Vie des partis : le PCT préoccupé par la situation socioéconomique du pays

Lundi 5 Octobre 2026 - 15:59

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La 3e réunion ordinaire du bureau politique du Parti congolais du travail (PCT), tenue les 3 et 4 octobre à Brazzaville, a été marquée, entre autres, par l’interpellation du gouvernement sur la situation socioéconomique du pays et l’évolution du dossier frontalier entre la République du Congo et la République démocratique du Congo (RDC).

Le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, a, dans sa communication devant les membres du bureau politique du PCT, évoqué la crise persistante du carburant, le niveau de la dette publique et la possibilité de conclure un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI), ainsi que la rentrée scolaire 2026-2027. Le chef du gouvernement a, en effet, rappelé que les perturbations récurrentes de l’approvisionnement en produits pétroliers ne sont pas simplement liées à des circonstances passagères. Elles résulteraient également des fragilités structurelles, au nombre desquelles figure l’insuffisance de la production de la Coraf qui est en arrêt technique depuis le 8 septembre. La reprise des activités étant annoncée pour le 8 octobre.

L’autre argument avancé par Anatole Collinet Makosso est la diminution du nombre de lots de pétrole brut mis à la disposition de la raffinerie, qui seraient passés de quatre avant 2025 à trois actuellement. Il y a aussi les capacités financières limitées de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), qui compliquent les importations nécessaires pour couvrir la demande nationale. Selon le chef de l’exécutif, le grand problème demeure le coût réel des importations. Vendu actuellement à 775 FCFA à la pompe, le prix de revient du carburant (super) pourrait atteindre 2 000 FCFA, compte tenu des surcoûts liés aux importations.

Une situation qui met, d’après Anatole Collinet Makosso, sous pression le mécanisme de stabilisation des prix et fragilise la reconstitution automatique des stocks. Devant cette évidence, le gouvernement a décidé de prendre en charge une partie des surcoûts et d’accorder des allégements fiscaux et douaniers aux importateurs, notamment à la SNPC et aux marketeurs. Des mesures ayant contribué à l’amélioration de la situation du supercarburant, même si la pénurie en gasoil reste particulièrement préoccupante, avec des files d’attente dans les stations-service. Face à l’urgence, l’exécutif étudie quelques pistes afin d’apporter des réponses structurelles. Il s’agit, entre autres, de la vérité des prix avec un régime de fluctuation, le financement effectif du Fonds de stabilisation des prix des produits pétroliers, la révision de la structure des prix sans hausse immédiate à la pompe, la libéralisation de la commercialisation pour certaines entreprises. Il envisage également la mise en place d’un régime spécifique pour certains industriels et le rétablissement du nombre de lots de pétrole brut attribués à la Coraf. Ainsi, toutes ces options seront examinées par le comité interministériel placé sous l’autorité du chef du gouvernement et coordonné par le vice-Premier ministre Jean-Jacques Bouya.

Redoubler d'efforts pour apporter des réponses appropriées

S’agissant de la dette publique, le Premier ministre a invité les cadres du PCT à se préparer à l’éventualité d’un nouveau programme avec le FMI. Dénonçant ce qu’il qualifie de « mauvaise propagande » autour de la situation financière du pays, Anatole Collinet Makosso a rappelé que le ratio dette/PIB, qui se situait à 90,8 % à fin 2025 et autour de 92 % au premier trimestre 2026, aurait été ramené à 88,83 % à fin juin 2026. Ce ratio pourrait atteindre 86,4 % à fin décembre 2026, même si des difficultés demeurent encore.

D’après des données présentées, la dette intérieure représente une part importante du stock, tandis que le service de la dette absorbe une portion considérable des ressources publiques et réduit les marges disponibles pour les investissements. Pour le Premier ministre, un éventuel accord avec le FMI pourrait permettre au Congo de restaurer sa crédibilité auprès des partenaires internationaux, de faciliter l’accès aux financements concessionnels et d’encadrer davantage l’assainissement des finances publiques. Il pourrait accompagner les réformes liées à l’élargissement de l’assiette fiscale, à la maîtrise des dépenses publiques, à la gestion des entreprises publiques et à la rationalisation de la dette.

Le vice-Premier ministre, chargé de la Coordination des infrastructures de développement et de l’Aménagement du territoire, Jean-Jacques Bouya, a, quant à lui, présenté les conclusions des échanges intervenus au plus haut niveau entre les autorités de la République du Congo et de la RDC. Il a rassuré les membres du bureau politique que la partie congolaise a obtenu des clarifications, la reconnaissance des faits par la RDC, ainsi que des engagements concernant les regrets, les excuses et l’indemnisation des victimes. La commission d’enquête devrait reprendre ses travaux, afin de préciser les responsabilités et les circonstances des événements. Les deux pays devraient relancer les discussions sur les patrouilles mixtes, le fonctionnement des commissions mixtes et la gestion de la frontière commune. Jean-Jacques Bouya a insisté sur la nécessité de faire respecter les principes hérités du cadre continental de règlement des frontières africaines, question d’éviter à tout prix une répétition de tels incidents.

« La situation socioéconomique et sécuritaire nationale, que nous avons analysée, au cours de cette réunion, nous interpelle fortement et nous oblige à nous mobiliser derrière le président de la République et le gouvernement, pour la recherche des solutions idoines et durables. Pour cela, il importe de diligenter l'entrée en scène des Commissions permanentes du bureau politique dont la vocation est justement d'aider le parti à apporter son appui à l'action publique », a déclaré le secrétaire général du PCT, Pierre Moussa, encourageant le gouvernement à redoubler d'efforts pour des réponses appropriées aux légitimes attentes des populations.

 

 

Parfait Wilfried Douniama

Légendes et crédits photo : 

1-Les membres du secrétariat permanent du PCT 2-Le Premier ministre et le vice-Premier ministre scandant la devise du PCT/ DR

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