Simulation parlementaire : des étudiants jouent les députés pour voter une loi sur l’insertion des jeunes

Lundi 19 Octobre 2026 - 22:00

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Des étudiants de trois établissements privés ont siégé en députés, rapporteur et membres du gouvernement pour la première édition de la Simulation parlementaire congolaise. Initiée par l’Institut Dale Carnegie (IDC) et l’Ordre des Jeunes Leaders Africains (OJLA), ce 17 octobre à Brazzaville, la journée a abouti à l’adoption d’un projet de loi créant un programme national d’accompagnement des étudiants et un fonds de soutien à leur insertion professionnelle.

 

Les participants venaient de trois établissements privés de la capitale : l’IDC, l’Institut universitaire Henri Lopes et l’Institut IDA. Le texte soumis aux étudiants portait sur leur propre avenir. Il prévoit la création d’un programme d’accompagnement et d’un fonds de soutien à l’insertion professionnelle. À l’issue des débats, il a été voté. Parmi les points qui ont marqué les échanges figurent l’âge régulier de l’étudiant, l’accessibilité pour les étudiants en situation de handicap et le soutien aux plus démunis. Les engagements pris devront être traduits dans des décrets d’application, dont la mise en œuvre fera l’objet d’un compte rendu annuel.

Les intervenants soutiennent le rapprochement entre l’université et le monde du travail, mais posent la question des places. Si 10 000 étudiants doivent effectuer une immersion alors que 4 000 places seulement existent, les 6 000 autres ne devraient pas être pénalisés. Ils demandent une solution alternative. Aucun étudiant ne doit être écarté d’une formation, d’une immersion ou d’une certification faute de moyens ou en raison d’un handicap. Les intervenants proposent une aide adaptée, l’accessibilité des formations et des lieux d’immersion, et un accompagnement spécifique.

Pour la secrétaire générale adjointe de l’IDC, Louge Kibezi, l’initiative est née d’une conviction selon laquelle la connaissance doit aussi se vivre. L’initiative vise à faire comprendre concrètement le fonctionnement du pouvoir législatif, non à former des politiciens mais « des citoyens mieux informés ». Louge Kibezi reconnaît néanmoins que la démarche a suscité des incompréhensions, mais dit rester convaincue de son bien-fondé. La première édition de la simulation parlementaire marque aussi la rentrée de l’année académique 2026-2027 de l’IDC.

Le représentant de l’OJLA pour la zone CEMAC, Scrutin Mavoungou, a, quant à lui, raconté les coulisses de la préparation. L’équipe a tenu des répétitions passées d’un jour par semaine à deux, puis trois, malgré les difficultés de transport, le manque de carburant et les retards. Il a insisté sur le sens de l’exercice, notamment de trouver des solutions pour les étudiants sans leur laisser la parole. Les aînés, a-t-il dit, doivent guider et conseiller, non prendre leur place. Il a présenté cette première édition comme le lancement officiel du « parlement des étudiants » et invité les jeunes à le rejoindre, « non pas pour syndiquer, mais pour proposer ».

Les autorités présentes à cet évènement ont salué une « école de responsabilité citoyenne ». Représentant le ministre délégué chargé de la Jeunesse et de l’Éducation civique, empêché, l’attaché à la Jeunesse Sidric Dekambi s’est félicité d’une initiative qui transforme « le savoir en expérience ». Il a exhorté les participants à privilégier des propositions réalistes, car une loi « ne saurait se limiter à une intention ». Aux étudiants, à qui des certificats de participation ont été remis, il a recommandé de viser « la qualité des idées » plutôt que la victoire d’un camp, et de ne pas confondre divergence d’opinion et hostilité.

Fiacre Kombo

Légendes et crédits photo : 

Les acteurs et l'assistance à la simulation/Adiac

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