Conférence-dédicace à Paris : « Écrire pour ne pas oublier : la littérature face à la disparition de nos traditions ».Mardi 1 Septembre 2026 - 13:24 Une conférence-dédicace, consacrée à la préservation de la mémoire et des traditions ancestrales s’est tenue, le 28 août à Paris, dans la salle verte de l’ambassade de la République du Congo. Placée sous le haut patronage de l’ambassadeur du Congo en France, Rodolphe Adada, la rencontre avait pour thème : « Écrire pour ne pas oublier : la littérature face à la disparition de nos traditions ».
Installé à Bordeaux, l’auteur congolais s’est appuyé sur ses trois ouvrages, notamment « De l’ombre à la lumière, l’héritage de mon père », « Prince de Mbaya, parcours, pensée et héritage d’un intellectuel africain », préfacé par le Dr Armel Dongou, ainsi que son dernier livre, « Mwènè, gardien de la terre et bâtisseur de la nation », préfacé par Jeancil Gambou, fondateur de la chaîne et plateforme culturelle « Cultivons-nous ». À travers son dernier ouvrage, paru le 1er août, Jauste Boussou s’est particulièrement intéressé à l’institution du « Mwènè », qu’il présente comme une figure incarnant à la fois la protection de la communauté, la sauvegarde de la terre et la garantie de la justice. Selon lui, cette institution s’inscrit dans l’histoire des grandes civilisations qui ont façonné l’Afrique centrale bien avant la période coloniale. L’auteur s’est également penché sur l’étymologie du titre « Mwènè », qu’il rattache à la notion de celui qui pourvoit aux besoins du peuple, en s’appuyant notamment sur les expressions linguistiques « Mwènè Kongo » dans l’univers kongo et « Mwènè » chez les Mbochis. Son travail revient ainsi sur plusieurs étapes de l’histoire des peuples bantous, les origines des peuples mbochis et l’histoire du Royaume Kongo. Pour Jauste Boussou, l’écriture de cette mémoire constitue davantage qu’une démarche littéraire ou nostalgique. Elle représente un acte de résistance culturelle face à l’oubli et à la disparition progressive de certaines pratiques et connaissances ancestrales. Il appelle, à cet effet, à renforcer la transmission par l’écrit d’une mémoire longtemps conservée par la tradition orale à travers les contes, les récits, les valeurs, les savoirs, les savoir-faire et les enseignements transmis de génération en génération. « Pendant des siècles, l’Afrique a été le théâtre de l’une des plus grandes supercheries historiques et culturelles de l’humanité », a déclaré l’écrivain, estimant que la colonisation ne s’est pas limitée à l’occupation des territoires et à l’exploitation des ressources. Elle aurait également contribué, selon lui, à marginaliser les systèmes de gouvernance et les références culturelles traditionnelles africaines. Dans cette perspective, il a invité la jeunesse à se réapproprier son patrimoine culturel afin de mieux participer à la construction de l’avenir. Écrire aujourd’hui sur le titre de « Mwènè » revient, à ses yeux, à contribuer à la restauration d’une mémoire et d’une conception du pouvoir fondées sur la sagesse, la protection de la communauté, la sacralité de la terre et la préservation de l’héritage collectif. Revenant sur les motivations de son dernier ouvrage, l’auteur a indiqué vouloir redonner ses lettres de noblesse à l’institution « Mwènè », tout en contribuant à lever les préjugés et les incompréhensions qui l’entourent. Il rend notamment hommage, dans son livre, à plusieurs défenseurs de la tradition ancestrale, parmi lesquels le grand Mwènè Denis Sassou N’Guesso, le Mwènè Ndzalé Théophile Obenga et le Mwènè Florent Ntsiba. « En restituant la vérité de nos structures traditionnelles, nous cessons d’être les spectateurs d’une histoire écrite par d’autres pour redevenir les maîtres souverains de notre propre destin », a-t-il soutenu. La rencontre a également permis de mettre en lumière plusieurs parcours de jeunes évoluant dans différents secteurs d’activité, dans le cadre d’une démarche visant à encourager la jeunesse à s’investir dans la préservation du patrimoine, mais également dans l’entrepreneuriat et le développement. Représentant l’ambassadeur Rodolphe Adada, le ministre conseiller Armand Rémy Balloud-Tabawé a souligné l’importance accordée par la représentation diplomatique congolaise à la promotion de la culture nationale. « En abritant et en parrainant cet événement dans la salle verte, l’ambassade de la République du Congo à Paris a réaffirmé sa volonté de faire de ce cadre un espace de rencontres, de réflexion et de promotion de la culture congolaise », a-t-il déclaré. Félicitant le conférencier pour sa production littéraire, le ministre conseiller a insisté sur la nécessité de préserver les valeurs culturelles congolaises et de renforcer le passage de l’oralité à l’écriture. Il a, à cet égard, rappelé le célèbre adage selon lequel « les paroles s’envolent, les écrits restent ». Né le 24 août 2001, Jauste Boussou est un ingénieur-informaticien congolais âgé de 25 ans. Arrivé en France à l’âge de 18 ans, il y a effectué l’ensemble de son parcours universitaire. Diplômé du CESI École d’Ingénieurs, établissement membre de la Conférence des Grandes Écoles, il s’est spécialisé dans les domaines du management et de la cybersécurité. Il est également membre de l’Association des jeunes unis pour le développement de l’entrepreneuriat, une structure qui rassemble des jeunes autour de la promotion de l’entrepreneuriat. L’association prévoit d’organiser, en octobre prochain à Pointe-Noire, une campagne d’adhésion avec l’ambition d’étendre progressivement ses activités à l’ensemble du territoire national.
Marie Alfred Ngoma Légendes et crédits photo :Ministre Conseiller Armand Rémy Tabawé lors de la conférence-dédicace de l'ouvrage Mwènè à Paris
Jauste Boussou Notification:Non |


Animée par le jeune ingénieur-informaticien et écrivain Jauste Boussou, sous la modération de Naelle Falcone Ndinga Pea, cette rencontre a été l’occasion d’engager une réflexion sur le rôle de la littérature dans la sauvegarde du patrimoine culturel et la transmission des savoirs ancestraux.









