Centrafrique : une demande de prolongation du mandat des Casques bleus

Mercredi 21 Octobre 2026 - 13:58

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimable

La situation sécuritaire en République centrafricaine reste fragile, malgré des avancées enregistrées dans le désarmement des groupes armés et le processus électoral. Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, la cheffe de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca), Valentine Rugwabiza, a mis en garde contre un retrait prématuré des Casques bleus.

Alors que près de 2 000 combattants ont été désarmés et que le dernier cycle électoral arrive progressivement à son terme, les violences continuent de menacer plusieurs régions du pays, particulièrement dans le Nord-Est et le Sud-Est. S’exprimant le 20 octobre devant le Conseil de sécurité des Nations unies, Valentine Rugwabiza a présenté un bilan contrasté de la situation nationale. Si les avancées enregistrées témoignent des efforts déployés pour rétablir l’autorité de l’État, la persistance des activités des groupes armés, notamment à proximité des sites miniers et le long des couloirs de transhumance, souligne les défis qui restent à relever.

La dégradation de la situation sécuritaire est également alimentée par les tensions régionales, en particulier par les conséquences de la guerre au Soudan, dont les effets se font sentir dans les zones frontalières centrafricaines. L’attaque survenue à Am Dafock, localité située à la frontière soudanaise, illustre l’ampleur des menaces auxquelles le pays reste exposé. Le 30 juin dernier, des combattants appartenant à des groupes armés centrafricains, appuyés par des éléments soudanais non identifiés, ont pris le contrôle de cette localité.

Selon le dernier rapport du secrétaire général des Nations unies, les affrontements ont fait vingt-neuf morts, dont sept civils, ainsi que vingt-quatre blessés. Quelque 17 500 habitants ont également été contraints de fuir leurs domiciles pour se réfugier à proximité d’une base de la Minusca. La mission onusienne a elle-même été prise pour cible, faisant six Casques bleus blessés. Les forces gouvernementales ont repris le contrôle d’Am Dafock. Toutefois, les mouvements de groupes armés se poursuivent dans la zone frontalière entre la République centrafricaine, le Tchad et le Soudan, entretenant un climat d’insécurité pour la population locale.

Pour la cheffe de la Minusca, ces événements témoignent de la vulnérabilité des acquis sécuritaires et de la menace que représente l’instabilité régionale pour la consolidation de la paix en Centrafrique. En outre, l’attaque d’Am Dafock a mis en évidence les difficultés opérationnelles auxquelles la mission de maintien de la paix est confrontée. En pleine saison des pluies, les hélicoptères constituaient le seul moyen d’accès à cette localité, compliquant le déploiement rapide des renforts.

Pour répondre à la situation, la Minusca a dû redéployer des troupes et des moyens aériens depuis d’autres secteurs sensibles. Cette réorganisation des dispositifs de sécurité comporte toutefois le risque d’affaiblir temporairement la présence de la mission dans les zones ainsi dégarnies. Dans ce contexte, les Nations unies soulignent les risques qu’entraînerait un désengagement prématuré des Casques bleus. La persistance des violences, les fragilités des institutions sécuritaires et les répercussions de la crise soudanaise plaident en faveur d’une approche prudente de l’évolution de la présence onusienne.

Fiacre Kombo

Légendes et crédits photo : 

Des Casques bleus protégeant les civils/DR

Notification: 

Non