Congo-Chine : la société civile appelle à plus de transparence sur la dette

Samedi 26 Septembre 2026 - 17:45

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La Plateforme dette et développement (PF2D) a présenté, le 24 septembre; à Brazzaville les résultats de l’étude citoyenne sur la dette du Congo envers la Chine sur la période 2016-2025. Réalisée par le cabinet Atos Consulting, cette étude souligne les enjeux liés à la connaissance et au suivi de cette dette et appelle les organisations de la société civile (OSC) et les médias à renforcer leur implication dans le contrôle citoyen de l’endettement public.

 

Initié par la PF2D, l’atelier de restitution des résultats de l’étude sur la dette chinoise a réuni des représentants des OSC et des médias autour des questions de transparence, d’accès aux données et de suivi de la dette publique. Cette étude entend apporter des éléments de compréhension sur l’évolution de la dette envers la Chine (institutions étatiques, banques, entreprises), ses différentes composantes et les mécanismes qui l’entourent.

D’après les données présentées, la dette publique du Congo représentait 97,3 % en 2025, tandis que la Chine représentait 66,21 % de la dette bilatérale extérieure au cours de la même année.  A la suite de la restructuration de 2019, 33 % du volume de la dette auraient été remboursés en trois ans, contre 67 % rééchelonnés. Auteur de l’étude, Serge Alain Ntsakala a insisté sur la nécessité d’une lecture prudente des données disponibles. Selon lui, les chiffres relatifs à la dette envers la Chine ne constituent pas nécessairement une série statistique homogène. Les périmètres, les dates d’arrêté et les catégories de créanciers peuvent varier selon les sources. Une situation qui impose, avant toute comparaison, de préciser « qui est le créancier, quelle créance, quelle date et quel périmètre statistique ».

L’étude distingue notamment la dette bilatérale officielle, les créances envers les autorités ou institutions publiques chinoises, les créanciers commerciaux chinois, les créances de sociétés ou partenaires commerciaux chinois ainsi que les financements accordés par des banques publiques chinoises, notamment l’Exim Bank de Chine. Elle prend également en compte les financements liés aux projets et certains montages associant prêts, contrats commerciaux, garanties ou comptes séquestres.

Selon le consultant indépendant, l’analyse de la dette chinoise doit toutefois être élargie à d’autres composantes de l’endettement public, notamment la dette intérieure, les arriérés, les obligations, les garanties, le refinancement et les recettes publiques. « La dette publique ne constitue pas en elle-même un obstacle au développement. Elle peut contribuer au financement du développement économique et social lorsqu’elle est mobilisée de manière appropriée », a estimé le coordonnateur de la PF2D, Samuel Nsikabaka.

Il a également souligné la spécificité de l’endettement du Congo envers la Chine, qu’il a replacé dans le cadre de l’histoire des relations de coopération entre les deux pays. Cette dette repose notamment sur l’accord-cadre sur l’arrangement spécial de la coopération économique et commerciale entre la République du Congo et la République populaire de Chine, signé en 2006 et ratifié par le Parlement congolais. Cet accord prévoit des mécanismes de compensation associant notamment le financement d’infrastructures et les ressources naturelles.

Une configuration qui, selon Samuel Nsikabaka, soulève des interrogations sur les modalités d’évaluation des ressources mobilisées en contrepartie des infrastructures réalisées. « Quel est le niveau de transparence dans la pratique ? Comment mesure-t-on la quantité de ressources naturelles en compensation des infrastructures ? », s’est-il interrogé.

Fiacre Kombo

Légendes et crédits photo : 

Les échanges entre représentants des OSC et médias/Adiac

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