Développement : des discussions à Buenos Aires pour stimuler l’innovation

Mercredi 20 Mars 2019 - 10:51

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La deuxième Conférence de haut niveau sur la coopération Sud-Sud, organisée du 20 au 22 mars dans la capitale argentine, réunit plus de mille personnes, y compris des délégations gouvernementales, des représentants du secteur privé et de la société civile. Elle est l’occasion de générer de nouveaux projets.

Le thème central de la rencontre porte sur le rôle de la coopération Sud-Sud pour réaliser le Programme de développement durable à l’horizon 2030. Il s’agit, pour les délégations présentes, d’examiner quatre décennies de tendances et de lancer une nouvelle stratégie afin de mettre en œuvre ce projet dit Programme Bapa+40. Ce plan permet d’identifier de nouveaux domaines et mécanismes dans lesquels la coopération Sud-Sud et triangulaire peut apporter une valeur ajoutée et avoir un impact plus important, avant de s’engager à mettre en place un suivi adéquat et systématique dans le cadre du système des Nations unies.

Buenos Aires est donc l’occasion pour les dirigeants mondiaux de débattre d’une déclaration politique appelant à accroître la coopération Sud-Sud et à renforcer les systèmes de compte rendu et de suivi pour ce type de partenariat. Ce qui est d’autant important puisque ce partenariat fait référence à la coopération technique entre pays en développement des pays du Sud. C’est un outil utilisé par les États, les organisations internationales, les universitaires, la société civile et le secteur privé pour collaborer et partager des connaissances, des compétences ainsi que des initiatives réussies dans des domaines spécifiques tels que le développement agricole, les droits de l’homme, l’urbanisation, la santé, le changement climatique, etc.

Pour le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, le Programme de développement durable à l’horizon 2030, ambitieux et transformateur, ne peut être réalisé sans les idées, l’énergie et la formidable ingéniosité des pays du Sud. « Les formes innovantes d’échange de connaissances, de transfert de technologie, d’intervention d’urgence et de rétablissement des moyens de subsistance menées par le Sud transforment des vies », avait-t-il déclaré, en novembre 2018, lors de l’inauguration de la dixième exposition sur le développement Sud-Sud au siège des Nations unies, à New York. « Les faits parlent d’eux-mêmes », avait insisté Antonio Guterres qui croit fermement en l’importance de la coopération Sud-Sud pour générer à la fois de nouvelles idées et des projets concrets, ainsi que comme moyen de permettre aux voix des pays concernés de promouvoir le développement.

Les pays du Sud, notons-le, ont contribué à plus de la moitié de la croissance mondiale ces dernières années. De plus, le commerce intra-Sud est plus important que jamais et représente plus du quart du commerce mondial ; les sorties d’investissements directs étrangers du Sud représentent un tiers des flux mondiaux ; et les envois de fonds des travailleurs migrants dans les pays à revenu faible et intermédiaire ont atteint quatre cent soixante-six milliards de dollars l’an dernier, ce qui a permis de sortir des millions de familles de la pauvreté.

Pour rappel, signalons que la coopération Sud-Sud découle de l’adoption du Plan d’action de Buenos Aires pour la promotion et la mise en œuvre de la coopération technique entre pays en développement (Paba) par cent trente-huit États membres des Nations unies en Argentine, le 18 septembre 1978. Le plan prévoyait un système de collaboration entre les pays les moins avancés, situés pour la plupart au sud de la planète. Le Paba a également défini une série de recommandations nouvelles et concrètes visant à établir des cadres juridiques et des mécanismes de financement aux niveaux national, régional, interrégional et mondial.

En marge de la deuxième conférence de haut niveau des Nations unies sur la coopération sud-sud (Bapa+40), l’Unesco, en partenariat avec l’Université de Buenos Aires, organise trois manifestations montrant comment cette coopération est mise en œuvre à travers le réseau des réserves de la biosphère, l’état de droit et le renforcement du droit d’accès aux sciences et à la connaissance en Amérique latine et les Caraïbes. L’objectif est d’intensifier les initiatives novatrices en matière de coopération Sud-Sud par l’élargissement de partenariats multipartites afin de multiplier les actions en vue de la mise en œuvre des objectifs du développement durable et de l’Agenda 2030.

 

 

Nestor N'Gampoula

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