Tradition : Lemba appelle les Africains à renouer avec leurs racinesLundi 28 Septembre 2026 - 16:05 L’Ordre initiatique Lemba (OIL) a organisé, le 26 septembre, à Brazzaville une conférence consacrée à la révolution spirituelle africaine et à ses implications globales. L’objectif était de démontrer que les traditions spirituelles africaines n’ont rien à envier aux autres du point de vue de l’originalité et de la richesse.
Pour le chef spirituel de ce mouvement aussi appelé « Mfumu », l’Afrique, en tant que civilisation aînée de l’humanité, doit renouer avec ses bases spirituelles et ses sources traditionnelles ancestrales pour gagner en force et se repositionner sur la scène globale. Il a défini la « révolution spirituelle africaine » comme une reconnexion avec les fondements métaphysiques de la civilisation africaine. Reconnaissant que les populations ignorent encore largement leurs traditions, il a toutefois salué l’engouement et la soif de reconnexion manifestés, tout en mesurant l’ampleur de la tâche à venir. Il a appelé à une mobilisation des énergies humaines et matérielles pour revitaliser, réorganiser et rendre transmissibles ces traditions. Reconnu par ses adeptes comme l’une des quatre grandes écoles de l’ancien Empire Kongo avec Kimpassi, Kikimba et Bouelo. Des institutions qui étaient de véritables universités des temps anciens, formant les élites tant aux mystères de la tradition primordiale qu’à des professions déterminées. Le terme « Lemba » tire son origine des termes Lembama, Lembikissa, Lembissa, signifiant « apaiser ». La tradition structurait ainsi la vie de l’empire selon trois axes : spirituel, politique et économique. « Les colons ont identifié ces écoles comme des structures à abattre et l’interdiction définitive de fermer ces écoles sont intervenues en 1930 au Moyen Congo, obligeant la confrérie à la clandestinité », a indiqué Kusadila Dia Assiga, membre de l’OIL, rappelant que malgré cela, le savoir Lemba ne s’est jamais perdu. « Lemba est de retour. Il est dépoussiéré et renouvelé pour relever les défis du XXIe siècle, mais toujours égal à lui-même dans le fonds de son héritage spirituel multimillénaire », a-t-il conclu. Mbemba Mpodo, instructeur au sein de la confrérie Lemba a, de son côté, rappelé selon la tradition Lemba, les trois devoirs fondamentaux de l’humanité qu’il faudrait maîtriser, à savoir : la Complétude, la Bienveillance et le Respect des Ancêtres. « Un pratiquant Lemba veille au bien-être de toute la création », a-t-il souligné. L’instructeur a également expliqué qu’il faut travailler pour sa spiritualité tout en travaillant pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. L’apprentissage, a-t-il précisé, ne se limite pas à la théorie. Il s’accompagne de pratiques concrètes : le Djena, retraite de trois jours de jeûne et de prière invitant au recueillement et à la discipline ; le Ntemo, période annuelle de 25 jours, du 2 au 25 juillet, consacrée au travail de l’esprit et à la commémoration des ancêtres ; et le Kimoko, espace d’échange inspiré de l’arbre à palabres africain, où adeptes et sympathisants peuvent poser des questions et partager leurs réflexions. L’Ordre initiatique Lemba se définit comme une tradition africaine qui porte un ensemble d’enseignements, de pratiques et de principes destinés à accompagner l’être humain dans son cheminement vers la complétude, l’équilibre et la connaissance de soi. À travers cette conférence, OIL invite l’être humain à travailler sur lui-même, à développer sa conscience, à cultiver la bienveillance et à préserver le lien avec les Ancêtres. Jean Pascal Mongo-Slyhm Légendes et crédits photo :Le chef spirituel de l’ordre initiatique Lemba/Adiac
Les participants à la conférence/Adiac Notification:Non |


La rencontre avait pour ambition de répondre au constat sur l’aliénation qui touche les populations africaines, caractérisée par une perte progressive de repères, de confiance en soi et de valeurs. Il s’agissait de réfléchir aux stratégies à mettre en place pour revitaliser les traditions, les réorganiser et les rendre transmissibles aux générations futures. La conférence visait également à persuader les pouvoirs publics et toutes les classes sociales de l’importance de ce mouvement, qualifié de « mouvement de survie » pour le continent.









