Congo-Italie : une coopération axée sur le développement industriel

Jeudi 8 Octobre 2026 - 17:23

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Les représentants des institutions, du secteur privé et du monde des entreprises italiens et congolais ont partagé, les 6 et 7 octobre, à Brazzaville leurs expériences en matière de Zones économiques spéciales (ZES). Les échanges ont permis d’identifier plusieurs axes de coopération portant notamment sur la gouvernance, les infrastructures, la promotion des investissements, le transfert de compétences et la transformation industrielle.

Organisé autour du thème « Regards croisés sur les ZES : expérience italienne et congolaise », le séminaire d’échange a réuni des  responsables institutionnels, experts, représentants d’entreprises et partenaires des deux pays. Au terme de deux journées de travaux, les participants ont dégagé des orientations destinées à renforcer l’efficacité des ZES congolaises et à favoriser l’émergence de projets industriels structurants.

Selon le directeur de la planification, de la promotion et du développement des ZES, Rock Mossoyi Eteka, le séminaire s’inscrivait dans les orientations nationales en faveur de la diversification économique et de la transformation du tissu industriel. Ces échanges ont notamment permis de mieux cerner les facteurs de réussite du modèle italien, présenté par l’expert international Enzo Faloci, ainsi que les spécificités du dispositif congolais, notamment son cadre légal, les activités éligibles, les avantages fiscaux et douaniers et les infrastructures prévues dans les différentes zones.

De cette confrontation d’expériences, quatre orientations majeures ont été retenues. La première concerne le renforcement de la gouvernance et la simplification des procédures administratives. Les guichets uniques des ZES devraient ainsi évoluer vers une plateforme d’intermédiation numérique et centralisée afin de réduire les délais de création des entreprises et d’octroi des agréments. Les infrastructures et la logistique constituent la deuxième priorité, avec un accent particulier sur la connectivité de la ZES de Pointe-Noire au port autonome, au réseau ferroviaire et aux infrastructures routières. Le recours à des partenariats public-privé est également envisagé pour le financement et la gestion des infrastructures internes.

La troisième orientation vise un ciblage stratégique des investissements, en particulier dans l’agro-industrie, le bois, la chimie et la logistique, avec des mécanismes d’incitation liés au volume des investissements et à la création d’emplois. Enfin, le renforcement des capacités et le transfert de compétences devraient s’appuyer sur des accords d’assistance technique entre les structures congolaises chargées des ZES et leurs homologues italiennes. Pour assurer le suivi de ces recommandations, un comité technique de suivi devra être mis en place associant les experts congolais et italiens, ainsi qu’un plan d’action prioritaire.

Transformer les idées en projets concrets

Pour l’expert international italien Enzo Faloci, l’un des principaux enjeux réside désormais dans la capacité à transformer les idées en projets concrets et susceptibles d’obtenir des financements. Il a insisté sur la nécessité de concevoir des projets intégrés, prenant en compte non seulement l’acquisition d’équipements, mais également leurs impacts économiques et sociaux. « La finançabilité du projet dépend de la qualité du projet », a-t-il souligné, estimant que la rédaction d’un projet destiné aux partenaires financiers internationaux exige une connaissance précise du contexte et des réalités locales.

L’expert a également évoqué l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle dans la conception des projets. Selon lui, si les outils numériques peuvent accélérer certaines étapes de rédaction, ils ne sauraient remplacer l’expérience, les contacts opérationnels et la connaissance du terrain. La viabilité d’un projet repose ainsi, à ses yeux, sur sa capacité à mobiliser des institutions, des entreprises et des partenaires locaux autour d'objectifs concrets.

Au terme des travaux, l’ambassadeur d’Italie au Congo, Enrico Nunziata, s’est félicité de la qualité des échanges et de leur caractère opérationnel. Il a relevé que la rencontre avait permis d’identifier les points de convergence et de dégager des pistes de coopération susceptibles d’être adaptées au contexte congolais. Comme les précédents intervenants, le diplomate estime que l’enjeu consiste désormais à transformer les échanges en projets, en partenariats et en investissements. Il a notamment cité plusieurs secteurs présentant un potentiel de coopération entre les deux pays : l’agro-industrie, l’énergie, les infrastructures, la logistique, la transformation du bois, les technologies industrielles, la gestion de l’eau et la formation.

Faire des ZES de véritables pôles de diversification

Clôturant officiellement les travaux, le directeur de cabinet du ministre du Développement industriel, des ZES et de la Promotion du secteur privé, Max Francis Bouhoyi, a rappelé plusieurs enseignements de ces deux journées. Les discussions avaient confirmé qu’une ZES ne pouvait produire pleinement ses effets sans un écosystème associant infrastructures performantes, gouvernance efficace, services adaptés, compétences disponibles et cadre d’investissement stable. Il a lui aussi insisté sur les quatre actions prioritaires basées sur la gouvernance, l’amélioration des infrastructures, la connectivité et le développement des compétences locales.

L’expérience italienne en matière de parcs industriels, de districts productifs et d’accompagnement des entreprises représente, d’après Max Francis Bouhoyi, un levier de coopération susceptible d’accompagner le développement des ZES congolaises. Pour sa part, le directeur de l’Agence italienne pour le commerce extérieur, Andrea Ferrari, considère la rencontre comme étant un nouvel exemple de coopération institutionnelle associant également le secteur privé, avec l’ambition de faire émerger des initiatives concrètes et pragmatiques entre la République du Congo et l’Italie.

 

 

Fiacre Kombo

Légendes et crédits photo : 

- Le ministre Henri Djombo et les partenaires italiens/Adiac - Les deux parties au cours du séminaire/Adiac

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