Sicom 2026 : un bilan et des engagements pour l’avenir

Lundi 21 Septembre 2026 - 17:53

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La première édition du Salon de l’information, de la communication et des médias (Sicom) a officiellement clos ses activités, le 19 septembre, au Centre international de conférence de Kintélé.  Après trois jours d’échanges, de partage d’expérience et de réflexion sur le thème « Témoigner, produire, former, innover : de la presse écrite à l’audiovisuel à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle », les professionnels de l’audiovisuel, de la presse écrite, de la communication publique et des contenus numériques ont pris, à l’issue de cette grand- messe médiatique, des engagements destinés à refonder le cadre juridique, économique et professionnel des médias congolais.

Les participants ont ainsi adopté vingt-trois résolutions structurées autour de cinq axes majeurs. Le premier concerne le Cadre légal où les professionnels de l’information et de la communication ont recommandé des reformes sur le triptyque législatif fondateur du secteur, à savoir les lois relatives à la liberté de l’information et de la communication; sur l’accès des partis et associations politiques à l’audiovisuel public; et la loi organique portant création du Conseil supérieur de la liberté de communication. Cette modernisation vise à adapter le cadre juridique à l’essor de l’audiovisuel numérique, au développement des plateformes en ligne et à la présence incontournable de l’intelligence artificielle. Ils ont également appelé à une réflexion sur l’évolution du statut des médias publics et sur la transformation de leur modèle économique.

S’agissant de l’audiovisuel, les résolutions préconisent l’accélération de la publication des textes d’application encadrant la création et l’exploitation des chaînes de télévision privées, afin de sécuriser juridiquement les opérateurs et de prévenir les interruptions de diffusion. Elles recommandent également le soutien à la viabilité économique des chaînes privées, la mise en place d’un fonds national de soutien à la création audiovisuelle ouvert aux jeunes talents, la promotion de la coproduction avec les pays voisins de la sous-région et la protection des droits d’auteur.

Pour ce qui est de la presse écrite, les participants ont insisté sur l’équipement et la modernisation de l’Imprimerie nationale, le soutien à la transition numérique des organes de presse, le renforcement de la formation des journalistes à l’éthique, à la déontologie et aux outils numériques, ainsi que l’amélioration des conditions sociales et de la protection des journalistes à travers l’attribution des cartes d’identité professionnelle.

Dans le domaine de la communication publicitaire, des plateformes numériques et de la fiscalité, les résolutions adoptées prévoient la structuration du secteur par un cadre réglementaire clair, la mise en place d’un cadre national de monétisation des contenus numériques, l’instauration d’une fiscalité adaptée à l’économie numérique des contenus, ainsi que la priorisation des agences et régies publicitaires locales pour le déploiement des campagnes sur le territoire national.

Enfin, sur le plan transversal, les participants ont décidé d’instituer le Sicom comme un rendez-vous annuel des professionnels de l’information et de la communication, de créer un observatoire national des médias et du numérique, de renforcer la synergie entre le CSLC, les pouvoirs publics et les organisations professionnelles, et d’adresser aux plus hautes autorités de la République un rapport de synthèse assorti de recommandations de mise en œuvre.

Ces résolutions, qui entendent adapter le secteur de l’information et de la communication aux mutations profondes du numérique et de l’intelligence artificielle, traduisent les préoccupations exprimées par le commissaire général du Sicom et le directeur de cabinet du ministre de la Communication, qui ont tous deux plaidé pour une transformation urgente et collective du paysage médiatique national.

Le commissaire général, Gyldas Mayela, a insisté sur la nécessité de faire vivre un espace permanent de réflexion et de formation, rappelant que le Sicom n’appartient ni à une personne, ni à une structure, ni à une corporation particulière, mais à tous ceux qui prennent la responsabilité de faire évoluer les médias au Congo. Il a souligné que la loi n°8-2001 du 12 novembre 2001 sur la liberté de l’information et de la communication, bien que constituant un cadre majeur, soit repensée vingt-cinq ans après son adoption alors que le paysage médiatique a profondément changé.

Le directeur de cabinet du ministre de la Communication, Jean Christ Obambi, a, pour sa part, rappelé que ce salon est une opportunité qui impose dorénavant de nouvelle responsabilité. Car si les outils changent, les fondamentaux du métier demeurent. « L’intelligence artificielle doit compléter le journalisme, jamais le remplacer sans discerner », a-t-il déclaré, indiquant que le temps est désormais venu de passer de la réflexion en action,  notamment sur les faits juridiques, sur la formation, sur la professionnalisation, sur les nouveaux métiers, l’innovation technologique et sur des modèles économiques qui permettront aux médias de mieux résister aux mutations de l’internet.

Des certificats ont été remis aux participants ayant suivi les ateliers et masterclasses durant les trois jours du salon, consacrant ainsi la dimension pédagogique du Sicom. Il convient de rappeler aussi que le Prix spécial de la liberté de la presse a été décerné, à l’occasion de cette première édition au chef de l’État, en reconnaissance de sa politique menée en faveur de la liberté de la presse et du soutien de l'État à travers le Fonds d'appui à la presse.

Au terme de la rencontre, le commissaire général a annoncé faire du Sicom une grand-messe annuelle pour les professionnels du secteur. Le rendez-vous est déjà pris pour l’année prochaine avec le même but :  réfléchir, transmettre, expérimenter et créer des opportunités pour les futures générations.

Jean Pascal Mongo-Slyhm

Légendes et crédits photo : 

1- La photo officielle lors de la remise des certificats aux participants des ateliers/DR 2- Le commissaire général Gyldas Mayela/DR

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