Sécurité sociale : la CNSS doit prendre les taureaux par les cornes

Vendredi 25 Septembre 2026 - 16:48

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Selon une étude actuarielle réalisée par le cabinet FINACTU, présentée le 24 septembre à Brazzaville, la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), bien que stable à ce jour, connaitra une situation difficile dans les années à venir, si jamais des réformées paramétriques et audacieuses ne sont anticipées. 

Les résultats de l’enquête actuarielle de la CNSS ont été présentés devant la ministre de la Sécurité sociale, de la Prévoyance sociale et de la Ssolidarité, Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, du directeur général de ladite caisse et de nombreux partenaires.

Cette enquête révèle que la CNSS se porte à merveille, grâce au bon management du directoire. Sa bonne santé, selon l’étude, est redevable à la gestion optimale des cotisations sociales et des prestations globales, mieux que d’autres caisses sociales dans la sous-région.

Mais, malgré sa bonne tenue actuelle, l’étude actuarielle souligne que la CNSS va connaitre problèmes majeurs et de grande ampleur à l’avenir, si jamais le gouvernement ne prend des mesures nécessaires pour anticiper un éventuel chamboulement. La crise annoncée, martèle l’étude, sera la conséquence du régime choisis par CNSS, basé à 95% sur les retraites, jugé moins efficace par rapport à la capacité économique du pays et à ses évolutions démographiques.

« Il est nécessaire que la CNSS prépare déjà ces évolutions, en engageant des réformes audacieuses. Si jamais ces réformes ne sont menées, la caisse irait directement dans le mur, parce que la dynamique démographique l’entrainerait dans des déficits de plus en plus lourds. Ce qui le conduirait inévitablement dans des retards de prestation. Le scénario sera catastrophique, mais nous avons proposé des pistes de solution à travers cette réforme très facile à faire et qui aura des effets prodigieux », a souligné Denis Chemillier-Gendreau, président du cabinet FINACTU.

Des pistes de solutions

Au-delà d’éventuels remous annoncés, le cabinet FINACTU a proposé quelques pistes de solutions dans le but d’éviter l’effondrement de de la CNSS dans les années à venir. Il recommande notamment la mise inconditionnelle de la réforme paramétrique proposée ; d’ajuster les taux de cotisation mis en place depuis 1960, à l’évolution actuelle. Ces paramètres n’étant plus conformes à l’environnement économique, social et démographique du pays.

L’étude suggère aussi au gouvernement de créer un régime complémentaire par capitalisation, avec une extension de la prévoyance sociale à l’ensemble des congolais encore non couverts. Aussi, la CNSS doit se donner d’un système de communication moderne conforme à ses ambitions sociales.

S’exprimant à cet effet, le directeur général de la CNSS, Evariste Ondongo, a rappelé les défis auxquels que la structure doit relever pour améliorer ses prestations sociales. Ils portent, a-t-il indiqué, entre autres, sur le rallongement de l’expérience de vie, l’augmentation du nombre de pensionnés par rapport au nombre de cotisants, l’évolution de notre environnement économique.

Pour sa part, la ministre Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas a salué les résultats de cette étude, qui selon elle, aideront les pouvoirs publics à prendre des décisions idoines. « Les résultats de cette étude actuarielle est un véritable outil d’aide à la décision qui permet d’une part, de se rendre compte du potentiel des équilibres financiers et d’autre part, ces résultats peuvent servir de garanti dans le scénario de correction proposé par le cabinet, composée d’une réforme kilométrique. Au-delà de la réforme, il faut une modernisation profonde de la caisse à travers, entre autres, la digitalisation de ses services », a conclu Olga Ghislaine Ebouka-Babackas.

 

Firmin Oyé

Légendes et crédits photo : 

Une vue partielle de la ministre, du DG de la CNSS et ses collaborateurs lors de la restitution de l'étude/Adiac

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