Rencontre littéraire : Pensée Sem Essé-Nsi décortique son ouvrage «U Tam’si, parangon d’une littérature désinvolte»

Lundi 28 Septembre 2026 - 16:45

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Publié aux éditions "Les lettres mouchetées", ce livre de 118 pages a fait l’objet d’une rencontre littéraire à l’Institut français du Congo de Brazzaville. La rencontre a eu lieu en présence de la ministre des Affaires sociales et de l’Action humanitaire, Marie-France Hélène Lydie Pongault. 

Reparti en douze chapitres, le livre «U Tam’si, parangon d’une littérature désinvolte» de Pensée Sem Essé-Nsi a été préfacé par Boniface Mongo-Mboussa, critique littéraire. Dans cet ouvrage qui a servi de rencontre littéraire, l’auteur emmène les lecteurs à découvrir plus que le chant du poète. Il les conduit dans un monde où conte, nouvelle, anthologie, roman théâtre, slament avec force le «comment vivre ?» de l’homme, de l’écrivain, du combattant de la liberté face à son chant d’angoisses, de passions, de tourments, de souffrances, d’enfance pillée par cette jambe perdue, cette mère biologique, absente à la mort de son héros Patrice Lumumba et ce Congo qui toujours habite en lui. «U Tam’si, parangon d’une littérature désinvolte» est finalement une exploration que s’approprie l’écrivain Pensée Sem Essé-Nsi pour un partage d’émotions et d’espérance au cœur de l’homme sur la terre. Et l’écrivaine Marie Léontine Tsibinda Bilombo à propos, de penser fort bien comme Henri Lopes qui dit que «Le meilleur hommage qu’on puisse rendre à Tchicaya U Tam’si est de le relire. De le faire rire aussi. Notamment aux plus jeunes qui ne l’ont pas connu, en leur fournissant quelques clés pour pour pénétrer chez lui.»

Au cours de cette rencontre littéraire, Pensée Sem Essé-Nsi a signifié que c’est une suite, on dirait même une sorte de réincarnation pour ceux qui peuvent croire à cela, mais c’est aussi parce qu’il y a une complicité entre Tchicaya U Tam’si et lui.

L’auteur de «U Tam’si, parangon d’une littérature désinvolte» a fait savoir qu’il a consacré cinq années en étudiant minutieusement ce que Tchicaya U Tam’si a écrit, dans sa poésie, dans son roman et dans son théâtre, et même les nouvelles ainsi que les légendes qu’il a produite. A côté de la pensée, dit-il, il y a l’œuvre.  Il a présenté dans ce livre, notamment d’un côté sa pensée, donc sa production littéraire, et de l’autre, sa personne, sinon son œuvre en tant qu'homme, en tant que personne, en tant que fils. « En lisant Tchicaya U Tam’si, j’avais l’impression de me lire. Quand j’ai publié mon premier livre et que j’ai découvert Tchicaya U Tam’si, j’avais l’impression que lui et moi formions une seule personne dans notre façon de procéder dans l’écriture. C’est cette filiation littéraire qui m'a donc poussé à la production de ce livre. L’œuvre de Tchicaya U Tam’si est immense... U’Tam’si est le modèle de la désinvolture, le modèle de la rébellion », a souligné le poète dramaturge, Pensée Sem Essé-Nsi.

Tchicaya U Tam’si sevré de sa mère à bas âge pour se revoir 50 ans après

Pensée Sem Essé-Nsi a expliqué que Tchicaya était sevré de sa mère, lorsque son père avait pris Cécile Koko, une jeune dame, qu’il devait marier, il l’avait pris auprès de sa mère et ils étaient partis avec son père en France. Tchicaya ne reverra sa mère que 50 ans après. C’est d’ailleurs pour ça que lors d’une interview, il dira : « On ne parlera pas d’une mère qu’on a vue après 50 ans.» Parce qu’il avait du mal à parler d’une mère avec laquelle il n’a pas vraiment vécu, ils n’ont pas eu ce lien-là maternel qu’un enfant pourrait avoir auprès de sa mère. Ensuite, il sera séparé de son père parce que ce dernier l’enverra à l’école Orléans alors que lui son père était resté à Paris. Tchicaya passera des moments de trouble dans sa vie. Il est sevré de sa mère, il est séparé de son père. Après, il se rendra à Kinshasa pour travailler auprès d’Emery Patrice Lumumba. Ils ne vivront que trois mois, parce que Lumumba a été tué.  Et Tchicaya était retourné en France, où il a travaillé auprès de l’Unesco. C’est justement cette image christique que Tchicaya U Tam’si présente dans son ouvrage. Donc, c’est ce passage d’un mal à un autre, d’un traumatisme à un autre, qui a fait à ce qu’il y ait ce lien, cette filiation littéraire entre Tchicaya U Tam’si et lui Pensée Sem Essé-Nsi.

Pour sa part, la ministre Marie-France Hélène Lydie Pongault a félicité le jeune écrivain, poète et dramaturge pour son engagement dans la littérature ainsi que le modérateur de cette rencontre littéraire, Eméraude Nkouka. «J’ai commencé à lire vos premiers ouvrages et je continue à les lire. Pour moi, vous êtes une fierté. Je pense aussi, pour la nation. Parce qu’aujourd'hui, vous contribuez au niveau de la littérature, de votre engagement, dans le patrimoine culturel. Je tenais à le dire et c'est avec beaucoup d'émotion parce que je vous ai suivi depuis vos débuts jusqu’à maintenant. Je vous demande de continuer et d’être un exemple pour les autres parce que la génération d’aujourd'hui, la vôtre, en a besoin», a fait savoir la ministre.

Natif de Brazzaville, Pensée Sem Essé-Nsi est un poète et dramaturge dont l’œuvre, portée par une écriture lyrique et méditative, explore les tensions entre mémoire, identité et transcendance. Membre du PEN Centre Congo-Brazzaville, il incarne une parole engagée où la poésie devient acte de pensée.

Bruno Zéphirin Okokana

Légendes et crédits photo : 

1)- Pensée Sem Essé-Nsi et le modérateur de la rencontre littéraire Eméraude Nkouka / Adiac 2)- Pensée Sem Essé-Nsi dédicaçant le livre pour pour ceux qui s'en est procuré/ Adiac 3)- La couverture du livre de Pensée Sem Essé-Nsi/ DR

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