Madagascar-France : le canal de Mozambique au cœur du rapprochement sécuritaireJeudi 15 Octobre 2026 - 17:14 Paris et Antananarivo renforcent leur coopération militaire et maritime, avec notamment le développement des capacités de surveillance par drones. Une évolution qui intervient alors que le canal de Mozambique gagne en importance dans les équilibres sécuritaires de l’océan Indien. La sécurité maritime était au cœur des échanges à Antananarivo entre la ministre française des Armées et des Anciens combattants, Catherine Vautrin, et le ministre malgache des Forces armées, le général Razafitombo Maminirina Ely. Les deux responsables ont notamment évoqué les « enjeux de sécurité communs » dans le canal de Mozambique. Pour Paris, cette proximité géographique justifie le renforcement du partenariat avec Madagascar, la France disposant par ailleurs de territoires et de moyens militaires dans l’océan Indien. Catherine Vautrin a toutefois écarté toute lecture de cette coopération comme une réponse directe à la Russie, soulignant que Madagascar fait le choix de diversifier ses partenariats. Le ministre malgache des Forces armées affirme de son côté que la coopération avec Moscou se limite à la formation destinée à la protection des autorités et que son pays entend travailler avec différents partenaires en fonction de ses intérêts nationaux. Les drones au cœur du dispositif La coopération franco-malgache devrait désormais prendre une dimension plus opérationnelle. La France annonce la livraison prochaine d'environ une centaine de drones de surveillance et de combat, ainsi qu'un programme de formation des forces malgaches à leur développement et à leur utilisation. Une première dotation de drones, accompagnée d’ordinateurs et de matériels destinés notamment aux exercices conjoints, a déjà été remise. Des manœuvres militaires et activités de maintien de la paix sont prévues pour 2027. Au-delà des équipements, l’objectif affiché est de renforcer les capacités malgaches en matière de surveillance et d’intervention. Pour Madagascar, cette coopération apporte des moyens supplémentaires tout en restant compatible, selon les autorités, avec une politique de diversification des partenaires. Un partenariat à replacer dans le nouvel environnement régional Le contexte maritime donne une portée particulière à ce rapprochement. Le canal de Mozambique constitue un espace de circulation important pour les échanges de l’océan Indien et fait l’objet d’une attention accrue en raison de l'évolution des flux maritimes et des enjeux de sécurité. La situation au Moyen-Orient peut également modifier certains itinéraires commerciaux et accroître les contraintes pesant sur les routes maritimes de la région, même si l'impact direct sur le canal de Mozambique doit être apprécié avec prudence. La visite de Catherine Vautrin, qui a également rencontré le président de la Refondation, Michaël Randrianirina, intervient parallèlement à la mission aérienne française PEGASE, conduite depuis La Réunion du 8 septembre au 15 octobre. Cette séquence ne signifie pas pour autant un alignement stratégique de Madagascar sur Paris. Antananarivo revendique une politique de diversification de ses coopérations militaires et sécuritaires. Pour la France comme pour Madagascar, le rapprochement répond d'abord à des intérêts opérationnels et maritimes. Mais dans un océan Indien où se croisent désormais enjeux commerciaux, sécuritaires et rivalités d'influence, le canal de Mozambique pourrait prendre une place croissante dans les calculs stratégiques régionaux.
Noël Ndong Notification:Non |











