Parlement : présentation des choix stratégiques du projet du budget de l’Etat, exercice 2027

Jeudi 29 Octobre 2026 - 17:59

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Projeté en recettes à la somme de 3 120,8 milliards FCFA et en dépenses à 2 638,4 milliards FCFA, le projet de loi de finances de l’année 2027 a été présenté devant les deux chambres du Parlement par le ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Christian Yoka.

A l’Assemblée nationale tout comme au Sénat, Christian Yoka a rappelé que le budget de l'État pour l'année 2027 répond à une double exigence. Il s’agit notamment de financer les priorités de développement du pays, tout en rétablissant durablement les équilibres des finances publiques et de concilier l'ambition légitime de transformation économique et sociale avec les impératifs de discipline budgétaire, de maîtrise de l'endettement et de préservation de la stabilité macroéconomique. « C'est autour de cette exigence que s'articule le présent projet de loi de finances, élaboré dans un environnement économique international caractérisé, selon les projections retenues dans le document de cadrage, par une croissance mondiale qui atteindrait 3,2 % en 2027 contre 3,1 % en 2026 », a induqué le ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public.

Rappelant le contexte international et national dans lequel ce budget a été élaboré, il a souligné que le Congo demeure confronté à plusieurs contraintes structurelles dont il faut poursuivre le traitement. Parmi les contraintes qui réduisent les marges de manœuvre budgétaire de l'État et pèsent sur sa capacité à répondre durablement aux besoins de financement du développement, Christian Yoka a cité un niveau d'endettement élevé, une mobilisation encore trop faible des ressources domestiques et une accumulation d'arriérés de paiements à contenir.

« Or, la croissance économique ne peut produire tous ses effets sur le bien-être de la population que si elle s'accompagne d'une gestion rigoureuse des ressources publiques, d'une meilleure mobilisation des ressources intérieures et d'une allocation plus efficiente des dépenses. C'est la raison pour laquelle le gouvernement entend poursuivre les efforts de consolidation budgétaire en privilégiant le réalisme des prévisions, la sincérité des inscriptions budgétaires et la maîtrise des engagements financiers de l'État », a-t-il annoncé.  

Ainsi, le gouvernement entend orienter les ressources publiques vers les investissements structurants, la diversification de l'économie, le développement des infrastructures, la promotion de l'emploi et l'amélioration de l'accès aux services sociaux essentiels. Les secteurs de l'éducation, de la santé, de la protection sociale, de l'eau potable et de l'électricité demeurent, a-t-il poursuivi, au cœur des préoccupations de l'action publique. Ces efforts porteront également sur le renforcement de la gouvernance, la consolidation de l'Etat de droit ainsi que la préservation de la paix et de la sécurité.

Concilier les ambitions de développement et les exigences de redressement des finances publiques

Parlant des perspectives, il a rappelé que la crédibilité d'un budget repose avant tout sur la qualité de ses hypothèses et sur la cohérence entre les ressources annoncées et les dépenses programmées. D’où la nécessité d’accorder une attention particulière au réalisme des prévisions macroéconomiques et budgétaires retenues pour l'exercice 2027. « En matière de mobilisation des ressources, le gouvernement poursuivra les réformes destinées à élargir l'assiette fiscale, à rationaliser les dépenses fiscales, à renforcer la digitalisation des administrations fiscales et douanières et à améliorer le recouvrement des recettes non fiscales », a laissé entendre le ministre, précisant que le but est de contenir la progression des dépenses courantes afin de préserver les capacités de financement des investissements prioritaires.

Les recettes surestimées peuvent, a-t-il averti, conduire à des tensions de trésorerie, à l'accumulation de nouveaux arriérés et, en définitive, à un accroissement de l'endettement. Ainsi, une attention particulière sera portée à la mobilisation des recettes issues du domaine de l'État, des services publics et du portefeuille public. Concernant les dépenses, la démarche retenue privilégie la prudence, la rationalisation et une meilleure maîtrise des charges récurrentes. « La masse salariale, les transferts et subventions, ainsi que les dépenses de fonctionnement, feront l'objet d'une vigilance renforcée. Il s'agit de contenir la progression des dépenses courantes afin de préserver les capacités de financement des investissements prioritaires », a-t-il indiqué.

Christian Yoka a conclu sa présentation en soulignant que le projet de loi de finances initial pour l'année 2027 fait la conciliation entre les ambitions de développement du pays et les exigences de redressement durable de ses finances publiques. Il vise à soutenir la transformation économique, à améliorer l'accès aux services sociaux essentiels, à renforcer les infrastructures structurantes et à poursuivre la modernisation de l'administration publique. Il traduit, d'après lui, la volonté du gouvernement de consolider la position budgétaire de l'État, de maîtriser les dépenses, d'améliorer la mobilisation des recettes et de réduire progressivement les risques liés à l'endettement.

 

Parfait Wilfried Douniama

Légendes et crédits photo : 

Christian Yoka présentant le projet de loi de finances à l'Assemblée nationale /DR

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