Le plaidoyer vert de Denis Sassou N'Guesso à Paris : placer l'espace au service du Bassin du Congo

Mercredi 9 Septembre 2026 - 22:50

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Face aux géants du New Space réunis au Grand Palais, le président de la République du Congo s'impose en leader de la diplomatie climatique africaine.

Le premier sommet international sur l'espace s'est ouvert mercredi 9 septembre 2026 à Paris, réunissant près de 120 délégations mondiales sous la nef restaurée du Grand Palais. Si l’enjeu global de cet événement historique est de réguler l'économie orbitale face à la concurrence féroce entre les blocs sino-américains, le bloc des nations africaines y fait entendre une voix résolument souverainiste et unie. Au cœur des débats de cette première journée dense, le président de la République du Congo, Denis Sassou N'Guesso, s'est présenté comme la figure de proue incontestable du continent. Son objectif est clair et pragmatique : transformer la haute technologie satellitaire en un outil indispensable de gouvernance écologique pour toute l'Afrique centrale.

Reçu officiellement avec les honneurs à l'Élysée par le président français Emmanuel Macron en marge des premières sessions de travail, le chef de l'État congolais a mené une contre-offensive diplomatique majeure. Son discours d'ouverture refuse catégoriquement de maintenir l'Afrique dans un statut de simple consommatrice passive de données et dénonce ouvertement le risque d'un nouveau colonialisme orbital. Pour Brazzaville, la surveillance environnementale fine du Bassin du Congo - qui constitue le deuxième poumon vert de la planète - ne peut plus dépendre des grilles tarifaires fluctuantes ou du bon vouloir des opérateurs privés occidentaux ou asiatiques. Denis Sassou N'Guesso exige un accès souverain, direct et garanti à l'imagerie spatiale de haute précision. C'est, selon son allocution, une condition sécuritaire non négociable pour mesurer la déforestation illégale.

Face à ces demandes fermes, la réaction de la délégation française ne s'est pas fait attendre. Emmanuel Macron a salué le leadership environnemental du président congolais et a réaffirmé l'engagement de la France à faire du spatial un levier de solidarité climatique. Paris, soucieuse de préserver son influence stratégique face à la percée des offres technologiques chinoises sur le continent, a proposé la création d'un fonds de dotation conjoint. Ce mécanisme vise à financer des abonnements subventionnés aux données d'observation de la Terre pour les pays du Bassin du Congo. Cependant, les conseillers français ont esquivé la question d'un transfert total et gratuit de propriété intellectuelle sur les technologies de pointe, préférant insister sur des programmes de formation d'ingénieurs africains via le Centre national d'études spatiales (CNES). Une réponse jugée encourageante mais encore trop timorée par l'entourage congolais.

Cette impulsion africaine a immédiatement donné le ton d'une première journée d'échanges particulièrement concrets. Dans le sillage de ce plaidoyer pour la Terre, l'Angola et le Ghana ont profité des premières tribunes pour officialiser leur adhésion à l'alliance internationale Space4Ocean

. Cette coalition utilise les données orbitales pour protéger les écosystèmes littoraux africains contre le fléau de la pêche illégale et les ravages de l'érosion côtière. Elle prouve de fait que les technologies spatiales ne sont plus un luxe scientifique, mais bien des infrastructures de survie.

La deuxième journée du sommet, prévue ce jeudi 10 septembre, s'annonce encore plus politique en portant ce combat technologique sur le terrain de la géopolitique et de la sécurité. Les interventions au pupitre du président nigérian Bola Tinubu

et du président rwandais Paul Kagame

battront le rappel pour l'indépendance industrielle. Les deux dirigeants comptent défendre le financement et le déploiement opérationnel rapide de l'Agence spatiale africaine. L'ambition sous-jacente est de structurer des constellations régionales de satellites, capables de briser les monopoles technologiques de firmes comme Starlink.

Le président Denis Sassou N'Guesso, très attendu, interviendra au Grand Palais en fin de matinée au cours de la table ronde « African leaders’s vision for space » au côté des présidents Ismaïl Omar Guelleh (Djibouti) et Paul Kagame.

Enfin, la Côte d'Ivoire, représentée à Paris par son influent ministre de la Défense Téné Birahima Ouattara

, axera son intervention sur le volet sécuritaire. Abidjan appellera à des partenariats stratégiques pour intégrer pleinement le renseignement spatial dans la lutte acharnée contre le terrorisme au Sahel. À Paris, Denis Sassou N'Guesso et ses pairs ont fermement rappelé que l'Afrique n'est plus là pour solliciter de l'aide, mais pour imposer ses conditions stratégiques dans le grand partage des cieux.

De notre envoyé spécial Noël Ndong

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