ZES : le Congo et l’Italie échangent sur leurs modèles de développementMardi 6 Octobre 2026 - 18:00 Un séminaire consacré aux zones économiques spéciales (ZES), ouvert le 6 octobre à Brazzaville, met un accent sur les expériences italienne et congolaise. Réunissant les représentants des institutions, du secteur privé et du monde des entreprises italiens et congolais, cette rencontre vise à faire émerger de nouvelles pistes de coopération industrielle et d’investissement entre les deux pays.
À l’ouverture des travaux, le directeur de l’ICE Luanda/Brazzaville, Dott Andrea Ferrari, a expliqué que la session entend établir « un regard croisé sur les ZES italiennes et congolaises ». Les échanges doivent notamment permettre aux deux parties de cerner leurs systèmes respectifs et d’envisager « une action commune de collaboration ». Cette démarche s’inscrit, a indiqué Dott Andrea Ferrari, dans une dynamique plus large d’accompagnement du développement économique congolais par l’Italie. Ces dernières années, l’ICE a soutenu la formation d’entreprises agricoles congolaises, organisé des missions d’entreprises en Italie et contribué au Business Forum Italie-Congo. D’autres initiatives sont annoncées, notamment une mission de start-up congolaises à Rome et la participation d’une délégation congolaise à la 47e foire agricole EIMA, une exposition internationale des machines pour l'agriculture et le jardinage, qui se tiendra du 10 au 14 novembre prochain à Bologne. Pour l’ambassadeur d’Italie au Congo, Enrico Nunziata, les ZES doivent être envisagées comme un instrument au service d’une coopération économique plus ambitieuse. Les deux pays collaborent déjà dans plusieurs domaines, notamment l’énergie, les infrastructures, l’eau, le bois, l’agriculture et l’agro-industrie ainsi que la santé, avec une place importante accordée aux initiatives du Plan Mattei pour l’Afrique. Dans le secteur énergétique, a-t-il souligné, la coopération avec l’Italie s’appuie notamment sur les investissements d’Eni dans les infrastructures de liquéfaction du gaz. Dans le domaine de l’eau, un projet soutenu dans le cadre du Plan Mattei porte sur la réhabilitation et l’extension du réseau d’eau de Brazzaville. L’agriculture et l’agro-industrie constituent également des axes de coopération, tandis que le secteur électrique bénéficie de projets visant à renforcer les infrastructures de transport et de distribution. Les ZES comme écosystèmes productifs Enrico Nunziata souhaite que la coopération italo-congolaise puisse évoluer vers davantage d’investissements et de partenariats industriels. « L’enjeu n’est donc pas seulement de vendre davantage, mais également de produire davantage ensemble », a-t-il relevé. Le diplomate a appelé au développement des coentreprises, au transfert de compétences et à une meilleure intégration des entreprises congolaises dans les chaînes d’approvisionnement. Outre les infrastructures et les incitations accordées aux entreprises, il estime qu’une ZES doit devenir « un véritable écosystème productif », associant entreprises, infrastructures, services, formation, recherche, innovation et institutions. L’expérience italienne des districts productifs, principalement dans les secteurs de la chaussure, du cuir, de la maroquinerie et de la construction navale, constitue à ses yeux une source d’enseignements pour le Congo. Cette approche ouvre des perspectives dans plusieurs secteurs, notamment l’agro-industrie, la mécanisation agricole, la transformation du bois, les matériaux de construction, l’énergie et les énergies renouvelables, la logistique, la gestion de l’eau, la digitalisation et les services industriels. Pour les entreprises italiennes, à savoir les PME, les ZES congolaises pourraient offrir un cadre favorisant l’accès aux infrastructures et aux services. En retour, leur présence pourrait contribuer au transfert de technologies, de compétences et de savoir-faire vers les entreprises congolaises. La partie italienne insiste sur les conditions nécessaires pour attirer durablement les investisseurs : disponibilité de l’énergie, qualité des infrastructures, efficacité logistique, simplification des procédures administratives, stabilité du cadre réglementaire et disponibilité de compétences adaptées. Le Congo veut tirer parti de l’expérience italienne Ouvrant officiellement le séminaire, le ministre du Développement industriel des zones économiques spéciales et de la promotion du secteur privé, Michel Djombo, a salué la qualité des relations entre le Congo et l’Italie, notamment à travers les projets développés dans le cadre du Plan Mattei. Il a présenté la rencontre comme une nouvelle étape vers une coopération industrielle plus concrète. L’ambition du Congo, d’après le ministre, est de transformer davantage les ressources sur place, d’accroître les capacités de production et de créer des emplois durables. Les ZES doivent contribuer à cette dynamique en attirant des investissements, en favorisant la production locale et en développant les compétences. Michel Djombo a particulièrement mis en avant l’intérêt du modèle italien des PME et PMI ainsi que celui des districts industriels. Le Congo entend s’inspirer de la capacité de ces entreprises à développer des spécialisations, à coopérer avec leurs fournisseurs et sous-traitants et à s’ancrer dans les territoires. Des partenariats entre entreprises italiennes et congolaises pourraient ainsi favoriser le transfert de savoir-faire et l’amélioration des procédés de production. La formation professionnelle occupe également une place centrale dans cette perspective. « Nous ne pouvons pas localiser au Congo n’importe quelle industrie sans pouvoir avoir les compétences locales pour créer des emplois durables », a-t-il souligné. Fiacre Kombo Légendes et crédits photo :- Les deux parties disposées à collaborer/Adiac
- Les participants à l'ouverture des travaux/Adiac Notification:Non |


Organisé par l’ambassade d’Italie en République du Congo et le ministère du Développement industriel, des Zones économiques spéciales et de la Promotion du secteur privé, avec l’appui de l’Agence italienne pour le commerce extérieur (ICE), le séminaire permettra de mieux comprendre les modèles respectifs et d’identifier les pratiques susceptibles d’être adaptées au contexte congolais. Pendant deux jours, les participants vont confronter leurs expériences autour du développement des ZES, de la structuration des chaînes de valeur, de l’ancrage territorial des activités industrielles et de la formation professionnelle.









