Francophonie : Djibouti ouvre un nouveau front pour les affaires africaines

Mardi 6 Octobre 2026 - 15:09

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Du 6 au 8 octobre, la Mission économique de la Francophonie veut transformer les réseaux francophones en contrats et en investissements. Pour les entreprises d’Afrique centrale, de la Cémac à la RDC, l’enjeu est aussi de mieux se connecter aux marchés de la mer Rouge et de l’Afrique de l’Est.

L’espace francophone ne constitue plus seulement une communauté linguistique et culturelle. Il devient progressivement un réseau économique à structurer, capable de mettre en relation des marchés, des capitaux, des compétences et des chaînes de valeur dispersés sur plusieurs régions du continent. C’est tout l’enjeu de la Mission économique de la Francophonie qui se tient du 6 au 8 octobre 2026 à Djibouti. Entreprises, investisseurs et acteurs institutionnels doivent y rechercher des partenaires, développer leurs réseaux et identifier de nouvelles opportunités d’affaires. Le choix de Djibouti donne à cette rencontre une dimension géoéconomique particulière. À la jonction de l’Afrique de l’Est, de la mer Rouge et des grandes routes commerciales vers le Moyen-Orient et l’Asie, le pays constitue un point d’observation privilégié sur la recomposition des échanges africains. Mais l’enjeu ne concerne pas uniquement l’Afrique orientale. Pour l’Afrique centrale, la question est celle de la connexion. Les économies de la Cémac, de la République démocratique du Congo et plus largement de la CEEAC disposent de ressources, de marchés et de besoins considérables, mais restent confrontées à des infrastructures régionales insuffisamment intégrées et à des coûts logistiques élevés.

La Francophonie peut-elle contribuer à réduire cette fragmentation ?

C’est l’un des enjeux stratégiques de ces rencontres. Les entreprises camerounaises, congolaises, gabonaises, tchadiennes ou centrafricaines peuvent trouver dans les réseaux francophones des relais pour accéder à de nouveaux marchés, identifier des investisseurs, rechercher des technologies ou développer des partenariats avec des opérateurs d’Afrique de l’Est. L’intérêt est également de sortir d'une logique où chaque économie négocie séparément avec ses partenaires extérieurs. La Francophonie économique peut devenir un espace de mise en réseau des complémentarités africaines : ressources et énergie en Afrique centrale, capacités logistiques à Djibouti, marchés de l’Est africain, capitaux internationaux et expertise technologique. Cette perspective donne à la Mission économique une portée qui dépasse les traditionnels rendez-vous de réseautage. Dans un continent où les corridors commerciaux deviennent des instruments de puissance, la maîtrise des connexions entre marchés compte désormais autant que la possession des ressources.

Pour les opérateurs d’Afrique centrale, l’enjeu est donc de ne pas regarder Djibouti comme un marché lointain, mais comme un possible nœud d’interconnexion entre le Bassin du Congo, la Corne de l’Afrique et les marchés de l’océan Indien. La bataille est désormais celle des réseaux, des corridors et des chaînes de valeur. À Djibouti, la Francophonie économique teste sa capacité à passer du partage d’une langue à la construction d’un véritable espace d’affaires africain. Pour l’Afrique centrale, l’opportunité est claire : sortir de son enclavement relatif et se connecter davantage aux nouvelles routes commerciales du continent.

Noël Ndong

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