Crise du carburant : les réseaux télécoms à bout de souffle

Mardi 27 Octobre 2026 - 15:27

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La pénurie de gasoil qui asphyxie l'économie nationale n'épargne plus les télécommunications. Faute de carburant pour faire tourner les groupes électrogènes, les réseaux mobiles vacillent et avec eux la voix, l'internet et le Mobile Money. Dans un communiqué publié le 27 octobre, l'Agence de régulation des postes et des communications électroniques (ARPCE) dresse un constat sans fard.

Appels qui s'interrompent au milieu d'une phrase, connexions qui se traînent, transactions bloquées : depuis plusieurs jours, les usagers en font l'amère expérience. Selon l'ARPCE, les réseaux de communications électroniques ouverts au public connaissent des perturbations sur tout ou une partie du territoire national. En cause : une desserte électrique défaillante et des groupes électrogènes de secours qui, faute de gasoil, ne parviennent plus à prendre le relais.

Le calcul est implacable. Les vérifications menées par le régulateur auprès des opérateurs font état d'une desserte électrique de neuf heures par jour en moyenne. Les batteries de secours, elles, offrent six heures d'autonomie. Restent donc, chaque jour, de longues heures pendant lesquelles seuls les groupes électrogènes peuvent maintenir les équipements en vie, à condition d'avoir du carburant. Or, c'est précisément ce qui manque.

«L'énergie est indispensable au bon fonctionnement des infrastructures de télécommunications », rappelle l'ARPCE, qui cite les antennes relais, les centres techniques et les équipements de transmission.

L'ampleur des besoins donne la mesure du défi. Helios Towers, qui gère 550 antennes relais à travers le pays, a besoin d'environ 100 000 litres de gasoil par semaine pour alimenter les groupes électrogènes de ses sites, soit quelque 400 000 litres par mois. Un volume difficile à garantir dans le contexte actuel.

L'effet domino jusqu'aux campagnes

Les conséquences dépassent les seuls sites privés d'énergie. Les coupures d'électricité généralisées, conjuguées à la rareté du gasoil, perturbent fortement les sites techniques, les cœurs de réseau et les centres de données. Et parce que les infrastructures rurales dépendent des équipements centraux installés dans les grandes villes, la défaillance se propage en cascade.  Quand le centre vacille, la périphérie s'éteint.

Pour l'usager, la crise prend deux visages : l'indisponibilité partielle ou totale des services de voix, d'internet et de Mobile Money fournis par les réseaux mobiles, et une nette dégradation de la qualité de service, entre difficultés d'accès au réseau, communications interrompues et débits en berne. Pour les commerçants, les ménages et les entreprises qui ont fait du téléphone et du paiement mobile le prolongement de leur activité, le choc est immédiat. Le régulateur prévient d'ailleurs que ces phénomènes persisteront tant que la situation énergétique ne s'améliorera pas.

Face à l'urgence, le ministère de tutelle chargé des Télécommunications a porté la situation à la connaissance de la Primature. L'ARPCE indique, pour sa part, travailler en étroite collaboration avec la Société nationale des pétroles du Congo afin d'optimiser l'approvisionnement en carburant et de garantir la continuité des services essentiels.

S'appuyant sur les mesures exceptionnelles engagées par le gouvernement en vue d'un retour à la normale « dans les meilleurs délais », le régulateur se veut rassurant envers les consommateurs comme envers l'ensemble des acteurs du secteur. Il se dit pleinement mobilisé et attentif à l'évolution de la situation. En attendant, usagers et opérateurs n'ont d'autre choix que de compter les heures et les litres.

Quentin Loubou

Légendes et crédits photo : 

Un pylône des télécoms dans le noir

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