Gouvernance électorale : l’Upads demande l’application des recommandations de Djambala

Lundi 14 Septembre 2026 - 16:46

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Le président du Conseil national de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads), Pascal Tsaty-Mabiala, a demandé le 11 septembre à Brazzaville, à l’ouverture de la session extraordinaire du bureau politique, la mise en application immédiate des onze recommandations issues de la concertation de Djambala.

Dans la perspective de l’organisation l’année prochaine des élections législatives et locales, l’Upads estime que l’application des recommandations issues de la rencontre tenue du 16 au 18 février 2026 s’avère nécessaire. Parmi les recommandations immédiates retenues, il y a la revisitation du cadre légal définissant les critères de détermination du découpage administratif ; la poursuite du découpage administratif, ainsi que l’application stricte de la loi électorale. L’Upads demande également la revisitation des textes instituant le comité technique d’évaluation de la décentralisation en assurant sa mise en application ; la transparence ; le libre choix par l’électeur de son candidat ; l’exactitude et la sincérité des résultats.

Les autres recommandations portent sur l’établissement à temps des listes électorales et la distribution des cartes d’électeurs avec la plus grande rigueur ; la mise à disposition obligatoire et en nombre suffisant des fiches de transcription des résultats le jour du vote ; l’introduction de la biométrie électorale. A cela s’ajoutent le plafonnement du financement des campagnes électorales ; le financement des partis politiques et de la démocratie ; la réduction du taux des différents cautionnements pour chaque élection.

« Dans quelques mois, le Congo va rouvrir le cycle électoral, en organisant les élections législatives et locales, puis le renouvellement des conseils municipaux et départementaux. Le gouvernement n’est jamais pressé lorsqu’il s’agit de bien organiser les élections et met les acteurs politiques devant le fait accompli, en évoquant très souvent le manque de temps pour appliquer les recommandations issues des différentes concertations », a rappelé, Pascal Tsaty-Mabiala, s’interrogeant sur les conditions d’organisation de ces différents scrutins.

Des mesures pour sortir le pays de la situation socioéconomique actuelle

La session extraordinaire du bureau politique de l’Upads a été également une occasion pour son président du conseil national de peindre le tableau peu reluisant de la situation socioéconomique du pays. Selon Pascal Tsaty-Mabiala, contrairement à l’optimisme affiché par les autorités, le Congo a besoin d’une croissance plus forte et inclusive afin de réduire son taux de pauvreté estimé à 46,8%. S’appuyant sur quelques données recueillies par le groupe de la Banque africaine de développement, il a évoqué un endettement excessif (le stock de la dette publique étant estimé à 9.564,3 milliards FCFA à la fin du mois de juin 2026), pesant lourdement sur les dépenses sociales ; le taux du chômage se situant à 19,8% en 2024), dont 41% chez les jeunes à la recherche d’un emploi. D’autres données citées par le chef de file de l’opposition portent sur l’émission massive de titres du trésor sur le marché financier régional ; l’encours de ces titres représentait 30% du PIB en 2024, avec des taux d’intérêt atteignant 11%. Sans oublier le service de la dette qui resterait élevé à 85% des recettes publiques, accentuant ainsi les pressions sur la trésorerie et réduisant considérablement la marge de manœuvre budgétaire, etc.

A côtés de ces problèmes économiques, l’Upads ajoute la grogne sociale avec les risques de grèves annoncées dans plusieurs secteurs pour cause de non-paiement de salaires, d’arriérés de salaires et pensions de retraite. L’autre constat concerne la pénurie d’eau et d’électricité ainsi que du carburant dans les stations-services.

Face à cette situation qu’elle qualifie de préoccupante, l’ancien parti au pouvoir propose que soient prises quelques mesures pour redresser le pays. Il s’agit, entre autres, d’adopter « de toute urgence » un plan d’austérité pour ramener les dépenses publiques à un niveau compatible avec les ressources disponibles ; de rétablir la discipline budgétaire en réorganisant les régies financières ; réduire « de manière drastique » les budgets de fonctionnement de toutes les institutions publiques. Les autres mesures consistent à interdire les paiements en numéraires en vue de la bancarisation des paiements ; l’élaboration de la liste de tous les créanciers du Congo en fixant les montants dus à chacun et en proposant au Parlement un plan réaliste de désendettement ; la réhabilitation totale du Trésor public dans son rôle de banque unique de l’Etat.

 

Parfait Wilfried Douniama

Légendes et crédits photo : 

Pascal Tsaty-Mabiala et Jérémie Lissouba à l'ouverture les travaux/DR Une vue des participants/DR

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