Femmes et médias : compétences et formation au cœur des défis

Samedi 19 Septembre 2026 - 17:49

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La place des femmes dans les médias et les défis liés à leur évolution professionnelle ont été au centre d’un panel organisé, le 19 septembre, à Brazzaville dans le cadre du Salon de l’information, de la communication et des médias (Sicom). Les échanges ont notamment porté sur l’accès aux postes de responsabilité, la formation, le harcèlement sexuel et l’adaptation aux mutations numériques.

De leur présence devant les caméras et derrière les micros à leur participation aux instances de décision, les femmes ont progressivement gagné du terrain dans le paysage médiatique. Pour les intervenantes, cette évolution doit désormais s’accompagner d’une plus grande capacité à prendre des responsabilités et à s’imposer par la compétence.

Pour Yolande Bodiong, journaliste et promotrice de télévision au Cameroun, la représentativité des femmes dans les médias ne doit pas seulement dépendre de la volonté de leur accorder une place. Elle estime que les professionnelles doivent davantage miser sur leurs compétences et leur capacité à évoluer dans un secteur en pleine transformation. « Il faut que la femme prenne sa place, l’arrache et ne l’attende pas. Les femmes doivent s’adapter notamment aux nouvelles exigences liées au numérique et aux réseaux sociaux.», a-t-elle déclaré. 

De son côté, Emilia Gankama, journaliste et présidente de l’Union des femmes des médias du Congo, a également placé la compétence au cœur de la progression des femmes dans les médias. Selon la journaliste, l’impact d’une professionnelle se mesure à la qualité de son travail et à sa capacité à apporter une véritable plus-value au métier. « La compétence, c’est la capacité à produire un travail qui est une plus-value, qui est exceptionnel, qui répond aux canons du métier et qui a un impact sur le lecteur, l’auditeur ou le téléspectateur », a-t-elle souligné.

Par ailleurs, les échanges ont porté sur le harcèlement sexuel, présenté comme l’une des difficultés auxquelles certaines professionnelles peuvent être confrontées dans leur parcours. Yolande Bodiong a appelé les victimes à briser le silence et à saisir les mécanismes de recours disponibles. « Quand vous êtes victime de harcèlement, il faut dénoncer, aller déposer une plainte. C’est comme cela que les choses vont changer petit à petit », a indiqué Yolande Bodiong .

Au-delà de cette problématique, les intervenantes ont insisté sur l’importance de la solidarité entre femmes. Pour Emilia Gankama, la capacité à fédérer peut contribuer à faire évoluer les situations. « Le pouvoir de fédérer, c’est le pouvoir de changement », a-t-elle affirmé, invitant les femmes à se sentir davantage concernées par les difficultés rencontrées par leurs consœurs.

Dans le même élan, Bibiane Kouloubou considère que la formation constitue également un enjeu majeur.  Elle a d’ailleurs relevé la nécessité pour les professionnels des médias de renforcer continuellement leurs compétences afin de répondre aux évolutions du secteur. « Le défi de la formation existe. Le défi de la montée en compétence pour les professionnels existe », a-t-elle rappelé.

Les mutations numériques ont, par ailleurs, ouvert de nouveaux espaces d’expression. Solange Samba Toyo a notamment relevé la présence croissante de jeunes femmes sur les réseaux sociaux, où certaines abordent des sujets sociaux et politiques et construisent directement leur audience. Une évolution qui appelle toutefois à une meilleure maîtrise des outils numériques et des nouveaux modes de production et de diffusion de l’information.

Au terme des échanges, les intervenantes ont appelé les femmes des médias à ne pas seulement revendiquer leur place, mais à se préparer à l’occuper pleinement. « Aux femmes, je dis : osez plus, formez-vous plus et affirmez-vous plus », a résumé Emilia Gankama.

Entre progrès réalisés et défis persistants, le panel a ainsi mis en avant plusieurs leviers de progression, à savoir la compétence, la formation continue, la solidarité et l’accès aux espaces de décision. L’objectif, ont rappelé les participantes, n’est pas d’opposer les femmes aux hommes, mais de favoriser une meilleure complémentarité des compétences au sein du secteur médiatique.

Gloria Imelda Lossele

Légendes et crédits photo : 

1– Les panélistes en plein échange / Adiac 2- Les panélistes posant après leurs interventions / Adiac

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