Gouvernance des données : l’Afrique centrale s’attèle à la validation d’un cadre communMercredi 21 Octobre 2026 - 9:15 L’atelier régional consacré à la validation du cadre de gouvernance des données de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) s’est tenu les 19 et 20 octobre à Brazzaville, dans le but de doter les onze États membres d’un référentiel commun pour sécuriser la circulation transfrontalière des données et soutenir le développement de l’économie numérique régionale.
À leur ouverture, le directeur des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique de la CEEAC, Guichard Tsangou, a relevé plusieurs obstacles à la coopération numérique régionale, notamment la fragmentation des systèmes, la faible interopérabilité transfrontalière et le caractère essentiellement national des cadres de gouvernance existants. « L’étape de Douala a été celle de l’impulsion et de la définition de la méthode. Celle de Brazzaville doit être celle du consensus et du parachèvement technique », a-t-il souligné. Il a précisé que les contributions des experts doivent permettre de soumettre aux instances décisionnelles de la Communauté un instrument harmonisé et adapté aux ambitions d’intégration de l’Afrique centrale et aux réalités de chaque pays membre. Le projet de cadre régional prévoit notamment la modernisation des instruments juridiques, le renforcement de la gouvernance institutionnelle ainsi que le développement d’infrastructures sécurisées et de normes communes d’interopérabilité. Il envisage également des mécanismes opérationnels pour encadrer les flux transfrontaliers, avec des applications pilotes telles que la dématérialisation du certificat d’origine. Au-delà de l’harmonisation des règles, l’enjeu est de créer un environnement de confiance propice à l’innovation et à la valorisation économique des données. Celles-ci constituent; en effet; une ressource essentielle au développement des services numériques, à la modernisation des administrations et à l’émergence de nouvelles activités économiques. « Les données sont devenues une infrastructure indispensable au développement. On ne peut pas faire de développement sans données. On ne peut pas non plus innover sans données », a souligné Mactar Seck, chef de la section Technologies émergentes et de pointe, Innovation et transformation numérique, de la CEA. Dans cette perspective, Christelle Onana, responsable de la numérisation de l’Auda-Nepad, a insisté sur la nécessité de faire du projet un instrument effectivement porté par les États membres, au-delà de sa seule élaboration technique. « Le cadre régional de gouvernance des données doit permettre de passer d’un document techniquement élaboré à un instrument régional validé, porté et approprié par les États membres, afin de guider l’action collective des pays d’Afrique centrale », a-t-elle précisé . À terme, il est attendu que ce dispositif contribue à la croissance économique et au progrès social en Afrique centrale, tout en favorisant l’émergence d’un marché numérique régional intégré. À l’issue de l’atelier, le document doit être soumis aux instances décisionnelles compétentes de la CEEAC pour la suite du processus d’adoption. Sa portée dépendra ensuite de son appropriation par les États membres, des moyens mobilisés et de la mise en œuvre effective des mécanismes retenus.
Durly Emilia Gankama Légendes et crédits photo :Les points focaux et membres des commissions en charge de la validation / Adiac Notification:Non |


Organisés par la CEEAC, avec l’appui technique et financier de l’ Agence de développement de l’Union africaine (Auda)-Nepad, de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), de la Commission de l’Union africaine et de la coopération allemande, les travaux s’inscrivent dans un processus engagé à Douala, au Cameroun, du 31 août au 4 septembre dernier.








