Echec aux sénatoriales : les combattants de l’UDPS s’en prennent à leurs députés provinciaux

Samedi 16 Mars 2019 - 15:31

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Après le fiasco de leurs candidats aussi bien à Kinshasa que dans les Kasaï, leurs fiefs naturels, les militants du parti du président de la République ont exprimé dans la rue, le 15 mars, leur désarroi en réclamant l’annulation des résultats provisoires du scrutin entaché selon eux par des allégations de corruption.

C’est une véritable chasse à l’homme que se livrent, depuis le 15 mars, les militants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Les combattants, comme ils se font appeler, ont du mal à digérer la débâcle de leur parti à l’élection sénatoriale organisée dans les différentes assemblées provinciales du pays. Le constat est on ne peut plus surprenant pour le parti au pouvoir qui a mordu la poussière en termes du nombre des sénateurs élus. Jamais le parti de feu Etienne Tshisekedi, qui passait pour la première force politique de l’opposition, n'avait enregistré une telle désillusion.

Là où le bât blesse, c’est que même dans les assemblées provinciales où il compte un nombre significatif de députés provinciaux, l’UDPS est sortie perdante. Dans la ville-province de Kinshasa, par exemple, où le parti a douze députés provinciaux, il est sorti bredouille. Même chose dans le Kasaï où il compte sept députés provinciaux et huit dans le Kasaï central. Ses élus provinciaux, mués en grands électeurs lors du vote, n’ont hélas pas su préserver les intérêts du parti en accordant leurs voix à d’autres candidats plutôt qu’à ceux de l'UDPS.

Les résultats publiés par la Commission électorale nationale indépendante, faisant la part belle aux candidats du Front commun pour le Congo (FCC), sont mal digérés par les combattants qui ne se sont pas fait prier pour investir la rue et exprimer publiquement leur désarroi. A Kinshasa, ils étaient des centaines à avoir pris d’assaut le siège du parti, dans la commune de Limete. Ils mettent cette débâcle électorale sur la tête de leurs députés provinciaux qui, d’après eux, se sont auto-exclus pour n’avoir pas respecté la consigne de vote.

"Une trahison impardonnable"

Improvisant une adresse devant des militants chauffés à blanc, le président intérimaire de l’UDPS, Jean-Marc Kabund, a confirmé avoir donné des consignes précises aux élus provinciaux, tout en qualifiant de « trahison » leur revirement pendant le vote. « C’est vous la base de l’UDPS qui avez élu ces députés, et c’est à vous encore de retirer le mandat que vous leur avez donné. Si vous voulez manifester, ce n’est pas ici, allez-y devant le siège de l’Assemblée, c’est là que vous devez manifester pour empêcher à ces députés corrompus de siéger », a-t-il vociféré devant les militants. Pour lui, l’acte posé par les députés provinciaux de l’UDPS devra être sanctionné.

L’arrivée de ce cadre de l’UDPS a été précédé, le même jour, par une manifestation bruyante des militants qui ont érigé des barricades à la hauteur du siège jusqu’à perturber le trafic sur ce tronçon. Tout en dénonçant la « mainmise de Joseph Kabila» sur le processus électoral , ils tenaient à faire la peau à leurs députés provinciaux dont beaucoup étaient obligés de déserter leur toit afin de parer à toute éventualité.

A Mbuji-Mayi, chef-lieu du Kasaï oriental, la tension a été très vive. Les militants s’en sont pris vertement à leurs députés provinciaux, soupçonnés d’avoir empoché des pots-de-vin pour voter en faveur des candidats du FCC de Joseph Kabila. Alors que l'UDPS est majoritaire à l’Assemblée provinciale du Kasai oriental notamment, les partisans de ceparti n’ont pas compris comment un seul sénateur issu directement des rangs du parti a pu être élu alors qu’il y’avait possibilité d’en aligner plusieurs. Quelques cas de pillage aux domiciles de certains députés UDPS et FCC ont même été signalés.

Alain Diasso

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