Aide humanitaire : 345 000 réfugiés burundais ont besoin d’assistance en 2019

Mercredi 16 Janvier 2019 - 16:28

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L’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et trente-cinq partenaires ont lancé, le 15 janvier à Genève, un appel de fonds conjoint d’un montant de 296 millions de dollars pour venir en aide aux réfugiés burundais dans les pays voisins.

« La situation des réfugiés burundais est l’une des plus négligées au monde et, en 2018, elle comptait également parmi les crises les plus sous-financées », a déclaré Charlie Yaxley, porte-parole du HCR, lors d’une conférence de presse au Palais des Nations.

L’année dernière, la réponse régionale interorganisations pour l’aide aux réfugiés burundais n’a reçu que 35% des trois cent quatre-vingt-onze millions de dollars recherchés. Ce qui a eu un impact dans la réponse des organismes humanitaires dans les quatre pays voisins accueillant les réfugiés burundais.

« En Tanzanie, République démocratique du Congo (RDC), Rwanda et Ouganda, la vie des réfugiés burundais en est affectée. Ils y ont subi des coupures dans les rations alimentaires, un manque de médicaments, des écoles surpeuplées et des abris de fortune », a ajouté le porte-parole du HCR.

Malgré les efforts déployés, at-il souligné, une augmentation massive de l’aide est nécessaire pour répondre aux besoins les plus élémentaires. Selon l’agence onusienne, les enfants, qui représentent plus de la moitié de la population réfugiée, sont les plus durement touchés. Beaucoup sont arrivés dans leur pays d’asile après avoir été séparés de leurs parents ou de leur famille élargie, et il reste de nombreux défis à surmonter pour assurer un placement familial sûr. D’autres souffrent de problèmes psychologiques en raison de la violence dont ils ont été témoins et ont besoin d’un soutien psychosocial.

En outre, des coupes alimentaires ont été effectuées l’année dernière en Tanzanie, en RDC et au Rwanda. Les familles manquent régulièrement de vivres à la fin du mois. Pour des besoins de survie, les femmes et les jeunes filles sont forcées de recourir à des mécanismes d’adaptation négatifs, y compris le recours aux pratiques sexuelles de survie ainsi qu’au mariage précoce.

Autre secteur touché par ce manque de financement, l’accès à l’éducation avec des problèmes notés au-delà de l’école primaire. Pour le HCR, seuls 20% des enfants réfugiés burundais en âge de fréquenter l’école secondaire sont scolarisés. Dans toute la région, il faudrait davantage d’enseignants et de ressources éducatives supplémentaires. En Tanzanie, les salles de classe sont surpeuplées au point que certaines cours se déroulent en plein air sous les arbres.

Trois cents personnes contraintes de fuir chaque mois le Burundi

Ces difficiles conditions dans les camps de réfugiés pourraient même expliquer le retour de certains Burundais dans leur pays. « Des rapatriés estiment que les conditions de vie dans leur pays d’origine, même si elles sont difficiles, constitueront une amélioration par rapport à la situation qu’ils connaissent en tant que réfugiés », a souligné Charlie Yaxley.

Environ cinquante-sept mille réfugiés sont rentrés au Burundi depuis la mi-2017, invoquant le désir de retourner chez eux dans leur maison ou leur ferme, et d’y retrouver leurs proches. Pourtant, si la sécurité s’est généralement améliorée au Burundi, d’importantes préoccupations subsistent en matière de droits de l’homme. D’ailleurs, trois cents réfugiés en moyenne continuent de fuir le Burundi chaque mois et le HCR exhorte les gouvernements des pays de la région à maintenir les frontières ouvertes et l’accès aux systèmes d’asile pour les personnes qui en ont besoin.

Dans ces conditions, l’agence onusienne estime que les conditions au Burundi ne sont actuellement pas propices au retour. Toutefois, le HCR aide les réfugiés qui indiquent avoir fait un choix en toute connaissance de cause pour un retour librement consenti. Il exhorte aussi les États à veiller à ce qu’aucun réfugié ne soit renvoyé au Burundi contre son gré. « Étant donné que davantage de réfugiés burundais devraient rentrer volontairement dans leur pays en 2019, l’appel prévoit un financement pour aider et réintégrer les rapatriés », a conclu le porte-parole du HCR.

Josiane Mambou Loukoula

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