Livre : « Nostalgie villageoise et identité en régression » plaide pour un retour aux sourcesMardi 20 Octobre 2026 - 15:15 Le centre culturel Zola a accueilli le 17 octobre, la présentation-dédicace de l’ouvrage « Nostalgie villageoise et identité en régression », écrit par Roch Freddy Niambi et publié aux éditions L’Harmattan Congo-Brazzaville en mars dernier. Devant un public composé de professionnels et d’amoureux du livre, cette rencontre littéraire s’est transformée en une invitation à revisiter la mémoire collective et à préserver les richesses culturelles des peuples, notamment Dondo et Kamba.
Observateur des transformations socioculturelles, Roch Freddy Niambi ne se contente pas de célébrer le passé. Il appelle à une réconciliation entre héritage ancestral et modernité, tout en dénonçant les pratiques traditionnelles rétrogrades qui entravent le développement rural. « Les habitudes des communautés évoluent clopin-clopant. La population est devenue cliente de nouveautés », écrit-il dans son avant-propos, mettant en garde contre les dérives qui accompagnent parfois ces changements.
Au cours du panel marquant cet évènement, Sauve-Gérard Ngoma Malanda a souligné la portée historique et pédagogique de l’ouvrage. Selon lui, le livre restitue les valeurs qui structuraient autrefois la vie communautaire et permet aux nouvelles générations de découvrir un univers qu’elles connaissent peu. Il y voit un plaidoyer pour la reconquête des repères identitaires, sans renoncer aux apports de la modernité. Un autre intervenant, Samuel Kidiba a, pour sa part, salué la pertinence du titre, qui sonne comme une alerte face à l’effacement progressif des identités culturelles. Il a notamment insisté sur la dimension mémorielle de l’œuvre, nourrie de faits, de lieux et de personnages qui éclairent l’histoire des communautés du sud du Congo. Appoliange Josué-Mavoungou, directeur général adjoint de L’Harmattan Congo-Brazzaville, s’est également réjoui de la publication de cet ouvrage, estimant qu’il offre aux jeunes nés en ville une fenêtre sur la vie villageoise d’autrefois et les encourage à renouer avec leurs racines.
Prenant la parole, Roch Freddy Niambi a rappelé l’urgence de transmettre cet héritage. « Nous devons nous ressaisir. Tous ceux qui vivent aujourd'hui en ville ne sont pas tous nés en ville. Ils viennent de quelque part. Or, ce quelque part est en perte de valeur, d'identité et de moeurs car à l'abandon. Et le constat est presque le même dans plusieurs départements », s'insurge-t-il. Après dix années de recherche, il souhaite que son livre suscite une prise de conscience collective et encourage la préservation des villages, lieux de mémoire, de solidarité et de transmission. La cérémonie s’est achevée par une séance de dédicace, dans une atmosphère où la littérature s’est faite passerelle de conscientisation. Car, derrière la nostalgie, une question demeure : que restera-t-il de nos identités si nous nous détachons totalement de nos origines ? Merveille Jessica Atipo Légendes et crédits photo :1- Roch Freddy Niambi éclairant le public sur les enjeux de son essai/Adiac ;
2- L’auteur dédicaçant un échantillon de son ouvrage/Adiac ;
3- Une vue des participants à la rencontre littéraire/Adiac Notification:Non |


Dans cet essai de 136 pages réparties en dix chapitres, l’auteur fait revivre les paysages, les coutumes et les solidarités d’autrefois, particulièrement dans le district de Mfouati et ses environs. Contes, proverbes, recettes culinaires, instruments et rythmes traditionnels, notamment le « ndara » et le « kodobo », composent ce patrimoine menacé par les mutations sociales, l’exode rural et l’attrait grandissant des modèles urbains.
La mémoire comme boussole
Modérée par Paule Kembu Kiouari et Didier Messie Lelekat, la rencontre a aussi été ponctuée d’un intermède musical du groupe folklorique Songa Zola de Ndara Badondo, donnant une résonance vivante aux traditions évoquées.








