Interview : Gyldas Mayela : « Nous, journalistes, avons une valeur ajoutée dans la construction du Congo »Lundi 14 Septembre 2026 - 17:30 Donner un nouvel élan au secteur de l’information, la communication et des médias au Congo. C’est l’ambition portée par le Salon de l’information, de la communication et des médias (Sicom), dont la première édition entend créer un espace de rencontres, d’échanges et de réflexion entre professionnels, jeunes et acteurs du secteur. Dans cet entretien, le commissaire général du Sicom, Gyldas Mayela, revient sur la genèse du salon, la place accordée à la jeunesse et son souhait de voir cette initiative s’inscrire dans la durée.
Gyldas Mayela (G.M) : Les Assises de la presse existent déjà. Et je me suis dit : Gyldas Mayela, c’est ce secteur qu’il a fait. Moi, en retour, qu’est-ce que je fais pour le secteur ? J’ai eu l’idée du salon, un rendez-vous où l’on met sur un piédestal les professionnels des médias, où chacun vient montrer son talent, pas ses difficultés, mais ses atouts. C’est un moment où nous, acteurs de l’information, faisons entendre notre voix, où nous montrons que nous aussi, nous avons une valeur ajoutée dans la construction de ce pays. Donc, qu’on ne voie pas Gyldas Mayela, qu’on puisse m’aimer ou pas, peu importe. C’est l’occasion ou jamais de mettre en avant notre talent et de démontrer la richesse de notre secteur. L.D.B : Pourquoi avoir élargi le salon à l’ensemble du secteur de l’information et des médias ? G.M : Avant même son lancement, ce salon a changé de nom trois fois. C’était le Salon de l’audiovisuel du Congo. Une semaine après, nous sommes passés au Salon de l’audiovisuel et de la presse écrite du Congo, pour terminer par le Sicom : Salon de l’information, de la communication et des médias. C’est simplement parce que, chaque fois que je travaillais sur le projet et c’est l’occasion pour moi de rendre encore hommage au Premier ministre, M. Anatole Collinet Makosso, qui m’a véritablement pris par la main dans ce projet en me disant : bon, je t’accompagne. Il faut qu’on pousse la réflexion plus loin, je me suis rendu compte qu’il fallait élargir la réflexion. En effet, lorsque je parlais du « Salon de l’audiovisuel du Congo », je pensais à mon secteur. Je suis de la télévision, mais, pour ceux qui ne le savent pas, j’ai également fait de la radio. J’ai fait un passage à Radio Liberté, tout en travaillant à Télé-Congo. Je me suis dit c’est mon environnement. Mais on m’a suggéré de prendre également en compte les autres médias. J’ai donc intégré la presse écrite, puis les médias en ligne. Finalement, nous avons regroupé tout le monde afin que chacun puisse s’exprimer dans son domaine. C’est ce qui traduit le nouveau nom du salon. Nous avons donc le Sicom 2026, qui s’ouvre le 17 septembre au Centre international de conférence de Kintélé. L.D.B : Comment les médias peuvent-ils construire un modèle économique viable au Congo ? G.M : Le modèle économique d’un média ne peut pas être imposé. C’est celui qui crée son média qui sait quel modèle économique il va choisir pour le faire vivre. Pour les télévisions publiques, par exemple, le modèle économique est relativement simple. Une grande partie du financement provient du Trésor public, puisqu’il s’agit de chaînes d’État. Ensuite, il y a une part provenant de la publicité, des pages, des magazines, etc. C’est le modèle économique d’un média d’État. Nous avons, à côté, des médias privés qui ont également leur propre modèle économique, principalement basé sur la publicité. Nous avons un secteur privé sur lequel je ne tire pas, mais je veux simplement dire qu’il n’est pas suffisamment présent et qu’il ne prend pas assez de risques lorsqu’il s’agit des médias. Il sponsorise difficilement le travail qui se fait dans les médias. Il faut donc, en amont, demander aux commerciaux des médias de réellement aller sur le terrain et de faire leur travail. Il faut également faire des choix économiques qui permettent aux médias de vivre. Les commerciaux doivent démarcher les annonceurs, aller vers le secteur privé pour obtenir des contrats de diffusion. Une chaîne de télévision ne peut pas subsister sans annonceurs. Ce n’est pas possible. L.D.B : Quelle place la formation occupe-t-elle dans cette première édition du Sicom ? GM : Des panels sont prévus pour les professionnels, mais également des formations destinées aux jeunes étudiants, en partenariat avec le Fonds d’appui à l’employabilité et à l’apprentissage. Pendant trois jours, nous donnerons aux jeunes qui participeront les bases du journalisme, notamment les réflexes du reporter : comment écrire un reportage, préparer une interview, démarrer le montage d’un reportage télévisé ou encore réaliser une infographie à partir d’un document audiovisuel. Toutes ces bases seront inculquées aux jeunes participants. L.D.B : Quels défis avez-vous rencontrés pour organiser cette première édition ? G.M : La plus grande difficulté rencontrée pour cette première édition a été le sponsoring. Ce n’était pas facile. Nous avons beaucoup travaillé pour obtenir des annonceurs. Voilà pourquoi je dis vraiment merci à ceux qui ont cru en nous dès le premier jour. L.D.B : Quelle suite souhaitez-vous donner au Sicom au-delà de cette première édition ? G.M : Nous aurons les actes du Sicom, un document dans lequel figureront les conclusions de ce premier salon. Tous les apports que nous aurons enregistrés lors des panels seront relayés au sein des médias et probablement dans les universités. Mais c’est surtout l’impact que nous aurons sur l’esprit des participants qui compte. Cet impact positif fera qu’eux-mêmes seront demandeurs pour la suite. L.D.B : Le Sicom est-il appelé à devenir un rendez-vous durable pour le secteur des médias ? GM : C’est le souhait. Nous continuerons à travailler à la pérennisation de ce rendez-vous. Et l’avantage du Sicom, c’est que son père est tellement sérieux et tellement amoureux de la profession qu’il ne s’arrêtera pas.
Propos recueillis par Durly Émilia Gankama et Gloria Lossele Légendes et crédits photo :Gyldas Mayela déclinant la vision du Sicom Notification:Non |


Les Dépêches de Brazzaville (L.D.B) : Pourquoi créer un nouveau rendez-vous dédié aux professionnels des médias ? 








