Présidence de République: la levée des sanctions européennes pas encore à l’ordre du jour

Samedi 16 Février 2019 - 16:45

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Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a évité la question ayant trait aux sanctions qui frappent des personnalités congolaises proches de son prédécesseur, lors de son adresse, le 15 février à Kinshasa, devant le corps diplomatique.

-Le chef de l'Etat a reçu, à la Cité de l’Union africaine, le corps diplomatique accrédité à Kinshasa pour ses premiers voeux à son endroit. Du contenu de son adresse, la levée des sanctions de l’Union européenne (UE) contre une poignée des dirigeants de l’ancien pouvoir est restée dans la mémoire collective comme le point saillant. La presse tant internationale que nationale y est allée de sa couche en mettant une emphase particulière sur cette sollicitation qui, en réalité, n’en était pas une.

En effet, le chef de l'Etat n’a même pas effleuré le sujet, se contentant d’émettre des souhaits en rapport avec la normalisation des relations avec l'UE. Aucun mot sur cette prétendue demande ayant fait les choux gras de certains titres. À la présidence de la République, l'on soutient qu’il n’en était rien et que cette question n’a jamais été à l'ordre du jour. « Il ne l’avait pas non plus demandé à Addis-Abeba à la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini », a assuré une source européenne citée par Radio France internationale.

Il ressort, après vérification, que le couac est venu du service de communication. Celui aurait transmis à la presse le draft du discours qui s'est révélé différent de la version finale lue devant les diplomates. « Dans cet élan de dégel des relations entre la RDC et nos partenaires européens, je voudrais finalement lancer un appel pressant pour la levée des sanctions ayant concerné l’un ou l’autre responsable congolais, particulièrement à la suite de la décision y relative du sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine de juillet 2017 », telle est la citation reprise dans le discours manuscrit transmis aux journalistes. Citation retirée du texte final. D’après certains analystes, Félix Tshisekedi aurait carrément évité la question pour ne pas heurter certaines susceptibilités mais aussi une opinion intérieure qui ne supporterait plus les dignitaires de la famille politique de son prédécesseur.  

Vis-à-vis de l’UE qui fait partie des axes importants de son action diplomatique, Félix Tshisekedi a plutôt émis le souhait que la République démocratique du Congo (RDC) et cette organisation procèdent à l’échange de leurs ambassadeurs respectifs dans les plus brefs délais, afin d’avoir le même niveau de représentation. Il a également évoqué le dossier de la maison Schengen fermée depuis janvier 2018 sur décision des autorités congolaises.

A ce sujet, le président congolais s’est montré ouvert et a déclaré «avoir instruit à la partie congolaise de finaliser rapidement les discussions entamées avec la partie européenne pour la restructuration et la réactivation de ce dispositif consulaire qui délivre les visas de l’espace Schengen à Kinshasa ». Un appel qui intervient environ deux mois après l’expulsion par les autorités congolaises de l’ambassadeur de l’EU à Kinshasa, le Belge Bart Ouvry. Le président de la République a précisé : « Mon pays tient à sauvegarder son indépendance politique acquise aux prix de multiples sacrifices ainsi que son corollaire, la souveraineté du peuple congolais sur les richesses naturelles nationales. Toute coopération devrait ainsi se fonder sur le respect et la considération mutuelle dans la logique d’un partenariat gagnant-gagnant ».  

Pour rappel, plusieurs responsables congolais avaient été sanctionnés par l’UE, le 12 décembre 2016 et le 29 mai 2017, pour entraves au processus électoral dans le pays et violations des droits de l’homme. Le 10 décembre 2018, le Conseil européen avait de nouveau prolongé de douze mois ces sanctions qui courent jusqu’au 12 décembre prochain.

Alain Diasso

Légendes et crédits photo : 

Félix Tshisekedi

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