Parlement de la CEMAC : restaurer l’orthodoxie financièreMercredi 14 Octobre 2026 - 12:57 Le président du Parlement de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac), Fernand Sabaye, a procédé le 13 octobre, par visioconférence, au lancement des travaux de la deuxième session ordinaire budgétaire de l'année 2026, avec un accent particulier sur la restauration de l’orthodoxie financière.
Prenant acte de cette décision de haute portée politique, Fernand Sabaye a indiqué que, voter à l'aveugle un budget de pure forme, aurait été une faillite morale. Car, le mécanisme de la Taxe communautaire d'intégration (TCI) souffre d'un déficit chronique de reversement et que les arriérés des États menacent le fonctionnement et l'existence même de la communauté. « Ce report, nous le pensons, n'est pas un aveu de faiblesse, mais un sursaut de vérité institutionnelle qui nous rappelle que la sincérité budgétaire et la régularité du reversement national sont des conditions sine qua non de notre survie financière et de la crédibilité de notre communauté. Le choix stratégique du 2 octobre 2026 nous impose désormais d'utiliser ce délai comme tremplin pour obtenir des engagements lucides, chiffrés et contraignants de la part de nos États membres », a-t-il martelé. Selon lui, la mobilisation des ressources propres n'est plus une simple option technique, mais un impératif existentiel de la communauté. C'est ainsi que le Parlement de la Cémac a pris sans réserve la dynamique de rupture amorcée, à travers la création d'un comité d'audit du Conseil destiné à restaurer l'orthodoxie financière et la transparence. « Les parlementaires, en refusant la facilité des budgets de façade, le Conseil des ministres de l'UEAC nous offre une opportunité précieuse, celle de rebâtir notre modèle financier sur le socle de la vérité, de la responsabilité pour une solidarité communautaire enfin concrétisée. L'épreuve budgétaire que nous traversons porte en elle les germes d'une Cémac plus forte, plus transparente et résolument autonome », a poursuivi le président du Parlement communautaire. Fernand Sabaye a, par ailleurs, rappelé qu’au-delà de l'urgence financière qui accapare la conscience collective, la deuxième session doit impérativement acter l'appropriation et l'alignement des instruments de la sous-région sur le nouveau plan stratégique communautaire baptisé « Pacte 2030 ». Ce cadre prospectif dessine, a-t-il dit, le nouveau visage d'une intégration sous régionale modernisée.« Dans cette optique, l'action consultative de notre Parlement va s'intensifier pour encadrer le déploiement imminent de la budgétisation par programme et s'assurer que chaque grand projet prioritaire réponde aux exigences réelles de performance. L'heure n'est plus à la reconduction stérile des anciens schémas d'action publique. La communauté doit utiliser ce nouveau mécanisme pour moderniser la gouvernance des agences d'exécution et préparer la communauté à faire face aux mutations économiques globales qui se dressent devant elle », a souligné le président de cette institution. Il a également évoqué la nécessité de briser les barrières invisibles qui freinent encore les initiatives populaires, telles que la libre circulation des personnes et des biens. Pour lui, le chantier du corridor fret réliant le Congo au Tchad en passant par le Centrafrique, ainsi que la réhabilitation de l'axe routier Douala-Bangui au Cameroun, prouvent que les infrastructures d'interconnexion restent le véritable moteur du commerce intra-zone. « Le Parlement communautaire veillera de manière pointilleuse à ce que la construction de ces corridors de transport et d'énergie soit accélérée, car c'est uniquement par la réalisation concrète, visible et palpable que nous parviendrons à légitimer l'idéal communautaire auprès des peuples de notre communauté », a conclu Fernand Sabaye.
Parfait Wilfried Douniama Légendes et crédits photo :Deux députés parlementaires à l'ouverture de la session/DR Notification:Non |


La deuxième session du Parlement de la Cémac se tient, a rappelé le président de cette institution, dans un contexte marqué par la « décision courageuse » du Conseil des ministres de l'Union économique de l'Afrique centrale (UEAC), de reporter le vote du budget communautaire. Pendant leurs travaux, les députés communautaires vont accompagner les réformes de gouvernance et de veiller à ce que la future session extraordinaire du Conseil des ministres puisse doter l’institution d'un budget assaini, viable et capable de financer efficacement et durablement les projets intégrateurs. 








