Afrique centrale : un nouveau cadre pour renforcer l’intégration énergétique

Mercredi 30 Septembre 2026 - 23:26

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La Commission de la Cémac, l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO) et l’Association des experts de l’énergie d’Afrique centrale (CABEF) ont signé, le 29 septembre à Brazzaville, deux protocoles d’accord visant à favoriser le développement d’un marché énergétique intégré en Afrique centrale. Ce nouveau cadre doit permettre de poursuivre les études de faisabilité et de définir les conditions de financement et de mise en œuvre du projet Central Africa Pipeline System (CAPS).

Le premier protocole, signé par le président de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale(Cémac), Baltasar Engonga Edjo'o, le secrétaire général de l’APPO, Farid Ghezali, et la présidente du CABEF, Nathalie Lum, vient réviser le cadre de coopération établi en juin 2025. Conclu pour trois ans, il intervient après l’adoption du CAPS comme projet intégrateur de la Communauté. Le second accord, également conclu pour trois ans, lie l’APPO et le CABEF. Il vise à encadrer leur collaboration pour la réalisation des études de préfaisabilité et de faisabilité nécessaires à la mise en œuvre du projet.

À terme, le CAPS ambitionne de mettre en place un réseau régional associant notamment gazoducs, oléoducs, stations de pompage, terminaux de gaz naturel liquéfié, centrales électriques, raffineries et capacités de stockage. L’objectif affiché est de mieux connecter les ressources énergétiques, les infrastructures et les marchés de la sous-région.

Pour Farid Ghezali, la signature de ces accords marque le passage d’une vision à une phase davantage opérationnelle. Le secrétaire général de l’APPO présente le CAPS comme un projet d’intégration énergétique et d’industrialisation destiné à connecter les ressources aux marchés et aux populations. Le projet devrait contribuer, selon l’APPO, à améliorer la sécurité énergétique, faciliter l’accès au gaz et aux produits énergétiques, soutenir la production d’électricité, alimenter les industries et favoriser le commerce régional. La prochaine étape consiste désormais à consolider les bases techniques et financières du projet.  Les accords prévoient notamment l’approfondissement des études, la finalisation de la conception du CAPS, la recherche de financements, la promotion du projet auprès des investisseurs et le renforcement de la coordination entre les parties.

Le président de la Commission de la Cémac, Baltasar Engonga Edjo'o, a souligné l’importance de l’intégration énergétique pour le développement industriel et la croissance de la sous-région. Pour le chef de l’exécutif de la Cémac, le CAPS constitue un réseau intégré d’oléoducs et de gazoducs destiné à faciliter le transport, la transformation et la distribution de l’énergie entre les États membres. « Le rôle de la Commission de la Cémac n'est pas de se substituer aux souverainetés nationales, mais d'agir comme le moteur de coordination et d'intégration sous-régionale à travers la harmonisation des cadres réglementaires », a souligné Baltasar Engonga Edjo'o.

Des investisseurs sollicités

Du côté du CABEF, Nathalie Lum a insisté sur la nécessité de passer rapidement des études à la réalisation. Elle a appelé le secteur privé à s’approprier le projet et rappelé l’objectif fixé à trois ans pour cette nouvelle phase. Pour la présidente de l’organisation, l’enjeu est notamment de permettre à l’Afrique centrale de disposer des infrastructures énergétiques nécessaires à son industrialisation. « Nous devons donner la priorité et la valorisation de nos matières premières au bénéfice de notre sous-région. Fort de l'engagement de nos dirigeants qui ont fait preuve ici aujourd'hui, j'appelle le secteur privé de s'approprier pleinement de ce projet aujourd'hui », a lancé Nathalie Lum.  

Représentant le gouvernement congolais, le ministre des Hydrocarbures, Stev Simplice Onanga, a réaffirmé le soutien de la République du Congo à la feuille de route du CAPS. Il a souligné que les deux protocoles doivent contribuer à réduire la pauvreté énergétique, soutenir l’industrialisation et renforcer la sécurité des approvisionnements. Il a également indiqué que le projet doit permettre de mieux relier les ressources énergétiques aux centrales électriques, aux industries et aux populations. La mise en place d’un comité de pilotage stratégique, d’un sous-comité chargé de la mobilisation des financements et d’un comité technique mixte constitue désormais l’un des dispositifs retenus pour accompagner la suite du projet.

 

Fiacre Kombo

Légendes et crédits photo : 

- Les parties prenantes réitérant leurs engagements/Adiac - Les acteurs régionaux lors de la cérémonie de signature/Adiac

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