Politique minière : au moins quatre facteurs à risque effritent l’attractivité de la RDC

Samedi 16 Mars 2019 - 16:32

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Dans son dernier sondage auprès des grandes compagnies opérant en Afrique et dans le monde, Fraser institute note des préoccupations récurrentes dans certains domaines stratégiques, notamment les accords socio-économiques, les conditions de développement communautaire et le cadre légal. Par ailleurs, il épingle également une forme d’incertitude liée au dysfonctionnement administratif et à l’interprétation, voire l’application des régulations existantes. Finalement, 90 % des répondants se disent découragés d’investir en RDC.

Le dernier sondage annuel de Fraser institute auprès des compagnies minières n’est guère favorable à la République démocratique du Congo (RDC), reléguée à la huitième place du top 10 africain des pays les plus attractifs. Cette étude livre les perceptions globales des dirigeants des grandes compagnies minières sur l’attractivité des juridictions dans lesquelles ils opèrent.

Depuis plusieurs années, l’Afrique ne ménage aucun effort pour attirer des capitaux frais étrangers. Pour y parvenir, certains gouvernements du continent ont introduit d’importantes réformes du climat des affaires et des investissements, particulièrement les législations minières. Dans ce sondage, l’idée n’est pas d’évaluer l’incidence possible de ces réformes sur les investissements existants ou futurs. Il s’agit plus de dégager le point de vue général des investisseurs étrangers sur cette évolution de l’environnement des affaires, notamment dans les dix pays miniers majeurs africains.

Par rapport à ce dernier sondage de 2018, Fraser institute a fondé ses analyses et réflexions sur les réponses de deux cent quatre-vingt-dix acteurs, majoritairement des dirigeants des compagnies minières. Autre chiffre intéressant de l’étude, le questionnaire reprend au moins quinze préoccupations générales représentant autant de facteurs stratégiques, notamment la fiscalité, les réglementations gouvernementales, le système légal, le régime de taxation, les infrastructures, la stabilité politique et les lois sur le travail. Les réponses permettent ainsi aux experts de Fraser institute d’établir un indice d’attractivité propre à chaque pays examiné. Dans un premier temps, deux indices se dégagent de l’étude. En premier lieu, le dirigeant est sondé sur sa détermination ou pas à faire de l’exploration en partant bien entendu de l’indice de potentiel minéral du pays. Puis, dans un second temps, l’autre indice concerne cette fois la perception des politiques minières.

Après la tension entre les miniers et les autorités congolaises lors de la mise en place du nouveau code minier, l’on ne pouvait pas vraiment s’attendre à un bon positionnement de la RDC dans ce classement. En scrutant le top 10 africain, le pays vient loin derrière le Botswana (la juridiction la mieux classée), l’Afrique du Sud, la Zambie, le Mali, la Namibie, le Zimbabwe et la Tanzanie. Enfin, le Ghana et l’Ethiopie viennent clôturer ce top 10 africain.

En partant de cette réalité, les experts de Fraser institute n’hésitent pas à présenter la RDC comme un « mauvais élève » au plan mondial. Par rapport à l’indice des perceptions politiques minières, elle vient à la 82e place mondiale, devant le Venezuela qui clôture la liste. C’est le dernier pays africain par rapport à cet indice précis. Les patrons épinglent la récente augmentation unilatérale du taux de redevance et l’absence de clarté des limites des concessions minières d’exploration, sans oublier le phénomène de corruption. Toutefois, le pays a pu compenser le faible score par la richesse de son sous-sol. Sur cet indice de potentiel minéral en particulier, la RDC occupe la 24e place mondiale et elle vient à la première place au top africain. Dans l’ensemble, les experts conviennent des inquiétudes plus générales au sujet de la sécurité et de la stabilité dans de nombreux pays en développement.       

Classement 2018 des 10 pays africains selon l’indice d’attractivité globale de Fraser
1. Botswana (32e mondial)
2. Afrique du Sud (43e)
3. Zambie (45e)
4. Mali (50e)
5. Namibie (60e)
6. Zimbabwe (62e)
7. Tanzanie (66e)
8. RDC (67e)
9. Ghana (68e)
10. Ethiopie (77e)

Laurent Essolomwa

Légendes et crédits photo : 

Graphique 1 : Le classement africain de Fraser Institute

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