Réouverture de la Maison Schengen : Kinshasa pose ses conditions

Jeudi 13 Septembre 2018 - 18:45

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Le gouvernement recommande la levée des sanctions de l’Union européenne contre quatorze personnalités congolaises avant d’autoriser la structure consulaire de rouvrir ses portes.

Cela fait près de neuf mois depuis que les autorités congolaises ont décidé la fermeture de la Maison Schengen, structure consulaire de délivrance des visas pour tous les pays de l'espace Schengen gérée par l’ambassade de Belgique en République démocratique du Congo (RDC). Une décision prise en réaction à celle de la Belgique de réorienter son aide à la RDC vers des acteurs humanitaires ou de développement, en guise de protestation contre les restrictions de l'espace politique et la répression des manifestations.

Aujourd’hui, des tractations de coulisses entre les deux parties seraient en cours à en croire des indiscrétions, visant à réchauffer les relations bilatérales entre Bruxelles et Kinshasa, sans grand succès. Toutefois, de part et d’autre, la tendance est à l'apaisement après une rupture des relations qui, visiblement, n’aurait été profitable à aucune des parties. Si Kinshasa est pour la réouverture de la maison Schengen, il pose néanmoins un préalable majeur, en l'occurrence la levée des sanctions de l’Union européenne prises contre quatorze  personnalités congolaises. « Nous attendons que la Belgique puisse comprendre que nous sommes un Etat souverain puisque c'est elle qui a commencé à nous mettre sous un régime des sanctions. Elle va lever les sanctions prises contre la RDC pour des raisons qui ne sont en aucune manière justifiées », a déclaré à ce sujet le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga.  

En fait, la RDC tient la Belgique responsable de la dégradation des relations diplomatiques entre les deux pays en raison du rôle néfaste joué par elle auprès de l’Union européenne qu’elle a influencée pour obtenir les sanctions contre ses dirigeants. Des sanctions qui, d’après le porte-parole du gouvernement, relèvent de la compétence de la communauté internationale. Et d’enchaîner : « La Belgique n'est pas la communauté internationale, l'Union européenne n'est pas la communauté internationale et le Congo n'est pas membre de l'Union européenne ».

Kinshasa n’écarte pas cependant la possibilité de reconsidérer la situation au cas où la Bruxelles ferait amende honorable en se muant en défenseur des intérêts congolais auprès de l’instance européenne.  « C'est par tricherie que la Belgique est allée à l'Union européenne puisqu'elle savait qu'elle ne pouvait pas convaincre le conseil de sécurité de l'ONU. Dès que cette tricherie va cesser, nous allons réexaminer la question. Ils doivent arrêter de nous considérer comme un pays colonisé par eux. La Belgique nous considère comme un cheval sur lequel elle peut monter et ça doit cesser », a martelé Lambert Mende.         

Alain Diasso

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