Allocution du président Denis Sassou N'Guesso lors du 3e sommet Russie-Afrique

Vendredi 30 Octobre 2026 - 12:39

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. Excellence M. Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie, président du sommet Russie - Afrique ; 

• Excellence M. Évariste Ndayishimiye, président de la République du Burundi, président en   exercice de l’Union africaine, co-président du forum Russie-Afrique ; 

• Mesdames et messieurs les chefs d’Etat et de gouvernement ;

• Monsieur le président de la Commission de l’Union africaine ;

• Distingués invités ;

• Mesdames, messieurs ;

Je voudrais adresser mes remerciements les plus chaleureux à son excellence M. Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie.

Je lui renouvelle mes sincères félicitations pour l’organisation de ce sommet, désormais incontournable dans le dialogue entre la Russie et l’Afrique.

Trois ans après le deuxième sommet de Saint-Pétersbourg, nous voici réunis avec une ambition renouvelée : transformer nos engagements en résultats concrets et notre volonté politique en progrès tangibles pour nos peuples.

La thématique de ce sommet nous invite à construire un partenariat pragmatique, équilibré et porteur de prospérité, tout en œuvrant à l’avènement d’un monde multipolaire plus juste, dans lequel chaque nation peut faire entendre sa voix et défendre ses intérêts légitimes.

L’Afrique dispose d’immenses ressources naturelles, humaines et économiques. Elle possède une jeunesse dynamique et un potentiel considérable. Notre responsabilité est de transformer ces atouts en richesses, en emplois et en opportunités pour nos populations.

Le partenariat Russie-Afrique doit contribuer à cette transformation par les investissements productifs, la formation du capital humain, la valorisation locale de nos ressources et le développement de nos capacités industrielles.

L’Afrique ne doit pas être seulement un continent de ressources : elle doit être un continent qui crée de la valeur, maîtrise ses choix stratégiques et participe pleinement à la définition des équilibres mondiaux.

Cependant, aucun développement durable ne peut s’épanouir sans paix ni sécurité.

La multiplication des tensions géopolitiques et des conflits, la menace terroriste, les changements climatiques et la pauvreté nous rappellent que les défis de notre temps exigent des réponses coordonnées.

Notre continent demeure particulièrement éprouvé par les crises.

Du Sahel à la Libye, de la République démocratique du Congo à la République centrafricaine, du Soudan à l’Éthiopie et au Mozambique, les conflits continuent de fragiliser nos États et d’affecter nos populations. 

À ces crises s’ajoutent les différends frontaliers, qui peuvent devenir des facteurs de confrontation lorsqu’ils ne sont pas traités par le dialogue et des mécanismes appropriés de règlement pacifique.

Face à cette situation, le Congo reste fidèle à sa vocation de pays de dialogue, de médiation et de recherche de solutions pacifiques.

En ma qualité de président du Comité de haut niveau de l’Union africaine sur la Libye, je mesure pleinement les conséquences de la crise libyenne sur le Sahel et le bassin du lac Tchad.

Mon pays demeurera disponible pour contribuer aux efforts visant à restaurer la paix et la stabilité sur notre continent.

Dans le même esprit, nous poursuivons, avec le président Vladimir Poutine, des démarches de décrispation, notamment entre certains pays du Sahel et leurs voisins.

Nous encourageons la poursuite de ces efforts et nous nous réjouissons des signes d’apaisement observés.

C’est fort de cette expérience et de notre attachement au multilatéralisme que la République du Congo présente sa candidature au poste de membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2030-2031.

 Je sollicite, à cette occasion, le soutien précieux et déterminant de vos États. Votre appui contribuerait à renforcer la voix de l’Afrique au sein de l’organe chargé de la responsabilité première du maintien de la paix et de la sécurité internationales.

 • Excellences mesdames, messieurs,

 Nous souhaitons un partenariat Russie-Afrique solidaire, multidimensionnel et tourné vers l’avenir, en phase avec l’ambition de l’Union africaine de faire de notre continent un acteur fort, uni et influent sur la scène mondiale.

Notre plan d’action 2027-2029 devra donner une nouvelle impulsion à cette coopération.

Pour la République du Congo, cette ambition se traduit déjà par des actes. Il y a à peine un mois, mon pays a accueilli la huitième session de la Grande Commission mixte de coopération Congo-Russie.

Nous voulons une coopération qui crée des emplois, développe les compétences et améliore durablement les conditions de vie de nos populations.

Permettez-moi également de rappeler l’initiative portée par la République du Congo auprès des Nations Unies concernant la Décennie mondiale du boisement et du reboisement, dont l’adoption a bénéficié de votre soutien.

Je vous en remercie sincèrement et vous invite à maintenir cette mobilisation afin que son lancement, à partir du 1er Janvier 2027, ouvre une nouvelle étape dans la restauration de nos écosystèmes et la lutte contre les changements climatiques.

 • Excellences mesdames, Messieurs,

Faisons de ce troisième sommet Russie-Afrique une étape décisive dans la construction d’un partenariat renouvelé, équilibré et porteur de résultats.

Un partenariat qui renforce la paix, accélère le développement et offre à nos peuples des perspectives concrètes de prospérité.

Plein succès aux travaux du troisième sommet Russie-Afrique !

 Je vous remercie.

Les Dépêches de Brazzaville

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