Sicom 2026 : Les Dépêches de Brazzaville, un héritage à préserverVendredi 18 Septembre 2026 - 17:30 Le Salon de l’information, de la communication et des médias (Sicom) a rendu hommage à Jean-Paul Pigasse, fondateur des Dépêches de Brazzaville. Au-delà de l’évocation de son parcours, les échanges ont porté sur l’avenir du quotidien et la nécessité de préserver l’œuvre médiatique laissée par celui qui a marqué de son empreinte le paysage de la presse congolaise.
En effet, il faut replacer la création des Dépêches de Brazzaville dans le contexte de l’après-guerre de 1997. Le pays sortait alors d’une période de crise et son paysage médiatique était fortement fragilisé. Jean-Paul Pigasse arrive avec l’ambition de renforcer la diffusion de l’information sur le Congo à l’international, notamment à travers un dispositif destiné à mieux faire connaître la situation du pays et à rassurer les investisseurs. Créées en 1998, les Dépêches de Brazzaville ont depuis accompagné plusieurs étapes de l’histoire récente du pays et se sont durablement installées dans le paysage médiatique national. Pour les intervenants au panel, l’héritage de Jean-Paul Pigasse ne se limite donc pas à la création d’un journal. Il comprend également des professionnels formés au sein de ses rédactions, une culture du métier et plusieurs décennies de production journalistique. Un patrimoine à préserver
Cette proposition intervient dans un contexte où la presse congolaise reste confrontée à des difficultés économiques et structurelles. Les coûts de production, d’impression et de distribution constituent notamment des défis importants pour les entreprises de presse. Le modérateur du panel, journaliste et fondateur de L’Horizon Africain, Joachim Mbanza, a évoqué à ce propos la fermeture de l’imprimerie des Dépêches de Brazzaville, rappelant les difficultés auxquelles peuvent être confrontés les organes de presse et leurs outils de production. Il a également souligné la nécessité de préserver les titres qui ont marqué l’histoire médiatique du pays. Une œuvre à transmettre
L’hommage du Sicom aura ainsi dépassé le seul registre de la mémoire pour poser une question d’avenir : comment garantir la continuité d’une œuvre médiatique construite sur près de trois décennies ? La réflexion autour de la reconnaissance des Dépêches de Brazzaville comme patrimoine national ouvre une piste pour préserver cet héritage et assurer sa transmission aux générations futures. Gloria Imelda Lossele Légendes et crédits photo :1- Les intervenants lors du panel / Adiac
2- Un mur en hommage à Jean Paul Pigasse / Adiac
3- L’assistance / Adiac Notification:Non |


La mémoire de Jean-Paul Pigasse s’est invitée au Sicom à travers un panel consacré à son parcours et à son apport au secteur des médias au Congo. Disparu le 11 juillet 2026, le fondateur des Dépêches de Brazzaville a laissé derrière lui un groupe de presse dont la pérennité apparaît désormais comme l’un des enjeux soulevés par les participants.
La réflexion a surtout porté sur les moyens de préserver cet héritage. Au cours des échanges, l’idée de considérer les Dépêches de Brazzaville comme un patrimoine national a été avancée, avec un appel à une implication des pouvoirs publics pour accompagner le quotidien et contribuer à sa pérennité. « L’équipe que Jean-Paul Pigasse a formée et laissée est toujours là. Son souhait était de transmettre un savoir-faire et une vision du métier. Aujourd’hui, l’enjeu est de faire perdurer cette œuvre et cet héritage. Cela nécessite l’engagement et l’accompagnement de tous afin que ce qui a été construit puisse continuer à vivre et à se développer », a relevé Émile Gankama, directeur des rédactions des Dépêches de Brazzaville.
Les témoignages ont également permis de revenir sur la personnalité de Jean-Paul Pigasse et sa conception du journalisme. Émile Gankama a évoqué l’engagement du fondateur, son expérience et son rôle dans la construction d’une entreprise de presse devenue un acteur majeur du paysage médiatique congolais. Adrien Wayi garde, lui, le souvenir d’un patron exigeant, attaché à la rigueur professionnelle, mais également à l’écoute et au respect de ses collaborateurs. Évoquant leur collaboration, il a notamment insisté sur l’humilité de Jean-Paul Pigasse : « C’était quelqu’un qui avait le sens de l’écoute, qui avait aussi le respect des autres », a-t-il témoigné.








