Devoir de mémoire : Brazzaville, capitale de la France libre, célébrée à Bondy

Lundi 26 Octobre 2026 - 7:30

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimable

Une conférence-débat consacrée au rôle historique de Brazzaville pendant la Seconde Guerre mondiale s’est tenue, le 24 octobre, à l’Espace Chauzy, à Bondy, en région parisienne. Organisée par les associations Bondy populaire, représentée par Magid Tabouri, et le Rassemblement des Congolais de Bondy, présidé par Roseline Morelli, adjointe au maire, cette rencontre s’inscrivait dans le cadre de la commémoration du 86ᵉ anniversaire du Manifeste de Brazzaville, célébré le 27 octobre.

Vue partielle lors de la conférence Brazzaville capitale de la France libre -Bondy, Octobre 2026L’événement s’est déroulé en présence du maire de Bondy, Stephen Hervé; du ministre-conseiller Armand Rémy Balloud-Tabawé, représentant l’ambassadeur de la République du Congo en France, Rodolphe Adada; ainsi que de la présidente de l’Association des étudiants congolais de France, Propice Ndzolo.

Au centre des échanges, le rôle de Brazzaville comme point d’appui de la France libre après la défaite française de 1940. Le sociologue et chercheur, le Pr Brice Arsène Mankou, animateur de la conférence, a invité les participants à revisiter cette page de l’histoire, notamment à travers le thème « Brazzaville, un territoire français à part entière et non entièrement à part ».

Dans son allocution d’ouverture, le maire de Bondy a salué une initiative culturelle et citoyenne contribuant à enrichir le devoir de mémoire au sein de sa commune. Il a insisté sur la nécessité de transmettre ces événements aux jeunes générations afin de renforcer les liens interculturels et de favoriser une meilleure compréhension de l’histoire partagée entre la France et le Congo.

Prenant la parole à son tour, Armand Rémy Balloud-Tabawé a souligné la profondeur des relations diplomatiques, historiques et humaines entre Brazzaville et Paris. Il a rappelé que les rives du fleuve Congo occupent une place importante dans l’histoire contemporaine de la France.

Dans son exposé, le Pr Brice Arsène Mankou a mis en lumière la portée politique et institutionnelle de Brazzaville durant la Seconde Guerre mondiale. Alors que la France métropolitaine était sous occupation allemande et que le régime de Vichy s’était installé, Brazzaville devint un centre majeur de la France libre sous l’impulsion du général Charles de Gaulle.

Le conférencier s’est notamment appuyé sur le Manifeste de Brazzaville, publié le 27 octobre 1940, ainsi que sur la création du Conseil de défense de l’Empire, pour illustrer le rôle joué par la capitale congolaise dans l’organisation de la résistance extérieure française. Selon lui, cette contribution demeure insuffisamment mise en valeur dans la mémoire collective et mérite une place plus importante dans les programmes scolaires et l’espace public français.

L’intervention a également porté sur la participation de la population africaine à l’effort de guerre. Les soldats africains et la population locale de l’Afrique équatoriale française ont apporté un soutien humain, militaire et logistique déterminant. Pour le chercheur, cette contribution doit être reconnue pleinement, au-delà des représentations historiques qui ont longtemps relégué l’engagement africain au second plan.

À travers cette conférence, organisée dans le cadre d’un cycle itinérant, le Pr Brice Arsène Mankou entend promouvoir une meilleure connaissance de l’histoire franco-congolaise, sensibiliser la jeunesse et contribuer au renforcement du vivre-ensemble autour d’une mémoire commune.

Il a notamment plaidé pour l’élaboration d’un projet de loi visant à reconnaître le 27 octobre comme une date majeure de l’histoire de la France libre, au même titre que l’appel du 18 juin 1940. Il a également préconisé l’intégration plus approfondie de cette mémoire partagée dans l’enseignement de l’histoire en France.

La rencontre s’est achevée par un échange avec le public, qui a témoigné de son intérêt pour cette page de l’histoire. Les discussions ont souligné la nécessité de poursuivre les initiatives de transmission mémorielle et de reconnaître la place de Brazzaville dans l’histoire de la Résistance française.

Cette démarche fait écho à la visite du président français, Emmanuel Macron, à Brazzaville, le 3 mars 2023, au cours de laquelle la question de la création d’un mémorial dans la capitale congolaise avait été évoquée.

 

Marie Alfred Ngoma

Légendes et crédits photo : 

Vue des participants à la conférence Brazzaville, capitale de la France libre -Bondy, octobre 2026

Notification: 

Non