Société civile : des associations ont évalué leur engagement dans la démocratisation du pays

Samedi 23 Février 2019 - 13:00

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L’Association africaine de défense des droits de l’homme (Asadho) et Tournons la page/RDC ont organisé, le 22 février, dans la commune de Gombe, à Kinshasa, une conférence-débat sur le combat des organisations non gouvernementales pour l’instauration de la démocratie en République démocratique du Congo (RDC).

 

La conférence s'est déroulée sur le thème « Acquis et défis de Tournons la page dans le combat pour la consolidation de la démocratie». Jean-Chrysostome Kidjena, de Tournons la page (TLP), a exposé sur les acquis et défis de la la coalition RDC de cette plate-forme continentale dans la consolidation de la démocratie dans le pays. Le président de l’Asadho, Me Georges Katende, a tablé pour sa part sur la contribution des organisations de défense des droits de l’homme dans ce combat pour la démocratie en RDC.

Le coordonnateur de TLP/RDC a relevé deux points positifs dans ce combat citoyen mené par les forces vives. Il a notamment salué l’organisation des élections générales ainsi que la non-représentation du président sortant, Joseph Kabila, à la fin de ses deux mandats constitutionnels. Mais Jean-Chrysostome Kidjena a regretté que l’élection présidentielle soit passée à un tour.

Les élections du 30 décembre dernier, a-t-il dit, n’ont pas non plus permis « le changement total tel que souhaité par le peuple congolais ». Ici, Jean-Chrysostome Kidjena, dénonçant les irrégularités lors du processus électoral, a expliqué que le scrutin présidentiel a certes permis l’alternance au sommet de l’Etat mais la majorité dans les institutions législatives reste toujours détenue par le Front commun pour le Congo (FCC), constitué de ceux qui ont dirigé le pays pendant près de deux décennies et dont la gestion a été décriée par le peuple congolais.

Exposant sur la contribution des organisations non gouvernementales des droits de l'homme (ONGDH), Me Jean-Claude Katende a parlé du contexte, de leur travail ainsi que leur engagement pour l’alternance. Un travail, a-t-il déploré, qui n'est pas pris en compte par les autorités, comme l’exigent les lois du pays et d’autres textes internationaux ratifiés par la RDC. Il a également regretté la restriction de l’espace public, pendant plusieurs années, par les autorités publiques. Le président de l'Ashado a indiqué que les autorités du pays ne prennent pas en considération le travail des organisations de la société civile car,« selon leur point de vue, le Congo peut continuer à vivre sans ONGDH, qui sont considérées comme les bras des impérialistes ». 

Mais Me Jean-Claude Katende a fait remarquer: « L’expérience que nous avons démontre que quand on est au pouvoir, le travail des ONGDH n’est pas important mais lorsque l’on quitte cette position, on espère être protégée par ces ONGDH ». Relevant, par ailleurs, les engagements des ONGDH dans la consolidation de la démocratie, il a noté que ces dernières ont bataillé pour le respect de la Constitution qui est une propriété du peuple, pour des élections libres, démocratiques, transparentes et apaisées qui, malheureusement, n’ont pas été obtenues.

Le combat ne fait que commencer

Dans leurs exposés, les deux activistes ont souligné que le combat des organisations de la société civile ne s’arrête pas avec les élections qui venaient d'avoir lieu  car le combat ne fait que commencer. Le processus électoral en cours, a martelé Jean-Chrysostome Kidjena, devra aller jusqu’au bout, avec l’organisation des élections à la base. L’élection présidentielle, a-t-il dit, doit demeurer au suffrage universel et une réforme totale de la Commission électorale nationale indépendante s'impose. Il a, enfin, plaidé pour la modification de certains articles non verrouillés de la Constitution et de la loi électorale.

Dans cette optique, Jean-Claude Katende a rappelé les expériences qui ont permis de mener ce combat. Il s’agit, selon lui, du Front commun 2016, qui avait comme objectifs le respect de la Constitution et l’organisation des élections à la date échue, ainsi que le Manifeste du citoyen congolais, qui plaidait pour une transition sans le président Kabila.

Des leçons qui réconfortent la lutte

Après plusieurs décennies de lutte, le président de l’Asadho a souligné que les combats exigent des alliances et que ces dernières sont souvent très fragiles, notamment à cause de l’égoïsme des politiciens, qui ne se battent pas pour le peuple mais, plutôt, pour leurs propres intérêts. Mais Jean-Claude Katende, se rappelant la récupération politicienne de ces combats des forces vives de la nation, a indiqué que toutes les actions à mener doivent premièrement bénéficier au peuple. Pour lui, cette réalité réconforte l’importance du travail des ONGDH. Ces exposés ont suscité un échange avec les participants venus de toutes les couches de la société congolaise. Ce débat a permis à la société civile de conforter sa position sur le sens des combats qu’elle mène.

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

Photo 1: Me Jean-Claude Katende, encadré par Jean-Chrysotome Kidjena et le modérateur Kibengele /Adiac Photo 2: La salle, lors de la conférence-débat /Adiac

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