Vitamara Masimango, professeur ordinaire à l’Université de Kisangani, en République démocratique du Congo, assurait le rapport externe. Le rapport interne était assuré par Aristide Ewamela, professeur titulaire à l’Université Marien-Ngouabi, tandis que Dominique Oba, professeur titulaire à la même université, était examinateur. La direction scientifique de la thèse était assurée par Mathias Marie Adrien Ndinga, professeur titulaire agrégé à l’Université Marien-Ngouabi, avec Guy Joseph Moussavou, professeur titulaire à l’Université Marien-Ngouabi, comme codirecteur.








