Sicom 2026 : nécessité de faire progresser le cadre juridique des médias au Congo

Jeudi 17 Septembre 2026 - 19:15

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Prévue du 17 au 19 septembre à Brazzaville, la première édition du Salon de l’information, de la communication et des médias (Sicom) a été officiellement lancée par le Premier ministre, chef du gouvernement, Anatole Collinet Makosso, représentant le président de la République, chef de l’Etat, Denis Sassou N’Guesso. Dans son mot de circonstance, il a martelé sur l’impérieuse urgence de réformer le cadre juridique du secteur afin de réguler la pratique des métiers de cette industrie et s’arrimer aux révolutions technologiques.

 

Ouvrant la cérémonie, Anatole Collinet Makosso a rappelé l’évolution des médias au Congo. D’abord, le premier journal dénommé « La Semaine africaine » avec sa parution inaugurale en 1952, puis l’avènement de la radio, ensuite la télévision, avant de voir émerger le numérique. Une histoire évolutive qui va s’associer à celle du cadre juridique afin d’accompagner la liberté de presse. La dernière loi en date à régir le secteur est la loi Nº8-2001 du 12 novembre 2001 sur la liberté de l'information et de la communication. «Loi révolutionnaire, la première en Afrique centrale, c'est ici l'occasion de célébrer le quart de siècle de cette loi et de rendre un hommage mérité à celui qui l'avait porté, le ministre François Ibovi, alors ministre de la Communication. 25 ans après son adoption, ce texte mérite d'être enrichi et actualisé à la lumière des transformations profondes que connaît aujourd'hui le secteur des médias », a déclaré le Premier ministre dans son allocution. 

Pour lui, cette exigence est encore plus forte aujourd’hui à l’ère des réseaux sociaux, de la désinformation et de l'intelligence artificielle. C’est dans cet élan que le Premier ministre a rappelé aux professionnels de l’information et de la communication que leurs métiers devraient préserver la paix en privilégiant la vérification, la crédibilité et le jugement journalistique face aux défis numériques. Il a de même reconnu que l’avenir des médias congolais repose sur l’innovation, l’investissement, la production de contenus locaux, la formation et l’accompagnement des jeunes.

«Le gouvernement suivra avec attention les travaux de ce salon et les recommandations qui en sortiront. Nous avons besoin de réflexions pertinentes sur l'état actuel de votre secteur sur l’avenir du paysage médiatique de notre pays, sur la formation des professionnels, sur le financement de la presse, sur la modernisation des outils de production et sur l'adaptation de notre cadre juridique aux réalités nouvelles », a déclaré Anatole Collinet Makosso, tout en souhaitant plein succès aux travaux de ce rendez-vous.

S’inscrivant dans cette pensée du Premier ministre, le ministre de la Communication et des Médias, Thierry Lézin Moungalla, a témoigné qu’en 2001, l'intelligence artificielle générative n'était pas encore sortie des livres de science-fiction et encore moins entrée dans les rédactions, dans les entreprises et dans la vie quotidienne des citoyens. « Le cadre dans lequel nous exerçons la liberté de l'information a donc profondément changé. C'est dans cette optique que le gouvernement souhaite que vos réflexions, trois jours durant, permettent de poser ensemble les premiers jalons de la nécessaire réforme des textes fondateurs », a-t-il ajouté.

Denis Sassou N’Guesso, prix spécial de la liberté de la presse

En marge du lancement du Sicom, les organisateurs  ont décerné au président de la République Denis Sassou N’Guesso le Prix spécial de la liberté de la presse pour son engagement et son soutien dans le développement du secteur. Gyldas Mayela, commissaire du Sicom, voit en ce prix à la fois une reconnaissance envers le président de la République pour le chemin parcouru et l’espérance des journalistes de voir le Congo poursuivre son ascension afin de positionner le pays comme une référence africaine en matière de liberté, de responsabilité et de professionnalisme de la presse. « Je voudrais, au nom du président de la République, les remercier pour cette distinction et pour l'attention ainsi portée à la politique menée dans notre pays en faveur de l'information et de la communication. Au-delà de la distinction elle-même, je retiens surtout cet acte de reconnaissance au chef de l'État par les professionnels des médias », a indiqué Anatole Collinet Makosso.

Une programmation riche et variée

Outre le panel inaugural « La loi 08-2001 du 12 novembre 2001 : acquis, mutation et perspective » animé par le ministre Thierry Moungalla, aux côtés de François Ibovi, ancien ministre de la Communication, Joachim Mbanza et Bernard Mackiza, journalistes ; d’autres temps d’échanges sont prévus les 18 et 19 septembre sur des thèmes variés tels que : « Les métiers de l'audiovisuel et de la presse écrite à l'ère du numérique : quelles compétences pour les professionnels de demain ? » ; « Intelligence artificielle et presse écrite : comment transformer les rédactions sans perdre l'ADN journalistique ? » ; « Médias et intelligence artificielle : révolution technologique, défis éthiques et nouvelles perspectives », etc.

En parallèle, des ateliers et masterclass permettront aux professionnels et étudiants de s’outiller sur les techniques et outils du métier de journalisme à l’ère du numérique. Le public peut aussi visiter les stands d’exposition où plusieurs médias nationaux et entreprises de communication exposent leurs offres et services.

Merveille Jessica Atipo

Légendes et crédits photo : 

1- Les officiels et organisateurs du Sicom posant à l’ouverture/Adiac ; 2- Gyldas Mayela, commissaire du Sicom, prononçant son allocution/Adiac ; 3- La visite du stand Des Dépêches de Brazzaville par le ministre de la Communication, Thierry Moungalla/Adiac

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