Education: l’Inrap envisage d’élaborer des manuels et programmes scolaires des langues vivantes étrangères

Jeudi 21 Mars 2019 - 20:34

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A la tête de la direction générale de l’Institut national de recherche et d’action pédagogiques (Inrap) depuis près d’un an, Augustin Nombo veut mettre un terme à l’anarchie constatée dans l’enseignement des langues vivantes étrangères au Congo. En effet, il a déploré, lors d’un échange avec la presse, le fait que depuis fort longtemps, le pays ne dispose pas d’un cadre officiel en la matière.

Les Dépêches du Bassin du Congo (L.D.B.C.) : Depuis votre arrivée à la direction de l’Inrap, en avril 2018, quel constat avez-vous fait sur l’enseignement des langues étrangères au Congo, à l’exception de l’anglais ?

Augustin Nombo (A.N.) : Depuis que je suis arrivé, mes collaborateurs et moi avions constaté qu’à l’exception de l’anglais qui a des programmes officiels et des manuels bien définis, les autres langues n’en disposent pas. En effet, les manuels et les programmes de ces langues sont conçus par des inspecteurs dans leurs circonscriptions respectives et les soumettent aux enseignants qui les exécutent à leur tour, alors qu’il n’y a que l’Inrap qui a la notoriété de légaliser et d’officialiser les manuels et programmes scolaires.

L.D.B.C. : Au regard de ce constat, quelles sont les stratégies que vous avez mises en place pour concevoir un cadre légal et rendre ces langues officielles ?

A.N. : Après ce constat, nous avons décidé d’écrire officiellement auprès des ambassades en leur adressant des lettres individuellement. Aujourd’hui, nous avons eu le retour de ces ambassades et avons déjà commencé à discuter avec certains sur les questions d’élaboration des programmes et manuels scolaires. C’est le cas de l’ambassadeur de la Chine au Congo avec qui nous avons discuté sur les modalités d’élaboration et de rédaction des manuels et programmes scolaires chinois.

Il y a aussi l’ambassadeur d’Angola qui nous a reçus. Avec ce dernier, nous avons aussi discuté sur cette question en ce qui concerne le portugais. Nous avions été également reçus par le chargé d’affaires à l’ambassade d’Allemagne, concernant la langue allemande. Nous avions aussi échangé avec l’attaché culturel de l’ambassade de Russie. C’est donc un problème qui concerne aussi ces pays qui nous ont rassurés qu’ils sont prêts à nous accompagner.

L.D.B.C.: Outre les ambassades, sur qui comptez-vous au plan national pour l’élaboration et la rédaction de ces manuels et programmes scolaires ?

A.N. :  Nous sommes en train de mettre en place des équipes qui seront sur le terrain, en associant les enseignants de ces langues. Donc, nous serons accompagnés des spécialistes dans les ambassades respectives, la société civile et toutes les personnes ressources de chaque langue. Pour ce faire, toute la communauté éducative y est conviée : les inspecteurs, les enseignants. Le but est de se doter des programmes dignes de ce nom bien élaborés que nous allons valider ensemble.

L.D.B.C. : Puisque nous parlons des langues étrangères, dans quelles écoles sont-elles enseignées au Congo ?

A.N. : Nous avons à peu près dix-huit langues qui sont enseignées. Par exemple, la langue arabe est la plus enseignée au Congo. Nous attendons le retour au niveau de l’ambassade de l’Egypte qui a promis nous accompagner et nous soutenir à l’intérieur du pays. Mais, ces langues fonctionnent sans cadre officiel. Donc, nous nous évertuons à travailler de concert avec eux. Nos portes sont grandement ouvertes pour toutes propositions ; nous aurons aussi à définir les kits scolaires de l’élève et de l’enseignant. Nous allons discuter avec toute la communauté sur cette question, l’Inrap seul ne pourra pas, il doit s’ouvrir aux autres.

Propos recueillis par Parfait Wilfried Douniama

Légendes et crédits photo : 

Le directeur général de l’Inrap, Augustin Nombo/Adiac

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